é, è ê… Les accents en français

é, è ê… Les accents en français



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Transcription de la vidéo :

Bonjour et merci de me rejoindre pour cette nouvelle vidéo de Français Authentique dans laquelle je vais répondre à une question que vous êtes très très nombreux à me poser dans les commentaires YouTube ou sur Facebook, un petit peu partout. C’est « comment fonctionnent les accents en français ? » Ici, on ne parle pas des accents du type prononciations françaises selon les régions entre le Nord de la France, le sud de la France, etc., mais bien des accents qu’il y a au-dessus de certaines voyelles notamment la lettre « e ».

Un petit avertissement : on va ici parler de la situation des accents de façon générale, donc, je vais vous donner quelques bases théoriques, mais ça va être relativement axé vers la pratique. Je ne vais entrer dans des détails techniques, on ne va pas parler de phonèmes et de ce genre de choses ; ce sont vraiment des choses très appliquées ou très pratiques. Bien sûr, elles ne peuvent pas être complètes, donc, il y a plein d’exception dont je ne parlerai pas dans cette vidéo. C’est vraiment une chose que je vous donne pour que vous puissiez être autonome et pas pour que vous deveniez un professionnel des accents et de la grammaire française. Je vous rassure également que moi-même en tant que francophone, je me pose très souvent la question : est-ce qu’il y a un accent à ce mot-là, etc. ? Donc, les francophones eux-mêmes ont des soucis, donc, pas de stress, ça va venir avec le temps. Ecoutez plein de choses, plein de ressources en français et vous maîtrisez les accents sur le bout des doigts, mais passons à un survol des accents en français.

En français, on a trois types d’accents et ces accents ont un rôle particulier ou font en sorte qu’on prononce d’une façon particulière. On a tout d’abord l’accent aigu. L’accent aigu, on ne le retrouve en français que sur le « e » et ça donne le son « é » qu’on retrouve dans « éléphant », « téléphone » ou dans le mot « hétérogénéité » où on a cinq fois le son « é ». C’est un « e » avec un accent aigu qui donne le son « é ».

On a également ce qu’on appelle l’accent grave et l’accent grave, on peut le retrouver au-dessus du « a », au-dessus du « u » et au-dessus du « e ». Pour le « a » et le « u », on l’utilise souvent pour faire une différence écrite entre plusieurs notions ; on l’utilise pour différencier grâce à l’orthographe de mots différents qu’on entend de la même façon. Par exemple, la préposition « à » qui est différente de « a » qui est le verbe « avoir » conjugué à la troisième personne du singulier. Ou encore, au-dessus, quand on a le mot « ou », on a « ou » qui veut dire « ou bien » – c’est quand on cite plusieurs choses et on dit : « ça peut être cette chose-là ou celle-là ; quand on veut différencier ou comparer, sans accent. Et on met un accent grave quand on dit le « où » qui donne le lieu. Là, on n’a pas de différence de son entre « a » et « à » et entre « ou  » et « où », par contre, l’accent grave au-dessus du « e », ça donne un son différent.

Je vous disais que « e » avec accent aigu, c’était « é » ; un « e » avec un accent grave au-dessus, c’est « è » comme « père », « progrès ». Vous entendez bien la différence de prononciation quand on a « e » avec un accent grave.

Et on a le meilleur ami de tous les élèves français : l’accent circonflexe. Je dis ça de façon ironique parce que l’accent circonflexe, les français n’aiment pas trop parce qu’ils ne savent pas vraiment quand il faut en mettre et quand il ne faut pas en mettre ; beaucoup de Français, surtout qu’il y a eu des réformes de l’orthographe. Avant, il fallait en mettre au-dessus de certaines lettres, maintenant, il ne faut plus le faire. L’accent circonflexe, on peut le retrouver au-dessus de n’importe quelle voyelle française, a, e, i, o ou u. Comme pour l’accent grave, parfois on l’utilise pour différencier des notions à l’écrit. Par exemple « du », l’article qui est la contraction de « de » + « le », on le différencie à l’écrit du « dû » qui est une conjugaison du verbe « devoir ». Donc, l’accent circonflexe peut être utilisé, comme l’accent grave, pour différencier des mots.

On peut l’utiliser également pour changer certains sons, par exemple le « â » du mot « théâtre », il y a un accent circonflexe pour amplifier le son « a » ou il est utilisé pour remplacer une lettre disparue du vieux français. Par exemple, pour « tête », on met un accent circonflexe au-dessus du « e » parce qu’avant ça s’écrivait « teste ». Et pour changer le son (le « e » et le « s »), on a introduit l’accent circonflexe. Quand vous avez un accent circonflexe au-dessus du  « e », vous avez le même son que « e » avec un accent grave, donc, c’est le « è » comme tête ou comme fête. Parfois, dans un mot, on entend le son « e » comme s’il y avait un accent, mais à l’écrit, on ne met pas d’accent. Parfois, le son qu’on entend peut nous induire en erreur et beaucoup de ceux qui apprennent le français se demandent : « Dois-je mettre un accent au-dessus du « e » oui ou non ? » Pour ça, il y a une règle qui est relativement simple à comprendre et à suivre.

