Interview d’Olivier de FrenchUsomuch

Interview d’Olivier de FrenchUsomuch

Dans cette vidéo je vous présente Olivier, créateur de frenchusomuch.com.

Il nous parle de son parcours intéressant, distille des conseils puissants pour votre apprentissage du français et présente son projet ambitieux d’aider des personnes à apprendre à s’exprimer en français en 1 mois.

Cela vous semble fou ? Ecoutez ses arguments dans la vidéo 😉

Olivier sait ce qu’il fait et est légitime pour parler de l’apprentissage des langues puisqu’il en parle 4.

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Transcription de la vidéo :

JOHAN: Bonjour à tous, membres de la famille Français Authentique et je suis très heureux que vous nous rejoigniez aujourd’hui. Nous avons un invité qui s’appelle Olivier Malanda. Bonjour Olivier.

OLIVIER M.: Bonjour Johan !

JOHAN: Olivier qui est créateur du site ou du blog – enfin, il va nous expliquer un petit peu ce qu’il y en est – qui s’appelle French You So Much.

OLIVIER M.: Exactement !

JOHAN: Et moi, c’est un projet qui m’a pas mal intéressé ; on en a parlé tous les deux et Olivier m’a présenté tout ça et je pense que c’est quelque chose qui pourrait également intéresser un certain nombre de personnes de la famille Français Authentique. Donc, c’est pour cette raison qu’Olivier, je t’ai demandé de venir nous en parler et d’en parler un petit peu à la communauté. Est-ce que tu peu, dans un premier temps, te présenter pour les gens qui ne te connaissent pas encore, qui tu es, d’où tu viens, ce que tu fais ?

OLIVIER M.: Oui, déjà, je souhaite… Bonjour déjà à toute la famille de Français Authentique ; je te remercie à nouveau, Johan, de me donner l’opportunité de présenter mon projet. Je m’appelle Olivier Malanda, j’ai 38 ans, j’habite actuellement à Grenoble. Je suis chef de projet dans le secteur de l’énergie. On relève en fait les challenges de l’énergie un peu partout à travers le monde. Ça fait six ans que je travaille dans ce secteur, j’ai eu d’autres expériences en termes de management de projet, donc, on veut dire que mener des équipes d’un point A à un point B, j’ai une expérience un peu intéressante à ce niveau-là.

JOHAN: Donc, c’est un premier point commun qu’on a tous les deux puisque moi aussi, j’étais chef de projet auparavant, pas dans l’énergie mais dans l’industrie automobile, mais c’est, en tout cas, un premier point commun.

OLIVIER M.: La deuxième chose, je suis martiniquais. Peut-être que certains auditeurs ne savent pas où est située la Martinique : la Martinique, c’est une petite île qui est située dans la Caraïbe ; elle est environ à 450 kilomètres au Nord du Venezuela et c’est une île qui est indirectement ou directement influencée par les États-Unis, les Anglais, par les anciennes colonies qui l’avoisinent et également l’Amérique latine et l’Amérique centrale. Donc, c’est un patchwork, une zone multiculturelle très intéressante où j’ai grandi. Je parle Français, Espagnol, Anglais et Créole.

JOHAN: Donc, quatre langues ?

OLIVIER M.: Oui.

JOHAN: Effectivement, je pense que tu es bien placé dans ce cas pour nous donner quelques conseils en ce qui concerne l’apprentissage des langues.

OLIVIER M.: Mon Espagnol est un peu rouillé mais c’est toujours avec plaisir.

JOHAN: Tu as appris tout ça en étant petit ou quelle a été ton expérience au niveau de l’apprentissage des langues ?

