Mon (ancien) travail en tant que salarié

Mon (ancien) travail en tant que salarié

A la demande de Tomacz sur la page Facebook de Français Authentique,  je vous parle, dans cet épisode, de mon ancien travail en tant que salarié.

(Faites un clic droit sur ce lien pour enregistrer le fichier MP3)
(Faites un clic droit sur ce lien pour enregistrer le fichier PDF)

Venez discuter de cet article sur Facebook avec nous : Cliquez ici.

Voici la transcription de l’épisode :

Salut à tous ! Aujourd’hui, je ne vais pas vous expliquer le sens d’une expression en Français. J’ai reçu pas mal de témoignages qui me disent : « Bon, Johan, super, les expressions, on aime bien en apprendre un petit peu plus ; apprendre le sens d’expressions idiomatiques mais on aime également les podcasts dans lesquels tu nous parles de différents sujets. » Et j’ai un ami de la famille Français Authentique Tomacz de République Tchèque qui m’a demandé d’enregistrer un épisode dans lequel je vous parle un petit peu de mon travail dans l’industrie automobile. On devrait plutôt parler de mon ancien travail parce que j’ai démissionné – j’en ai parlé plusieurs fois – j’ai arrêté ce travail de responsable projet dans l’industrie automobile ; je n’y suis plus que les lundis et mardis jusqu’à la fin de l’année et le reste du temps – mercredi, jeudi et vendredi – je suis à la maison et je peux développer Français Authentique et Pas de Stress, mes deux gros projets qui me rendent heureux, qui me donnent beaucoup de plaisir et c’est pour ça que j’ai décidé de démissionner. En fait, j’ai déjà passé (je suis en train de compter) neuf ans dans l’industrie automobile et neuf ans dans la même société qui s’appelle NEMAK. Et c’est un groupe, le plus grand fournisseur ou fabricant de culasses et bloc moteur au monde. Les culasses et les blocs moteurs, c’est tout simplement une partie du moteur, c’est là où a lieu l’explosion dans le moteur, c’est là où sont les cylindres qui se déplacent pour faire tourner le moteur, dans le bloc-moteur, c’est à cet endroit que ça se passe et la culasse, c’est ce qui permet de créer l’étincelle ou l’explosion, enfin, c’est ce qui fait bouger les soupapes. Donc, sans entrer dans les détails – parce que ce serait difficile pour vous à comprendre ou pour la majorité d’entre vous et peut-être difficile pour moi à expliquer. On produit en majorité des blocs moteurs et des culasses.