Ce qu’il faut faire, c’est qu’il faut déjà, si vous avez un doute sur un mot pour lequel vous ne savez pas si vous devez mettre un accent, le couper en syllabes. Par exemple, le mot « terrible », on va le couper en « ter – ri – ble » ; ce sont les trois syllabes du mot « terrible ». Le doute que l’on a, c’est sur le « e » qu’il y a dans « ter » et ce qu’on fait, c’est qu’on regarde si la syllabe dans laquelle il y a le « e » (sur laquelle on ne sait pas si on doit mettre un accent) se termine par une consonne. Et si la syllabe dans laquelle on a le « e » se termine par une consonne, comme dans notre exemple avec « ter », on ne met pas d’accent. Si la syllabe ne se termine pas par une consonne, alors on met un accent. Par exemple, le mot « intéressant ». On le découpe sous forme de in – té – res – sant. La syllabe sur laquelle on a le « e » sur lequel on ne sait pas si on doit mettre un accent, c’est « te » et on voit ici que ça ne se termine pas par une consonne, donc, on met un accent. C’est assez théorique, je vous l’accorde, mais c’est la règle qui nous permet de savoir si on doit mettre un accent ou pas. On coupe le mot en syllabes ; si la syllabe qui nous intéresse se termine par une consonne, on ne met pas d’accent et si elle ne se termine pas par une consonne, on met un accent. Pour savoir si nous devons mettre un accent aigu ou grave, le plus simple, à mon sens – même s’il y a des exceptions – c’est de regarder ou d’écouter le son. Si on a le son « é », on sait que c’est un « e » accent aigu et si on a le son « è », on sait que c’est un accent grave ou parfois circonflexe.

Je vous recommande quand même de vous orienter via les sons. Vous avez le mot « père », vous savez que c’est un accent grave ; le mot « après », on entend bien que c’est un accent grave ; le mot « intéressant », on entend que c’est un accent aigu ; « éléphant », on entend que ce sont des accents aigus ; « élève » on entend que c’est un accent aigu pour « é » et pour « lève », c’est un accent grave. Donc, on arrive quand même grâce aux sons à savoir si on doit mettre un accent aigu ou grave. Mais la règle théorique, c’est qu’on coupe le mot en syllabes et on regarde la syllabe qui se trouve à droite de la syllabe dans laquelle il y a un « e ». Et si la syllabe qui est à droite du « e » où on doit mettre un accent, si celle-ci se termine par un « e » muet, on met un accent grave. Un « e » muet, c’est un « e » qu’on ne prononce pas. Et s’il n’y a pas de « e » muet, on met un accent aigu.

On va prendre un petit exemple. Le mot « père ». On entend au son qu’il faut mettre un accent grave, donc, mon conseil, ce serait de faire comme ça ; on entend « père », donc, c’est un accent grave. Mais la théorie, ce serait de regarder : on a « pè-re » Le « e » sur lequel on ne sait pas si on doit mettre un accent grave ou aigu, c’est « pe » qui est au début ; la syllabe qui est à droite, c’est « re » et on a ici un « e » muet puisqu’on ne dit pas « pè-re », mais on dit « père ». Quand on dit « père », le « e » à la fin est muet. Donc, puisque la syllabe qui est à droite de la syllabe de laquelle on ne sait pas si on doit mettre un accent grave ou aigu, cette syllabe a un « e », eh bien, on met un accent grave à « père ». Si on prend le mot « éléphant », on a « léphant » ; on prend la syllabe « phant » qui est à droite de « lé » ; celle-ci ne se termine pas par un « e » muet, c’est donc un accent aigu.

Encore une fois, je pense qu’il est plus sage de s’orienter par le son que cette règle très théorique à laquelle on peut se raccrocher à l’écrit ; le son, en général, ça nous donne une indication du fait qu’on utilise un accent grave ou aigu. Quand on a un accent grave à la fin d’un mot, il faut ajouter un « s » comme dans « progrès », comme dans « procès », comme dans « après ». Quand on a un « e » avec un accent grave, on rajoute un « s ».

Voilà, j’espère que c’est plus clair pour vous. Ne pensez pas trop à la théorie ; malgré tout, c’est important de garder la spontanéité de l’oreille. A force d’écouter et bien sûr de lire beaucoup de français, vous arriverez à comprendre spontanément comment utiliser les accents en français. Alors, pas de stress et continuez à regarder ou écouter les vidéos de Français Authentique.

Merci de votre confiance et à très bientôt !