OLIVIER M.: En fait, quand on vit en Martinique, déjà, on est dans un environnement où on est bercé par le Créole ; le Créole est déjà un mélange assez magique : on trouve du Français, de l’Espagnol et de l’Anglais et ensuite quand on vient se superposer à ce Créole l’apprentissage de l’Espagnol ou de l’Anglais qui vient un petit peu après, moi, j’ai rapidement trouvé des raccourcis qui me permettaient de vite comprendre les mots à travers la syntaxe. Deuxièmement, pour mettre ça en parallèle, j’ai eu l’opportunité au collège d’apprendre le latin et le grec, donc, d’avoir la capacité d’analyser une structure syntaxique ou grammaticale assez facilement et ensuite de pouvoir savoir quel mot allait à quel endroit. Ainsi, c’est un mécanisme à la fois d’imprégnation de logique et un mécanisme mental – moi, c’est une méthode purement individuelle, c’est comme ça que j’ai compris naturellement et qui m’a permis de développer un savoir-faire. À ce point-là, j’ai eu l’opportunité d’avoir des profs excellents ; vraiment, les premiers profs que j’ai eus en Anglais, en Espagnol et aussi Latin et Grec étaient des profs magnifiques. Donc, les bases qu’ils m’ont données les premières années, je les utilise jusqu’à maintenant.

JOHAN: En fait, ça recoupe pas mal avec ce que j’essaye toujours de conseiller aux membres de Français Authentique parce que je pense que tu connais un petit peu mes règles ; je dis : « N’apprenez pas de grammaire si vous voulez apprendre à parler, focalisez-vous sur l’écoute et vous arriverez à parler automatiquement. » Par contre, ce que je dis toujours, c’est que pour faire ça, il faut évidemment avoir un niveau de grammaire de base et comprendre, comme tu l’as expliqué, toute la syntaxe, comprendre la structure de la langue. On ne peut pas, en étant débutant faire qu’écouter et parler, il faut déjà avoir un certain niveau avant que les méthodes d’apprentissage naturelles par le biais de l’écoute fonctionnent

OLIVIER M.: Je te confirme en prenant un exemple tout simple : le subjonctif en Français est différent du subjonctif en Espagnol, ce n’est pas forcément les mêmes modes ; il y a parfois des pièges et des astuces et ce n’est pas forcément la même chose aussi en Anglais. Donc, il faut comprendre les mots, il faut comprendre le fonctionnement et vraiment la syntaxe et la grammaire sont pour moi des points-clés sur lesquels je reviendrai bien entendu dans la présentation de ma méthode ; c’est des points essentiels et je constate également que même en France, des Français font aujourd’hui pas mal d’erreurs, en particulier sur des conditionnels, etc. et ça me choque.

JOHAN: Oui, c’est clair mais d’un autre côté, c’est aussi pour ça que je dis aux gens qui apprennent ou qui essayent d’apprendre à parler le Français et qui, parfois, sont bloqués parce qu’ils ont peur de faire des erreurs. Je leur dis : « N’ayez pas peur, vous n’êtes pas francophones ; il y a des dizaines de centaines de Français qui font des erreurs – comme tu viens de le dire – quand ils parlent leur langue maternelle, donc, on n’en voudra pas à une personne dont le Français n’est pas la langue maternelle de faire des erreurs. »

OLIVIER M.: Exactement, le point d’orgue, c’est oser. Il faut oser parler, il faut s’extérioriser, il faut verbaliser afin d’être compris de ses interlocuteurs et jamais un interlocuteur va s’offusquer du fait que vous n’arriviez pas à bien parler correctement. Donc, osez, essayez toujours de faire le One step ahead ; si vous demandez une baguette de pain, essayez de la demander pas trop cuite ou un peu plus cuite ; il faut toujours faire l’increment on step, la marche supérieure pour s’entraîner au jour le jour…

JOHAN: …et sortir de sa zone de confort pour s’améliorer.

OLIVIER M.: Exactement !

JOHAN: Avant de passer à ton projet – parce que c’est une partie de toi que je ne connaissais pas encore : tu es resté combien de temps finalement en Martinique ? Quand est-ce que tu as quitté l’île ?

