07 Jan Un brin de solitude
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Transcription de l’épisode :
Salut très très chers amis, et bienvenue dans ce nouvel épisode de Marchez Avec Johan. C’est un plaisir de t’avoir avec moi aujourd’hui. Avant de passer au contenu, laisse-moi te rappeler que les inscriptions à l’Académie Français Authentique ouvriront le 11. Donc, dimanche 11, prochaines inscriptions. Tu peux rejoindre la liste d’attente. Le lien est dans la description, c’est le premier lien. Et les inscriptions sont, comme d’habitude, fermées 90 % de l’année. Voilà. Donc, ça c’est très important de le faire dès maintenant.
Et aujourd’hui, on va parler d’un brin de solitude. Quand on dit un brin de quelque chose, ça veut dire un peu de quelque chose. Donc, un brin de solitude, ça veut dire un petit peu de solitude. Et pourquoi…
Il y a un drôle d’insecte qui est venu, qui s’est posé sur moi, ça m’a fait peur. Mais je pense qu’il était… Attends, il est encore là, mais… Ah, il est assez récalcitrant. Ah, c’est bon, il est parti. Il est parti, cet insecte.
Donc, pourquoi parler de solitude ? Parce qu’on est dans une culture du toujours connecté. Voilà. La solitude, ça peut être perçu comme un échec parfois.
Tu entends peut-être les… Il y a deux hélicoptères qui passent en même temps là. Je suis dans un coin où il y a pas mal de bruit aujourd’hui. J’espère que tu m’en excuseras et que ça ne sera pas désagréable. J’essaie de choisir un endroit assez isolé, assez calme, mais malheureusement, il peut arriver que ça ne soit pas le cas.
Donc, on est dans cette culture du toujours connecté. Et parfois, la solitude, c’est vu comme un échec. On voit celui qui est toujours occupé, qui est toujours en réunion, qui rencontre toujours des nouvelles personnes, on le voit comme quelqu’un qui va avoir réussi.
Mais en réalité, la solitude, ça peut devenir une force, bien sûr, si elle est choisie, on va bien voir la différence dans un instant, parce qu’elle permet de faire le lien avec tout ce qui est important pour nous : notre clarté, notre simplicité, notre sérénité. C’est rarement possible de mettre en place toutes ces choses-là, d’avoir de la clarté, de la simplicité, de la sérénité, quand on n’a pas du tout de solitude, quand on n’a aucun moment pendant lequel on est seul.
Et moi, les meilleurs moments de clarté dans ma vie sont venus de moments seul, soit pendant mes marches, soit pendant ma routine du matin, soit pendant mes retraites, tu sais, ces quelques jours pendant lesquels je m’isole. Et c’est là, en général, où j’atteins la clarté, et c’est pas quand je suis entouré de personnes.
Alors, déjà, il faut distinguer. C’est essentiel de le faire. Il faut bien faire la différence entre la solitude qui est subie et la solitude qui est choisie. La solitude choisie, c’est ce que je t’ai dit avant, c’est un espace volontaire pour respirer, pour réfléchir. Je te l’ai déjà dit juste avant, mais des moments pendant lesquels tu choisis de sortir pour marcher, tu choisis de t’isoler quelques jours, tu choisis d’être seul en te levant avant que ta famille ne soit debout. Ça, c’est de la solitude qui est choisie. Le but, c’est pas de fuir le monde, mais c’est de mieux revenir vers lui après et d’avoir cette fameuse clarté d’esprit. Donc, ça, c’est la solitude qui est la solitude choisie.
La solitude subie…
Ah ben, décidément, ces hélicos-là… Je sais pas par où ils passent. En plus, je sais pas où ils vont, je sais pas d’où ils viennent. Mais là, on en a eu quatre en l’espace de 5 minutes. C’est assez pénible. Il faudra peut-être que je choisisse un autre endroit pour enregistrer la prochaine fois.
Donc, la solitude subie, quant à elle, c’est quand on est isolé, quand on se sent abandonné, on se sent seul, on n’a pas de soutien, on est triste, on n’a personne pour nous aider, et ça, c’est un vrai problème, parce que, comme je le dis souvent, nous sommes des créatures sociales. On peut pas être heureux si on est tout le temps tout seul. Ça, c’est impossible. Donc, il faut bien faire la différence entre les deux.
Moi, j’ai tendance à me dire qu’on n’est jamais, jamais réellement tout seul, parce qu’on peut toujours avoir des relations avec des mentors imaginaires, avec des livres. Un livre, c’est un compagnon, et tu n’es pas seul si tu as un livre entre les mains. On peut se dire, “je suis seul physiquement, mais spirituellement, je suis accompagné”. La plupart des religions en parlent. Donc, on peut aussi avoir cette forme de solitude qui n’est pas une vraie solitude. On n’est pas seul, désespéré. On est seul physiquement, mais on est accompagné par des grands penseurs ou par un être spirituel qui nous est cher.
