14 Jan Un moment de mélancolie heureuse
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Transcription de l’épisode :
Salut très chers amis, et bienvenue pour ce nouvel épisode de Marchez Avec Johan, l’épisode de développement personnel hein, bien souvent on parle développement personnel ici, qui t’aidera à la fois à améliorer ton français et à améliorer ta vie. C’est en tout cas mon ambition avec ce podcast. Et je suis très heureux de vous voir toujours plus nombreux à suivre ce podcast.
Alors, aujourd’hui, on va parler, comme je l’ai dit, développement personnel, on va parler d’un sujet qui me tient à cœur et qui, je l’espère, t’inspirera toi aussi. Alors, je suis juste à côté d’un… je suis au bord de la plage et il y a des gens qui font ce qu’on appelle du « kitesurf » ici. Je trouve ça toujours très amusant, très intéressant, et j’aimerais beaucoup essayer. Mais qui dit kitesurf dit aussi beaucoup de vent. Donc, j’espère que tu m’entendras bien. J’ai l’équipement nécessaire pour que tu m’entendes. Et on va, comme d’habitude, faire en sorte qu’il y ait une grande clarté au niveau du son, et je l’espère aussi au niveau de mes arguments.
Avant de parler développement personnel, je voulais te rappeler que les inscriptions à l’Académie Français Authentique sont ouvertes pour quelques jours. Alors, les inscriptions sont fermées 90 % de l’année, et elles sont actuellement ouvertes pour quelques jours seulement, donc, je t’invite à suivre le premier lien dans la description si tu souhaites pratiquer le français et découvrir comment le faire dans la bonne humeur et sans stress.
Alors, aujourd’hui, je voudrais utiliser deux événements récents de ma vie personnelle pour partager des choses qui me semblent universelles. Je pense qu’on est très nombreux à les ressentir. Et aussi, bien sûr, pour voir comment concrètement on peut agir pour utiliser ça à notre avantage, en fait.
Donc, la première chose… Tu vas voir, il y a peu de rapport entre tout ça, mais la fin fera du sens, tu le verras. Le premier événement, c’est que je suis allé voir un concert, un concert avec Céline, Emma et Tom, donc, mes deux aînés. Le petit Raphaël est resté à la maison parce qu’il est un peu trop petit, donc, il est resté avec la nounou à la maison. Et nous sommes donc allés tous les quatre voir un concert d’un groupe qui s’appelle Franz Ferdinand. C’est un groupe écossais assez populaire, assez célèbre.
Et pourquoi je te parle de ça ? On a passé un super bon moment, on a adoré, mais ça m’a rappelé des souvenirs très ancrés, très lointains. Parce que je suis allé voir ce groupe, Franz Ferdinand, il y a 20 ans. Je les ai vus en concert il y a 20 ans. C’était en 2005, quand j’étais encore étudiant en école d’ingénieurs à Lille, dans le nord de la France. Je suis allé voir ce groupe.
Donc, forcément, avoir entendu des chansons que j’avais entendues il y a 20 ans en concert, voir à quel point les membres avaient évolué, ils étaient tous un peu… ils ont tous pris 20 ans, donc, chacun a pris un petit coup de vieux, comme on dit en français. Et forcément, le chanteur n’a plus le visage jeune qu’il avait il y a 20 ans, et moi non plus d’ailleurs. Donc, tu vois, avoir entendu ces chansons, voir les membres du groupe qui ont un peu vieilli, voir que moi-même, depuis 20 ans, j’ai un peu vieilli, ça m’a rendu à la fois heureux et mélancolique.
Et quand je me suis levé le lendemain, j’étais ce qu’on appelle « nostalgique ». Ça veut dire j’éprouvais une légère tristesse, mais qui n’est pas de la tristesse, tu sais, du genre je regrette quelque chose, je suis vraiment pas bien. C’était plutôt une légère tristesse et beaucoup de joie en même temps. Je sais pas si tu comprends ce que je veux dire par là, parce que la mélancolie, c’est toujours difficile à exprimer. Mais voilà, c’était un mélange de stress… pas de stress, de tristesse et de joie. Voilà comment je pourrais le décrire. Donc, voilà, c’est un moment heureux mais un petit peu, voilà, qui me montre à quel point le temps passe.
Quelques jours avant ça, j’ai eu un autre moment qui m’a montré que le temps passait très très vite. J’étais en train de coucher Raphaël et… on a un petit rituel, donc, on lit des livres, enfin des petites histoires, je lui chante des chansons dans le lit, etc. Et nous avons eu, à ce moment-là, il m’a en fait demandé plusieurs histoires, plusieurs chansons. Et à chaque fois que je finissais, il disait « encore une dernière, encore une dernière, encore une dernière ». Donc, il y avait un peu cet aspect, ce côté, si tu veux, comme on dit en français, il jouait la montre. Jouer la montre, ça veut dire essayer de ne pas se coucher tout de suite.
Et en fait, je sais pas pourquoi, ce moment-là, ça m’a rappelé qu’il y a 10-12 ans, c’était la même chose avec Emma, ma fille qui a aujourd’hui 14 ans, et qui jouait la montre, qui voulait que je reste, qui voulait que je lui chante une dernière chanson, que je lui lise un dernier livre, que je lui fasse une dernière caresse. Et à l’époque… Bien sûr, je l’ai toujours fait, donc, j’ai pas de regrets aujourd’hui. Mais par moments, je me disais « bon, je suis fatigué, j’ai travaillé toute la journée, je dois encore travailler pour Français Authentique », puisqu’à cette époque, j’avais mon job dans l’industrie automobile, et en même temps, je travaillais pour Français Authentique le soir. Donc, j’avais beaucoup de choses à faire. Et il m’arrivait de me dire « oh la la, aujourd’hui, j’ai pas envie de chanter la cinquième dernière chanson ».