OLIVIER M.: En fait, j’ai grandi de 6 à 18 ans. A 18 ans, j’ai quitté la Martinique pour les études ; il y a beaucoup de Martiniquais et d’Antillais en général qui font comme ça parce que les débouchés immédiats ne sont pas évidents si on veut évoluer vers des métiers un peu techniques ou dans le business. Donc, après le BAC, j’ai fait deux ans de prépa à intégrer à Toulouse (j’y ai vécu deux ans et c’est une ville fantastique) et ensuite, j’ai passé quatre ans à Grenoble en école d’ingénieur où j’ai été diplômé en électronique. À la suite de l’obtention de ce diplôme, j’ai cherché du boulot et j’en ai trouvé en Guadeloupe dans un premier temps – j’ai un peu galéré pour trouver mon premier poste ; je l’ai trouvé en Guadeloupe mais le poste était en Martinique, donc, j’avais des voyages relativement fréquents sur les deux îles. Ensuite, j’ai trouvé en 2011 une opportunité à Grenoble dans une ville où j’avais fait mes études, donc, ça a aussi joué dans ma candidature et donc, j’ai été admis et depuis 2011, je travaille dans un grand groupe dans l’énergie.

JOHAN: Écoute, je pense qu’on pourra faire peut-être un épisode plus tard sur la Martinique ; moi, ça m’intéresse, mon beau-frère est Guadeloupéen, donc, j’essaye d’en apprendre un peu plus à chaque fois sur les Antilles. Donc, peut-être qu’on discutera de ça plus tard mais aujourd’hui, j’aimerais bien que tu nous présentes ton projet French You So Much : qu’est-ce que c’est ? Quel est le concept ? Comment t’est venue l’idée ? Tu nous développes un peu tout ça ?

OLIVIER M.: Je vais commencer déjà par la genèse de l’idée. En fait, ma femme fait partie à Grenoble, d’une association de Working women (de femmes qui travaillent) où il y a beaucoup de femmes d’expatriés qui discutent sur des sujets divers, qui s’entraident les unes les autres. Et de fil en aiguille, j’ai découvert qu’il y avait à Grenoble une population d’expatriés qui était relativement importante et je me suis ensuite, en faisant quelques recherches, aperçu que cette population était plus importante que je ne l’imaginais en ce sens qu’à Grenoble, c’est la deuxième population qui parle plus Anglais en France après Paris. C’était un élément assez surprenant et il y a plusieurs profils dans ces expatriés : il y en a qui apprennent le français directement dans le cadre professionnel (ils sont subventionnés par leur entreprise pour apprendre le français). D’autres qui n’apprennent pas, qui ne font pas l’effort, qui ne trouvent pas nécessaire et d’autres qui essayent d’apprendre par leurs propres moyens. Donc, mon postulat a été de dire : « Si je devais apprendre à quelqu’un (qui a les bases du français) en un mois à parler français, comment ferai-je ? » Et c’est à partir de là que j’ai consolidé une méthodologie sur laquelle j’ai basé mon projet.

JOHAN: En fait, des gens qui ont les bases et ton objectif, c’est de les aider à parler en un mois ?

OLIVIER M.: A parler couramment français en un mois. Qu’entends-je par « parler couramment » ? Je vais être plus précis que ça, c’est être en mesure de passer un entretien professionnel en français. Ça fait partie des critères qui me permettent de valider que la personne, à l’issue de cette formation, a les capacités de parler couramment français. Pourquoi ai-je choisi spécifiquement l’entretien professionnel ? Parce que c’est un cadre plutôt stressant où en théorie on connaît certaines questions mais ça peut vite évoluer vers des questions un peu plus personnelles, un peu plus tricky, donc, c’est une zone d’inconfort qui me paraissait important de sécuriser pour ceux qui veulent vraiment progresser et avoir la base de vocabulaire, la base technique pour pouvoir évoluer avec confiance ; la confiance, c’est un point capital.

JOHAN: Donc, c’est comme ça que t’est venue l’idée de French You So Much ; ça s’adresse à des gens qui ont des solides bases en français, qui comprennent très bien, qui parlent un petit peu déjà ?

OLIVIER M.: Qui parlent un petit peu mais qui ne maîtrisent pas forcément. J’ai eu des exemples d’élèves et ça sera sur mon site – je vous donnerai l’adresse ultérieurement – des élèves qui avaient des difficultés à prononcer et qui sont actuellement très bien parce qu’ils ont acquis une bonne méthodologie de travail, énormément plus de vocabulaire, et encore une fois, un critère qui me paraît décisif au-delà de l’aspect « apprendre des mots, apprendre des règles grammaticales ». C’est surtout se donner la confiance d’apprendre et d’être maître de sa destinée et d’avoir sa volonté propre d’apprendre.