Donc, maintenant qu’on a fait la différence entre la solitude subie et la solitude choisie, on peut voir quels sont les bénéfices de la solitude choisie, parce qu’il y en a énormément. La solitude choisie te permet d’avoir de la clarté mentale et de la créativité, parce que tu sors du bruit extérieur, tu sors de toutes ces sollicitations. Ça réduit les comparaisons, ça réduit les distractions, ça fait remonter tes propres idées, ça clarifie ta vision quand tu es seul en train de marcher dans la nature de préférence, sans hélicoptère au-dessus de ta tête. Eh bien, tu peux avoir cette fameuse clarté, tu peux penser, tu peux réfléchir sans filtre. Ça peut te permettre de résoudre des surcharges mentales, parce que t’as coupé tes notifications, parce que t’as pas de réseau, t’as pas de source. Donc, ça, c’est le premier grand avantage de la solitude choisie, c’est que ça te donne de la clarté mentale.
Ça te permet aussi, c’est le deuxième grand avantage, de t’aligner avec toi-même, parce que t’as plus la possibilité de t’entendre, de t’écouter toi-même, cette petite voix intérieure. On parlait de penser à soi, de revenir à soi et de ne pas se comparer aux autres, il y a quelques semaines. Eh bien, c’est exactement ça. Quand tu es seul, ça te permet de remettre en lumière tes vraies valeurs profondes, de différencier ce que tu fais par pression, par obligation, de tes vraies convictions. Donc, ça te permet de vraiment t’aligner avec toi-même.
Tu peux aussi te recharger émotionnellement et spirituellement, parce que c’est un bon moment, quand tu es seul, pour prendre du temps pour lire, pour prendre du temps pour prier, si tu crois à quelqu’un, à quelque chose. Ça te permet d’écrire. Ça t’aide à rester stable malgré les turbulences de la vie et les sur-sollicitations qu’il peut y avoir à l’extérieur.
Ça te permet aussi d’avoir une meilleure relation avec les autres quand tu reviens, parce que quand tu as été seul et que tu as de la clarté, tu peux te permettre d’être plus présent avec les autres quand tu reviens. Tu es plus patient, tu as plus d’attention pour ceux que tu aimes. Et on est toujours plus “efficace” ou plus… on a plus d’empathie quand on a eu le temps de se ressourcer, de se recharger tout seul en fait. En fait, c’est un peu partir pour mieux revenir.
La petite anecdote que j’ai sur le sujet, c’est qu’il y a quelques semaines je suis parti en retraite, m’isoler, pour trois jours à peine. En fait, je suis parti le vendredi après-midi, je suis rentré le lundi après-midi. Et quand je suis rentré, mon fils Raphaël m’a dit « Papa, tu m’as manqué ». Donc, tu vois, c’est ça, tu pars pour mieux revenir. Quand je suis rentré, je suis allé le chercher à l’école et il était très très content. Donc, on part pour mieux revenir, et on est seul pour être encore mieux avec nos proches quand on rentre.
C’est un peu le fameux… tu sais, la fameuse image de la sécurité dans les avions, quand on te dit : « Bon, ben, s’il y a une perte de pression dans l’avion, il y a les masques qui vont tomber, il faut que l’adulte mette son masque en premier », parce que si on met le masque aux enfants et que l’adulte ensuite perd connaissance, eh bien, il pourra plus aider l’enfant. Donc, on prend d’abord soin de soi, et ensuite, on prend soin des autres. Alors, bien sûr, il faut pas exagérer et être égoïste. Les égoïstes te diront : « Oui, je prends soin de moi d’abord, mais j’oublie de prendre soin des autres ». Non, l’idée, c’est de prendre soin des autres aussi. Mais le fait de s’accorder un petit peu de solitude, eh bien, ça nous permet d’être prêts et d’être beaucoup plus présents quand on revient.
Bien sûr, c’est difficile de rester seul aujourd’hui, parce qu’on peut avoir peur du vide. Chaque seconde, on va la remplir avec le téléphone, avec la musique, les podcasts, les réseaux. Donc, ça, c’est difficile aujourd’hui, avec nos smartphones, de rester vraiment seul quand on est seul. Et je l’ai vu moi-même quand je partais en retraite. Il y a des moments où je me disais : « Tiens, qu’est-ce que disent mes messages ? Non, t’as pas envie de regarder tes messages, tu as envie d’être seul ». Donc, ça reste un petit challenge. On a parfois peur de manquer, fameux FoMO, tu sais, « Fear of missing out », on a peur de manquer une info, une nouvelle, un événement.
