Vidéo “Demandez à Johan” – Episode 7

Vidéo “Demandez à Johan” – Episode 7

Dans cette vidéo je réponds à trois questions que vous m’avez posé sur Facebook :

1- Tomacz : Est-ce que je risque de rencontrer des problèmes de compréhension en fonction de la région dans laquelle j’écoute du français ?
2- Tarkissio : Quelle est la différence entre « en » et « y » ?
3- Hamza : Est-ce que Français Authentique peut marcher pour des débutants ?

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Transcription de la vidéo :

Dans cet épisode de « Demandez à Johan », je réponds à trois questions que vous m’avez posées sur Facebook. On y va !

Bienvenue dans ce nouvel épisode de « Demandez à Johan » ; c’est la section dans laquelle je réponds à vos questions. Continuez à m’en poser plein sur Facebook. J’ai un peu mauvaise conscience parce que je n’enregistre pas souvent ce type de vidéo mais ça va changer [parce que] j’ai vraiment pris la résolution d’enregistrer encore plus de vidéos de « Demandez à Johan ». Donc, aujourd’hui, j’ai sélectionné trois questions : une question de Tomach, une question d’Amza et une question de Tarkissio. Ce sont les trois questions auxquelles je vais répondre aujourd’hui. On y va !

On va commencer par la question de Tomasz – j’espère que je prononce correctement – et c’est une question qui m’a beaucoup intéressé parce que je connais très bien le sujet. Tu dis que « quand j’étais en Autriche j’ai eu beaucoup de problèmes à comprendre les Viennois car ils utilisent un dialecte. Pendant mon apprentissage de l’Allemand, j’étais habitué à écouter le « vrai Allemand », le Hochdeutsch que je comprends très bien. Est-ce que je peux rencontrer le même problème à Paris, Bruxelles, Luxembourg ou d’autres villes francophones ? » Cette question m’a beaucoup intéressé parce que j’ai vécu en Autriche – et tu parles du dialecte des Viennois – mais, crois-moi, j’ai vécu à Linz et le dialecte de Linz et ses environs est beaucoup plus fort que le dialecte de Vienne. Et j’ai effectivement souffert au départ parce que j’apprenais des choses en cours qui n’avaient rien à voir avec ce que j’entendais dans la rue. Donc, je pense – c’est mon avis personnel – que l’Allemand est très extrême pour ça : c’est qu’on apprend du Hochdeutsch (de l’Allemand classique) qu’on va entendre également à la télévision, qu’on va aller lire dans les journaux, par contre, dès qu’on va dans la rue et qu’on parle avec des gens, c’est un tout autre dialecte, c’est quasiment parfois un tout autre langage. Et ça, je pense que c’est typique à l’Allemand et je ne pense pas qu’on retrouve la même chose en Français. Bien sûr, tu vas avoir en Français – là, je parle du Français de France parlé en France – différences de prononciation au Nord et au Sud. Tu vas avoir des régions où il y a un accent qui est extrême, par contre, tu n’auras pas, comme en Allemagne, des différences de grammaire. En Allemagne ou en Allemand, parfois, les dialectes ne sont pas seulement de la prononciation qui est différente mais des mots différents, une grammaire différente. C’est quasiment une langue différente. Par contre, pour le Français en France, ça n’existe pas. Donc, tu auras certainement des difficultés à comprendre certains accents. Si tu vas dans le Sud, par exemple, ils ont un accent très prononcé, du côté de Marseille ; si tu vas dans le Nord, du côté de Lille, ils ont aussi un accent très prononcé. À Bruxelles, ils ont aussi un accent très prononcé, à Luxembourg aussi mais, je pense que si tu vas dans tous ces endroits, tu arriveras à comprendre quand même le Français. Si tu vas au Québec, c’est différent. Je pense que la différence entre le Français parlé au Québec et celui parlé en France ou en Europe est relativement importante comme celle que tu as entre le Hochdeutsch parlé du côté de Hanovre, etc. et l’Allemand parlé en Autriche. Donc, le Québécois, c’est peut-être ce qui te posera des problèmes parce qu’ils sont très loin de la France et ils ont une influence américaine qui est plus importante, donc, ils utilisent des autres mots, etc., mais, sinon, je ne pense pas que tu auras des problèmes à comprendre le Français dans différentes régions de France ou dans différentes villes européennes.