JOHAN: Tu dis un mois mais j’imagine que c’est un travail très intensif.

OLIVIER M.: Oui, je confirme. Ça aussi, tu fais bien de le signaler, ce n’est pas… It’s not a free ride, un mois, c’est vraiment la compression maximale que j’ai pu faire, il me semble difficile de moins en étant sérieux car je suis le garant de la méthodologie ; je suis le garant que vous réussirez au bout du mois, donc, il m’a fallu choisir une méthodologie ciblée et adaptée. Ce qui va nécessiter de la part des élèves un commitment (un engagement sans faille). Il faut compter en moyenne en à peu près deux à trois heures minimum par jour sur lesquelles on va travailler. Après, je vais un peu plus détailler la méthodologie mais si vous mettez ça en phase avec d’autres produits d’apprentissage intensifs qui existent sur le marché, vous verrez que le jeu en vaut la chandelle, mais je vous laisse réfléchir, j’y reviendrai ultérieurement.

JOHAN: Deux à trois heures par jour pendant un moins, cinq jours par semaine ? Six jours par semaine ? Sept jours par semaine ?

OLIVIER M.: Après, c’est autant que vous pouvez ; moi, je conseillerai de travailler tous les jours parce que l’imprégnation est aussi un point qui est important dans la méthodologie. L’imprégnation, je souhaite la faire dans la continuité, c’est-à-dire qu’on ne va pas faire du français le lundi et s’arrêter le samedi ; ça doit être un phénomène continu et il faut le mettre en perspective avec la volonté propre de l’élève qui, à l’issue de ce cours, a la volonté d’aller en France pour parler professionnellement de manière très correcte ou pour d’autres objectifs, il doit passer des entretiens ou il a des missions bien spécifiques ou l’élève est fatigué d’avoir utilisé des méthodes et il veut vraiment faire un changement drastique et radical avec une méthode éprouvée. Le résultat aujourd’hui que j’ai testé sur quatre élèves sont probants ; vous trouverez également sur le site des témoignages en Français des élèves qui l’ont suivi ; les élèves insistent sur le fait que le cours est intensif – ça, ils le reconnaissent – donc, ce n’est pas forcément pour tout le monde. Il existe – et je le reconnais – d’autres méthodes un peu plus souples, un peu plus lentes. Si vous souhaitez vraiment mettre vos connaissances sur boosters, le FFF, c’est pour vous.

JOHAN: Après, de toute façon, c’est bien d’être clair et honnête. Tu ne peux pas promettre à quelqu’un d’apprendre à parler le français en lui disant : « Tu vas travailler dix minutes par jour. » ; là, ça ne serait pas crédible ! C’est pourquoi j’aime bien ta démarché, ton honnêteté : c’est-à-dire que ce ne sera pas pour tout le monde, c’est vraiment réservé aux gens qui sont très très motivés et qui sont prêts à investir deux à trois heures de leur temps chaque jour pour apprendre et pratiquer le français, et donc, c’est seulement ces gens qui sont prêts à faire ça qui tiendront le mois et qui arriveront, au bout d’un mois, à parler le Français. Mais, comme tu le dis, je pense que le jeu en vaut la chandelle.

OLIVIER M.: Le jeu en vaut la chandelle et je vous laisserai découvrir sur le site : les élèves en sont manifestement satisfaits.

JOHAN: Et comment ça se présente, explique-nous un petit peu. Un mois, quelqu’un s’inscrit aujourd’hui chez toi, comment ça se déroule ?

OLIVIER M.: On a tout simplement un environnement virtuel ; c’est quelque chose qui va s’apparenter à un blog où on aura déjà deux types de cours. On aura des cours magistraux le samedi où ça sera moi qui ferai le cours en direct ; on pourra parler des temps, des modes, du subjonctif, des conditionnels, etc., l’accord du participe passé.