La pression sociale est forte aussi. Les gens veulent souvent qu’on soit joignable. “Mais tu ne m’as pas répondu en trois jours. Qu’est-ce qui se passe ? J’avais besoin de ton avis”. J’ai eu récemment un échange sur le sujet avec un ami. Mais voilà, il faut se donner aussi la permission de ne pas être joignable tout le temps.
Et bien sûr, parfois on éprouve de la culpabilité ou les autres nous font ressentir de la culpabilité, et ça nous empêche de partir et d’être seul. Et moi, j’ai vraiment beaucoup de chance, parce que je suis un père très très présent, et Céline m’encourage. Quand je lui dis “j’ai besoin de partir trois jours”, elle me dit “oui, bien sûr, bien sûr,” pas de discussion. Et j’avoue que je ne le ferais pas si elle ne m’encourageait pas à le faire. Après, elle sait à quel point c’est important pour moi.
Quelques petites astuces pour pratiquer la solitude positive, parce que déjà on ne peut pas toujours partir. Mais parfois, on peut se faire un micro moment de solitude en partant marcher. Tu laisses ton casque à la maison, tes écouteurs, et tu pars. T’as pas de musique, t’as pas de podcast, t’as pas de livre audio, juste toi et tes pensées. Ça, c’est un premier moyen facile de s’isoler.
Un autre moyen facile de s’isoler, c’est de se lever 30 minutes avant tout le monde et être seul avec soi-même. Moi, c’est ce que je fais tous les matins, pendant une heure, une heure et demie. Et c’est un bon moment de solitude. Parfois, on peut, au milieu de la journée, partir 10 minutes s’isoler. Il y a pas besoin de partir trop longtemps. Et parfois, on peut même… alors ça c’est un secret, on peut même s’isoler seul dans sa tête.
Et moi, il m’est arrivé, je te l’avoue, à certains moments où je n’étais pas seul de partir en fait. Donc, j’étais physiquement présent. Je ne le fais pas quand je suis avec mes enfants, je le précise. Mais ça m’est arrivé dans des endroits dans lesquels j’avais pas forcément envie d’être, je pars et je suis dans ma tête. En fait, je suis là physiquement, mais ma tête est ailleurs, et finalement, je suis seul dans ma tête. On peut appeler ça de la folie, mais c’est quelque chose qui m’a déjà sauvé dans plusieurs situations.
Donc, tu vois, on a quand même… même quand on ne peut pas partir, on peut très bien se dire, “ben voilà, moi je pars marcher tout seul, je me lève un peu plus tôt pour avoir ma routine, je suis seul dans ma tête, je pars en plein milieu de la journée pour 10 minutes, pas besoin de s’isoler trop longtemps, je peux prendre mon journal. Si je prends mon journal, je m’isole, je m’isole avec moi-même encore une fois”.
Tu vois, il y a vraiment beaucoup, beaucoup de moyens pour s’isoler, mais encore une fois, ce qui est important, c’est que la solitude, c’est pas un isolement, c’est-à-dire on veut être un peu seul, mais on peut être entouré quand même par ses proches, par ses amis, par ses livres, par ses maîtres spirituels. Et la solitude positive, c’est un outil, c’est pas une fuite, c’est pas… on se dit pas “je suis mal avec les autres, donc, je fuis”. Non, ça sert à mieux revenir vers les autres, je pense avoir été clair sur le sujet, d’éprouver plus de gratitude, d’être plus présent, plus humble et plus utile pour aider les autres, voilà.
Donc, moi, personnellement, j’essaie de pratiquer cette solitude. C’est un outil, déjà, dont j’ai besoin. On n’est pas tous pareils, mais en tant qu’introverti, j’ai vraiment besoin de ces moments de solitude. Ça aide à traverser le stress, à retrouver de la clarté, à vivre selon ses valeurs, et c’est vraiment pour moi un espace de réflexion, de reconnexion et de respiration. Donc, je t’invite vraiment à essayer. Peut-être que tu manques de solitude, et tu peux essayer, dans les prochains jours, de te prendre ne serait-ce que 10 minutes. Mais là, je t’invite vraiment à une période de vraie solitude, c’est-à-dire sans écouter de la musique, sans écouter de podcasts, de livres audios, vraiment juste toi et tes pensées.
Donc, voilà pour aujourd’hui. J’espère que ça t’a plu. N’oublie pas de suivre le premier lien dans la description pour rejoindre la liste d’attente de l’Académie Français Authentique. Et avec nous, tu ne seras plus jamais seul pour progresser en français, parce que dans l’apprentissage des langues, la solitude, ça peut être un vrai frein.
Merci du fond du cœur d’avoir été avec moi aujourd’hui, et je te dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Marchez Avec Johan. Salut !