Le fait que je réponde à cette question va faire plaisir à beaucoup de membres parce que c’est une question qu’on me pose depuis très longtemps et je suis vraiment désolé, je n’ai pas pris le temps, je n’ai pas eu l’occasion d’y répondre. Et peut-être que j’ai un peu procrastiné (« procrastiner » veut dire « remettre au lendemain », « repousser une chose qu’on sait devoir faire mais qu’on n’a pas envie de faire sur le moment ») parce que c’est une question purement grammaticale et vous savez que Français Authentique n’est pas un outil ou un système qui vous permet d’apprendre de la grammaire. Cependant, devant la demande au  niveau de cette question ou l’intensité à laquelle on me pose cette question, j’ai décidé d’y répondre et d’essayer de vous aider. Cette question m’a été posée par Tarkissio entre autres parce qu’il y a cinq ou dix autres personnes qui me l’ont demandé depuis. Tarkissio m’a demandé quelle était la différence entre le pronom « en » et le pronom « y ». Je vais être honnête avec vous : pour moi francophone, ce sont des questions dont je ne me pose pas et c’est pour ça que je ne suis pas très très à l’aise avec ce sujet ; c’est pour ça que je ne me sens pas toujours légitime pour aborder ces sujets de grammaire. Je ne suis pas professeur de Français de formation et du coup, je ne me sens pas toujours légitime. Et pour être vraiment très très honnête, j’ai dû faire une recherche : pourquoi on dit « en » et pourquoi on dit « y » ? Pour moi, c’est automatique parce qu’en tant que francophone, j’ai appris en utilisant des méthodes naturelles et j’ai entendu « en », j’ai entendu « y » et c’est comme ça que j’ai appris. Jamais quand je dois parler, je ne me dis : « Est-ce qu’il faut que je dise « en » ou « y » ou comment ça marche ? » On apprend, bien sûr, quand on est enfant, la grammaire mais, ce n’est pas cet apprentissage qui nous fait savoir si on doit utiliser « en » ou « y » ; c’est tout simplement le fait d’entendre, entendre. Donc, mon premier conseil, continue d’écouter beaucoup beaucoup beaucoup de Français parce que quand tu vas m’entendre dire « en », quand tu vas m’entendre dire « y », eh bien, tu auras forcément une notion du moment où tu dois utiliser l’un ou l’autre. Et j’ai quand même fait une recherche théorique [pour déterminer] quand est-ce qu’on utilise « en » ou « y ». On utilise « en » (qui est un pronom personnel) pour remplacer un nom inanimé introduit par « de », « du » ou « des ». On voit que c’est théorique et je pense que quelqu’un qui doit parler a du mal à tout de suite penser à quelque chose comme ça. Ce que ça veut dire, c’est que le pronom « en », on l’utilise en tant que pronom  personnel pour remplacer un nom (une fleur, le ciel, etc.) inanimé (c’est-à-dire qui n’est pas une personne.) On n’utilise pas « en » pour remplacer une personne mais des objets ou un lieu. Ce lieu ou cet objet (ce nom inanimé) est introduit par « de », « du » ou « des ». On va prendre un petit exemple très simple. Veux-tu des fruits ? « Fruits », c’est un nom inanimé et il est introduit par « de », « du » ou « des ». Donc : « Veux-tu des fruits ? » On pourrait dire : «  Oui, je veux des fruits. » Et si on veut remplacer « des fruits » et ne pas répéter « Veux-tu des fruits ? Oui, je veux des fruits. » – ce serait bizarre – on n’a pas besoin de dire « des fruits » une deuxième fois, on veut le remplacer par un pronom. Donc : « Veux-tu des fruits ? Oui, j’en veux. » Donc, là, on remplace « des fruits » par « en » parce que c’est un nom inanimé et parce qu’il est introduit par « des ». « Veux-tu du pain ? Oui, j’en veux. Veux-tu manger des pâtes ? Oui, j’en veux. » A partir du moment où c’est un nom inanimé, un nom qui représente une chose et qui s’introduit par « de », « du » ou « des », on peut le remplacer par « en ». C’est vraiment l’explication théorique.

« Y » a à peu près la même utilisation sauf que lui, c’est un pronom personnel qu’on utilise pour remplacer un nom inanimé (encore une fois) qui est introduit par « à ». Par exemple : « Vas-tu à Paris ? » Vous n’allez pas répondre : « Oui, je vais à Paris. », on ne répète pas deux fois « Paris », donc, on dira, étant donné que « Paris » est un nom impersonnel et qu’il est introduit par « à », vous direz : « Oui, j’y vais. » Vous remplacerez Paris par « y » : « Oui, j’y vais. » Un autre petit exemple : elle pense à ses vacances. Là, ces vacances, si vous voulez les remplacer, et comme c’est un nom inanimé et introduit par « à », donc, vous dites : « Elle y pense. »

Les deux pronoms personnels sont utilisés pour remplacer des noms inanimés, c’est-à-dire des noms qui remplacent des choses, des objets ou des lieux, pas des personnes. Et comme c’est introduit par « de », « du » ou « des » – comme « veux-tu du pain ? » – vous utilisez « en » : oui, j’en veux. Et quand c’est introduit par « à » – (je vais à Paris) –, là, vous utilisez « y » : j’y vais. Donc, voilà l’explication théorique. Je vous recommande vraiment, pour faire la différence pour que ça devienne automatique et que vous n’ayez pas à réfléchir, d’écouter beaucoup beaucoup beaucoup de Français. Soyons clairs et honnêtes ! Jamais vous n’aurez le temps lorsque vous allez devoir parler le Français à réfléchir : « Bon, ça, c’est un nom impersonnel ; est-ce qu’il est introduit par « de », « du » ou « des » ? Est-ce qu’il est introduit par un « à » ? Dans le premier cas j’utilise « en » et dans le deuxième j’utilise « y ». » Ça ne se fera jamais. Si vous voulez les utilisez correctement à l’oral vous devez écouter, écouter, écouter. C’est une des règles de Français Authentique. Le fait de s’intéresser à la théorie comme vous le faites, je trouve ça très bien parce que ça vous permet de comprendre le mécanisme mais maintenant qu’on a passé quelques minutes dessus, c’est terminé, vous n’y pensez pas quand vous devez parler ; quand vous devez écouter quelqu’un, vous ne réfléchissez pas à ces mécanismes, vous écoutez, écoutez, écoutez pour savoir quand est-ce qu’il faut utiliser « en » et quand est-ce qu’il faut utiliser « y ».