Et aujourd’hui, tu vois, j’ai ces souvenirs vis-à-vis d’Emma. Aujourd’hui, elle a 14 ans et elle va se coucher, et, tu vois, elle me fait un bisou et c’est tout. Donc, c’est fini tout ça, Emma qui me demande des chansons. Et du coup, tu vois, ça m’a montré encore une fois la vitesse à laquelle passe le temps. Le temps passe super vite, et je pense qu’il faut s’en souvenir. Sans être triste, il faut s’en souvenir et tout faire aujourd’hui pour ne rien regretter.
Aujourd’hui, je sais que si je n’avais pas profité de ma fille Emma comme j’en ai profité, je le regretterais énormément. Donc, pour ne rien regretter, il faut avoir des priorités claires et il faut faire en sorte de respecter ces priorités. Donc, moi, j’ai toujours bien profité de ma famille, j’ai toujours bien pris soin de ma santé. Même si j’ai trop stressé dans ma vie, je pense avoir fait ce qu’il fallait d’un point de vue santé. Et du coup, je n’ai pas de regrets aujourd’hui. Ouh là ! Le vent se lève encore plus. Donc, je n’ai pas de regrets aujourd’hui.
Et tout ça, ça nous renvoie, si on va encore un tout petit peu plus loin, d’un point de vue… c’est presque spirituel hein, ça nous ramène vers la finitude humaine. Et ça me rappelle l’histoire que tu connais peut-être de Gilgamesh. C’est une des plus… une des histoires les plus anciennes du monde. Je crois que ça date… je crois que ça date de… j’aurais dû faire mes recherches. Mais je crois que c’était les Babyloniens, il me semble. Il faudrait vraiment faire des recherches. Mais Gilgamesh, c’est une des premières histoires qu’on a retrouvées. C’est en écriture cunéiforme, me semble-t-il.
Et en fait, c’est l’histoire d’un demi-dieu qui voit un ami mourir, et il réalise que lui-même, il va mourir aussi. Et donc, il va d’abord chercher l’immortalité sans l’obtenir. Et il va s’apercevoir que la mort, c’est pas un accident, mais ça fait finalement partie de la condition humaine. Donc, en gros, voilà, l’homme est mortel. La grandeur humaine ne consiste pas à vaincre la mort, mais à accepter nos limites et à donner sens à notre vie. Et tout ça, c’était bien avant la philosophie grecque. Tu sais, les stoïciens parlaient beaucoup de memento mori, donc, souviens-toi que tu es mortel pour donner du sens à ta vie. Ça, Gilgamesh le disait avant. C’était même avant le christianisme.
Moi, j’aime beaucoup le théologien Reinhold Niebuhr, qui était, me semble-t-il, américain et qui a beaucoup parlé du christianisme d’une manière très claire et très pratique. J’apprécie beaucoup. Et lui disait, par exemple, dans sa prière de la sérénité, à un moment il dit qu’il cherche à être raisonnablement heureux ici-bas, donc, sur Terre, et suprêmement heureux pour l’éternité. Donc, là aussi, tu as cette idée de, voilà, prépare demain, mais sois présent aujourd’hui, finalement, pour profiter de la vie aujourd’hui, parce que la finitude a un sens. Et si on ne vivait pas ou si on vivait éternellement, en tant qu’humain, comme on le fait, il y aurait moins de sens.
Donc, tu vois, Gilgamesh, on peut faire un grand parallèle, un grand concept, en suivant Gilgamesh, les stoïciens, le christianisme, bien sûr aussi Franz Ferdinand et Emma, et Raphaël, on peut faire un grand parallèle entre tout ça pour se dire que le temps passe vite, mais que c’est pas triste et qu’il faut vraiment en profiter et faire de son mieux aujourd’hui.
Donc, j’espère que ça t’inspirera. Bien sûr, en fonction de ta philosophie, de ta spiritualité aussi, tu verras les choses probablement d’une manière un tout petit peu différente, mais la majorité des philosophies et des religions ont ce concept de finitude, évidemment, comme point très important, que ce soit l’islam, que ce soit aussi l’hindouisme, le bouddhisme. Ce concept de finitude est à la base, finalement, de la majorité des philosophies et religions. Et quelles que soient tes croyances, je pense que tu peux suivre mon conseil du jour qui est de, bien sûr, te préparer pour plus tard. On n’est pas là pour dire « il faut vivre seulement au jour le jour », mais on a tendance, en tant qu’être humain, à trop vivre dans le passé et dans le futur, et pas assez dans le présent. C’est ce que Spinoza aussi appelait les « passions tristes », qui nous tirent soit vers la mélancolie et les regrets du passé ou nous emmènent vers l’anxiété vis-à-vis du futur, alors qu’on devrait plus se concentrer sur le présent.
Donc, voilà, tu vois, participer à un concert m’a fait penser à tout ça, et j’espère que ça t’inspirera. Si tu souhaites aller plus loin dans ton apprentissage du français, je t’invite vraiment à ne pas manquer les ouvertures de l’Académie Français Authentique. Elles sont fermées 90 % de l’année. Et voilà, vivons au présent. Ne te dis pas « je le ferai plus tard », profites-en dès maintenant, parce qu’on ne sait pas de quoi demain est fait. Voilà. Suis le premier lien dans la description, et je te remercie de faire confiance à Français Authentique. Salut !