JOHAN: Ça, c’est intéressant pour mon audience qui me demande souvent : « Johan, explique-nous le subjonctif ; Johan, dis-moi comment choisir entre le passé composé et l’imparfait. » et c’est des choses que je ne fais pas, ça ne fait pas partie du focus de Français Authentique – ça le deviendra peut-être plus tard, en tout cas aujourd’hui, ce n’est pas le cas – et toi, tu as des réponses à ces questions très précises ?

OLIVIER M.: J’ai des réponses, des cours magistraux et les exercices qui vont avec. Là, les cours magistraux dont je parlais, ils ont lieu le samedi et pendant la semaine, les élèves reçoivent également deux cours préenregistrés – ça peut être le mardi et le jeudi – sur lesquels ils doivent ensuite faire des exercices. Donc, je combine l’aspect face-to-face avec un aspect un peu plus remote sur lesquels les élèves peuvent se caler et réaliser les exercices. Les exercices sont systématiquement corrigés par mes soins ; systématiquement, je demande que les commentaires soient oraux, donc, les élèves devront enregistrer leurs commentaires, pas forcément très longs – je n’ai pas besoin de dix minutes de commentaires, ça ne sert à rien – une minute, même trente secondes, dis seconde bien proprement réalisé, c’est impeccable, ça suffit. Par contre, je fais du French Recognition et pas du speech recognition, donc, je m’assurerai que le français est correct, que l’élocution est parfaite et je reviendrai vers l’élève avec mes commentaires pour lui demander de faire la correction sur son élocution.

JOHAN: Là, tu insistes vraiment sur l’oral, donc, tu ne demandes pas de mail écrit, tu veux de l’oral. Il y a cette partie orale mais je demande également une petite rédaction, 3-4 lignes maximum – n’oublions pas la cible, c’est fluent in french. Je n’ai pas dit que vous écririez bien mais par contre, la valeur ajoutée, c’est que je corrige systématiquement tous les commentaires qui sont faits à la manière d’un blog pour bien préciser les erreurs qui ont été faites. L’important également, c’est que les corrections que je fais bénéficient à tout le monde ; c’est-à-dire que les commentaires que je vais faire pour un élève A bénéficient à l’élève B qui a accès aux commentaires oraux et aux commentaires écrits. Donc, on est vraiment dans une perspective de exponential learning – si je peux m’exprimer ainsi – c’est-à-dire qu’il y a cinq élèves qui travaillent en même temps pendant la durée d’un moi, qui peuvent « s’échanger » et chacun voit le progrès de l’autre, chacun bénéficie du vocabulaire de l’autre. Et imaginez par exemple la quantité de vocabulaire que vous pouvez absorber en étant à cinq personnes.

JOHAN: Point important : tu limites les entrées à cinq personnes par mois … ?

OLIVIER M.: Oui.

JOHAN: … Pour – je pense que c’est une question de temps parce que pour toi, il faut que tu corriges, il faut que tu t’appliques…

OLIVIER M.: Voilà, exactement ! Comme je te disais tout à l’heure, tout est corrigé systématiquement par mes soins et je fais un suivi personnalisé en parallèle. Chaque semaine, je reçois pour un Skype de 30 minutes chaque élève pour bien connaître ses difficultés, les points à améliorer et je veille à connaître exactement où en est chaque élève. Chaque élève a sa check-list, donc je les marque la culottes ; ils sont signés pour parler et ils parleront couramment.

JOHAN: Les directives que tu donnes, les exercices, les consignes, tout est en français ou c’est en anglais ?

OLIVIER M.: 90% du matériel est en français, tout est en Français. Par contre, j’utilise l’anglais comme dénominateur commun. Lorsqu’il y a des difficultés que l’élève n’arrive pas à véritablement intégrer, à ce moment-là, je passe en anglais pour essayer de trouver des modèles équivalents afin de faire passer le message. Et en général, ça marche très très bien. Je vais prendre un exemple tout de suite : est-ce que tu connais la chanson de Gwen Stéphanie If I was a rich girl ?

JOHAN: Pas sûr ; peut-être que si je l’entendais oui mais…

OLIVIER M.: Je ne vais pas la chanter parce que je [ne chante pas bien] ; l’essentiel c’est dans le if I was a rich girl ; c’est un conditionnel, tu vois ? Si j’étais riche. Donc, je prends des exemples comme ça et tout de suite, les élèves ont le temps de s’approprier et de mieux intégrer les difficultés ou les subtilités de la langue française.