Dernière question de cet épisode qui m’a été posée par Hamza. Merci pour ta question que je trouve – pour être honnête – un peu bizarre, quand même. Je vais dire pourquoi. La question est : « Est-ce que la méthode de Français Authentique exige d’avoir des connaissances précises dans cette langues ou est-ce qu’elle est OK pour un débutant ? » Je dis que cette question est bizarre – je ne dis pas qu’elle est bête – parce toi, tu m’as écrit en Français, donc, ça veut dire que tu n’es pas débutante ou personne qui n’a aucune notion en Français. C’est pour ça que j’ai du mal à comprendre pourquoi tu me la poses, peut-être que tu as quelqu’un dans ton entourage qui est complètement débutant et à qui tu souhaiterais recommander Français Authentique.

Mais, pour y répondre directement, la réponse est « non ». Une personne qui n’a aucune connaissance en Français ne peut pas débuter par Français Authentique [ni] par une méthode d’apprentissage naturelle, tout simplement parce que je recommande d’écouter beaucoup de Français mais, je dis toujours que c’est du Français que vous devez comprendre. Et pour comprendre, il faut avoir certaines bases et certaines notions. C’est pour ça que vous êtes obligés, avant de consulter le contenu de Français Authentique, d’avoir une certaine base, de comprendre un petit peu le Français et d’avoir les bases de grammaire. Si vous commencez directement par Français Authentique, ça ne va pas fonctionner. On peut prendre comme métaphore ou comme image la construction d’une maison : vous avez besoin d’avoir des bases, des fondations sur le sol et ensuite, vous construisez votre maison. Ici, ces fondations ou ces bases, c’est un apprentissage de la grammaire, des mécanismes et des spécificités de la langue, des sons de la langue. Donc, vous êtes forcément obligés, si vous êtes débutants, d’utiliser une méthode plus traditionnelle. Une fois que les fondations sont là, vous pouvez commencer à construire les murs et à monter pour avoir un meilleur niveau. Et c’est là où je vous conseille d’utiliser une méthode d’apprentissage naturelle. Là, vous montez au fur et à mesure, vous avez des bases solides et vous montez grâce à  une méthode d’apprentissage naturelle du type Français Authentique. Donc, ça veut dire qu’on ne retourne plus aux fondations ni aux bases mais, on essaye toujours de monter et de s’améliorer tout simplement. Donc, si tu connais quelqu’un qui ne parle pas du tout Français et qui ne comprend rien, ne l’envoie pas forcément sur Français Authentique parce que c’est une méthode qui est faite pour monter des murs sur une base, sur une fondation. Et si les fondations ne sont pas là, ça ne marchera et il n’y aura certainement aucun progrès parce que la personne va écouter des choses sans les comprendre et son cerveau n’enregistrera rien, il faut comprendre le Français, il faut avoir un niveau de base, une certaine connaissance de la grammaire avant d’étudier avec Français Authentique. Et ça, c’est vrai pour toutes les langues : pour l’Anglais, pour l’Allemand, j’ai appris la grammaire, j’ai appris les mécanismes et ensuite, j’ai écouté, écouté, écouté. Maintenant, je ne fais qu’écouter, je n’étudie plus de grammaire ; les fondations et les bases sont là, je n’y reviens plus, mais, j’ai eu besoin d’investir du temps là-dedans. Et j’ai le projet d’apprendre l’Italien et l’Espagnol un peu plus tard et je ferai la même chose : dans un premier temps, je vais m’amuser à apprendre les mécanismes, à vraiment apprendre la grammaire de base, etc., de façon furtive pour avoir des bases. Et ensuite, j’apprendrai grâce à des méthodes d’apprentissage naturelles. Pour l’Italien, je recommande fortement Italiano Automatico de mon ami Alberto ; et pour l’Espagno Unlimited Spanish d’Oscar. Il existe des méthodes d’apprentissage naturelles pour toutes les langues mais je recommande ces méthodes seulement si vous avez une base dans cette langue.

C’est tout pour aujourd’hui, c’est tout pour cet épisode de « Demandez à Johan ». Merci à Tomacz, à Hamza et à Tarkissio pour ces trois questions  très pertinentes, très intéressantes. N’hésitez pas à aller sur la page Facebook de Français Authentique pour me poser vos questions. Merci et à très bientôt !