JOHAN: Donc, tu utilises l’anglais en fait plus comme un moyen de dernier recours quand quelqu’un n’arrive pas vraiment à comprendre ?

OLIVIER M.: On va dire que c’est le backup mais dans la pratique, je l’utilise peu. Et en général, ce qui est intéressant, c’est que les élèves m’apprennent certains mots dans leur propre langue.

JOHAN: De toute façon, tu as besoin de ça. Moi, quand j’étais en Autriche et que j’apprenais l’Allemand, j’apprenais avec une professeur autrichienne qui parlait 100% allemand et il y a un moment, quand tu ne comprends pas, elle a beau te l’expliquer dix fois en allemand, si tu ne comprends pas, ça ne marche pas, donc, tu as besoin de ce petit truc et en l’occurrence, moi, c’était pareil, c’était l’anglais où elle va te le dire en anglais et là, O. K. « maintenant, je comprends. » Donc, tu as forcément besoin de ça pour te débloquer d’une situation par moments.

OLIVIER M.: Également, s’il y a des petites subtilités avec l’espagnol, j’arrive à le faire passer également. Je ne maîtrise pas encore notre langue mais je pense que sur cette base-là on peut trouver le moyen et j’essaye en général d’être assez imaginatif pour faire passer les instructions correctement.

JOHAN: Bon, écoute, pour moi, c’est relativement clair. Il y a d’autres points que tu voulais souligner sur French You So Much.

OLIVIER M.: Oui, en particulier le programme que je propose s’appelle Fluent in French in For weeks (FFF) ; c’est le programme qui vous permet… le résultat est dans le titre : fluent in french in four weeks. Vous parlerez couramment français en quatre semaines. Par contre le French You So Much, c’est ma plateforme, c’est mon site Internet où là, on a du matériel, du contenu, des choses gratuites qui permettent de débloquer la crainte qu’ont certaines personnes d’apprendre le Français. Les débutants pourront s’y retrouver – je ne fais pas un focus très important sur le niveau débutant mais je délivrerai des informations et des bases de compréhension et dans la partie « blog », les lecteurs auront également accès à des commentaires, à des informations sur la grammaire, la conjugaison, tout ça gratuit. Et je suis en train de développer également un aspect podcast où j’ai pour ambition de recevoir des experts dans l’apprentissage des langues qui expliqueront leurs techniques et leurs méthodologies.

JOHAN: Ça a l’air vraiment sympa. Où est-ce que peuvent te trouver les membres qui aimeraient te rendre visite juste après cette discussion avec moi ? Tu peux nous donner l’adresse ? Je la mettrai en commentaire sur le blog mais si tu veux déjà nous le dire ?

OLIVIER M.: Le nom du site, c’est frenchusomuch.com et à cette adresse-là vous trouverez mon adresse mail mais je peux vous la donner maintenant. Celle qui est rattachée, c’est oliviermalanda@gmail.com

JOHAN: Avant de nous quitter, je te remercie d’avoir partagé ce projet ambitieux et que je trouve intéressant ; je trouve très ambitieux de promettre à des gens qu’ils arriveront à parler le français en un mois – tu as été très clair et très honnête sur le fait qu’il faut beaucoup travailler – et je trouve que c’est un projet très ambitieux et ça m’intéresse. Avant de nous quitter, est-ce que tu peux me donner ou donner aux membres qui nous écoutent ton plus gros conseil qui leur permettra à parler le français ? C’est-à-dire un truc à leur donner, un truc à faire, un truc à ne pas faire ?

OLIVIER M.: Le truc à faire, c’est d’écouter la musique ; la chanson, ça marche. J’ai fait récemment – et vous trouverez également sur mon blog… J’écoute beaucoup de rap américain (le vrai, le bon rap, pas ce qui se fait maintenant). J’écoutais un album de 2011 de Docteur Dre avec Eminem qui s’appelle Forgot about Dre. Après, on aime ou on n’aime pas le rap mais je vous explique dans ce poste en particulier comment j’ai décomposé la chanson et comment elle m’a aidé au niveau de l’élocution parce qu’on peut connaître une chanson en la lisant, après, il faut être en mesure de la chanter. Donc, il y a tout un aspect de découverte, d’imprégnation de la chanson, de la vocalisation et c’est vraiment un moyen très très intéressant pour apprendre. Ça, c’est la chose à faire.

JOHAN: Je suis content que tu donnes ce conseil parce que j’ai aussi beaucoup utilisé la musique ; ce n’était pas le rap mais peu importe, l’importe, c’est l’outil et je confirme à 100% l’efficacité de la musique.

OLIVIER M.: Je vais donner un deuxième exemple : j’avais commencé à apprendre le portugais avec la Bossa Nova qui m’a scotché quand je suis arrivé à Grenoble. Alors, il a absolument fallu que j’apprenne ; je connais deux ou trois chansons mais c’est quelque chose qui aide énormément.

Exemple de chose à ne pas faire : essayer d’apprendre seul. Je n’y ai pas réussi. Apprendre seul, on va vite s’essouffler, on n’a pas forcément et on n’est pas forcément dans un environnement qui permette de comparer et de voir son niveau dans la réalité et finalement, quand on est confronté avec la réalité, parfois c’est un peu compliqué. Je vais vous donner une anecdote qui vous donnera une petite idée. L’histoire se passe en 2006 ou 2005 ; je suis dans un avion, je demande à une hôtesse du Canada Dry. Je demande trois à quatre fois, elle ne sait pas. Et donc, à un moment, je m’apprête à changer et je me dis que je vais prendre un coca, ce n’est pas grave. Et là, elle comprend que c’était du Ginger ale (aux Etats-Unis, ils ne disent pas Canada Dry). Elle m’a regardé avec un dédain – dont je me rappellerai toujours – qui fait que je me rappelle systématiquement que c’est comme ça. Donc, si vous essayez d’apprendre seul et que vous n’êtes pas dans un contexte, que vous n’avez eu l’expérience, que vous n’êtes pas confronté à ce genre de petites choses assez subtiles, vous n’y arriverez pas et le reality check sera un peu compliqué. Donc, quoi que vous fassiez, même si vous essayez tout seul, confrontez-vous en permanence, parlez, faites des fautes. Le plus important, c’est de ne pas avoir peur et d’y aller. Et moi, mon objectif, c’est de vous donner les moyens les plus rapides pour faire vite et pour faire très bien.

JOHAN: Ton anecdote sur le Canada Dry, elle me fait rire parce que j’ai eu la même chose en Autriche quand je voulais commander un coca la première fois – parce que c’est pareil, les Allemands, si tu demandes un coca, ils ne comprennent pas. Donc, j’ai exactement la même chose ; c’est ein cola ; en Allemagne, si tu veux un coca, tu dis « ein cola ». Quand tu demandes coca, ils pensent que tu leur demandes de la cocaïne, [donc] j’ai eu exactement la même réaction et c’est pour ça que ça m’a fait sourire. En tout cas, je confirme aussi ce que tu dis. C’est pour ça que j’invite toujours les membres de Français Authentique à nous rejoindre sur la page Facebook parce qu’apprendre seul dans son coin – c’est bien d’être autodidacte et d’investir du temps pour apprendre seul mais si on ne pratique pas, si on ne se met pas en commun avec d’autres personnes, soit on n’avance, soit on avance très très lentement. Donc, que ce soit ton conseil à faire ou à ne pas faire, je te rejoins à 100% là-dessus.

OLIVIER M.: Voilà !

JOHAN: Olivier, super ! Merci beaucoup d’avoir passé ce temps avec nous. Je rappelle aux membres qui nous écoutent qu’ils pourront trouver sur frenchusomuch.com – je mettrai un lien en bas de cet épisode. Bon courage à toi et peut-être que tu reviendras parmi nous pour nous parler un petit peu de la Martinique dans un prochain podcast.

OLIVIER M.: Pourquoi pas ? Je te remercie.

JOHAN: Merci Olivier, à bientôt ! Salut !

OLIVIER M.: A bientôt, au revoir !

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