Je suis arrivé chez NEMAK un petit peu par hasard puisqu’en 2006, j’ai fait mon stage de fin d’études ingénieur en région parisienne dans une ville qui s’appelle La Garenne-Colombes près de Paris et c’était un centre de recherche Peugeot Citroën dans l’automobile et moi, je faisais des études d’ingénieur matériaux. (Les matériaux, c’est tout ce qui est matière, c’est tout ce qu’on utilise pour fabriquer des choses, notamment les métaux, du plastique, etc.) J’étais très intéressé par le travail des métaux (la métallurgie) et j’avais déjà fait d’autres stages dans des usines, dans des fonderies et j’avais envie de continuer dans ce domaine. Donc, j’ai fait mon stage chez Peugeot Citroën (PSA) en région parisienne (un stage ingénieur) et à la fin, j’ai souhaité rester là-bas, mais malheureusement, il n’y avait pas la possibilité ; PSA n’embauchait pas (ne prenait pas de nouveaux employés). Comment ça s’est passé ? En fait, mon sujet de stage, c’était un sujet qui était en partenariat avec une société autrichienne, NEMAK en Autriche à Linz et à la fin, j’ai eu des contacts avec eux, on a travaillé ; ils ont bien aimé mon travail, ils ont bien aimé mon rapport et ils avaient besoin d’une personne qui parlait Français là-bas en Autriche, donc, ils m’ont demandé si ça m’intéressait de venir. Donc, j’ai dit « oui » et je me suis retrouvé en Autriche et je n’ai pas du tout regretté cette expérience. J’ai passé six ans là-bas ; je travaillais au départ en tant qu’ingénieur développement et donc, j’étais sur le terrain et j’aidais à développer des produits. En fait, ça se passe de la façon suivante : on reçoit le client – nos clients sont les grands groupes automobiles (BMW, Daimler, Mercedes, vraiment tous les grands, Volkswagen, Audi, Porsche, tous les constructeurs automobile). Ils nous envoient des modèles 3D et nous disent : « Voilà ce que nous, on aimerait fabriquer » et nous, on regarde comment on pourrait le faire de la façon la plus sûre possible pour que la pièce n’aie pas de défaut, et on fabrique ces produits en aluminium fondu. C’est de la fonderie aluminium ; c’est-à-dire que l’aluminium ou des alliages d’aluminium – parce que ce n’est pas de l’aluminium pur ou de l’aluminium seul, c’est de l’aluminium avec d’autres éléments (silicium, cuivre, magnésium avec quelques pour cents d’autres éléments pour durcir, mais le matériau de base, c’est l’aluminium) ; on le fond – l’aluminium pur, je crois qu’il fond à 660° C mais avec les éléments d’addition, on fond aux alentours de 720° C et donc, on a de l’aluminium qui est liquide et ensuite, on vient le mettre dans une forme – ce qu’on appelle un moule – dans la forme qu’on veut obtenir. Dans la fonderie, pour des pièces complexes comme les culasses et les blocs, on a aussi des formes en sable – je ne vais entrer dans les détails. Grosso modo, on a un moule métallique qui nous permet…On met l’aluminium en fusion (de l’aluminium fondu) dans ce moule et ensuite, on laisse l’aluminium se refroidir et durcir et devenir une pièce solide. Grosso modo on fait ça et moi, en tant qu’ingénieur développement, j’étais responsable pour aider à définir les paramètres (la température de l’aluminium et différentes choses du procédé de fabrication sur lesquels on peut influer pour avoir des pièces de bonne qualité.) J’étais responsable de ça et au bout d’un an et demi, ils avaient une personne qui était chef de projet qui est partie, qui parlait Français et ils ont eu besoin de quelqu’un pour gérer les projets français et donc, ils m’ont posé la question. J’étais encore très jeune et je n’avais aucune idée de ce qu’était être chef de projet mais je l’ai fait quand même. Et en gros, le chef de projet, il est responsable pour diriger une équipe. Imaginons qu’il y a un projet qui arrive pour BMW : donc, BMW dit : « Dans les deux ans qui viennent, j’aimerais que vous produisiez cette pièce pour ce moteur. Donc, nous allons commencer par faire des prototypes, des pièces modèles où vous n’en ferez que cinq ou dix et au bout de trois ans, quand le produit sera développé, vous m’en ferez 500.000 par an. » Et là, ils prennent un chef de projet qui est en contact avec le client (moi, je suis le contact avec BMW) dans ce cas-là et je suis contact en interne pour tout organiser. Donc, on a une équipe « projet » dans tous les corps de métier : les personnes qui sont responsables pour le procédé, les personnes qui sont responsables pour dessiner la pièce sur ordinateur, les personnes qui sont responsables pour acheter les machines qu’on va utiliser pour fabriquer la pièce. Donc, il y en a pour chaque service : il y a une personne qui est dédiée aux projets. Et le chef de projet, eh bien, est le chef de tout le monde où il dirige tout le monde et il fait en sorte que le projet soit développé dans de bonnes conditions avec grosso modo trois objectifs : c’est que la qualité des pièces qu’on fournit soit élevée, que les coûts soient tenus (on a un budget pour tout installer et il ne faut pas le dépasser) et que les délais soient respectés, donc, que le client obtiennent les pièces dans les conditions qu’il veut, au moment qu’il l’a souhaité. Donc, qualité, coût, délai, c’est les trois axes du chef de projet et j’ai fait ça à Linz. A Linz j’avais la chance de pouvoir développer pour d’autres usines parce que NEMAK a des centres de développement – celui de Linz par exemple dans lequel je travaillais – mais il y a d’autres usines. On a une usine en Slovaquie, une usine en République Tchèque – c’est pour ça, Tomacz, que je suis allé plusieurs fois en République Tchèque, dans le Nord-Ouest (si je me souviens bien, à Most) ; on a une usine en Hongrie, plusieurs usines en Allemagne, une usine en Pologne. Donc, on a beaucoup d’usines et donc, j’étais, en tant que chef de projet, responsable pour coordonner le projet au niveau de l’usine de production du centre de développement. C’était des culasses… c’est assez complexe et c’est assez intéressant parce que vous avez l’occasion de travailler dans différents domaines. Vous passez du technique à la comptabilité, au contrôle des coût, aux achats, à la discussion avec client-fournisseur, donc, c’est très très varié, très large et donc, c’est très intéressant et c’est aussi malheureusement très stressant puisqu’on sait que l’industrie automobile, c’est une industrie où les clients veulent réduire les coûts au maximum et donc, vous avez beaucoup de pression des clients et vous avez beaucoup de pression de votre hiérarchie. Donc, c’est un environnement assez difficile mais c’est quelque chose d’assez intéressant malgré tout.

Au bout d’un an et demi, je suis devenu chef de projet et au bout de quelques années, j’ai décidé de quitter l’Autriche pour revenir en France puisqu’on a une fonderie à Dillingen en Allemagne qui est à la frontière avec la Moselle et donc, je suis revenu avec ma famille, on s’est installé près de Saint-Avold et moi, tous les jours, je passais la frontière – je fais 35 kilomètres par direction – pour aller travailler. D’ailleurs, là, on a passé pas mal de temps ensemble puisque j’enregistrais des podcasts de Français Authentique sur le chemin et là, – ça fait deux ans et demi – ça va bientôt faire trois ans que je suis là-bas chez NEMAK Dillingen et que j’ai donc maintenant démissionné. Au 30 juin, je ne suis plus un salarié de NEMAK Dilligen, je suis indépendant et je retourne là-bas le lundi, mardi en tant que consultant pour les aider sur un projet pour Daimler que j’avais en charge et du coup, c’est intéressant. Mon remplaçant est arrivé, donc, le futur chef de projet est déjà là et je l’aide, je lui donne l’historique du projet, etc., donc, c’est intéressant. La semaine prochaine je vais à Stuttgart avec lui, donc, on va partir en voyage et je vais lui présenter mes contacts chez les clients, et c’est très très bien. Et ensuite, à la fin de l’année, j’arrêterai tout ça pour me concentrer sur Français Authentique et Pas-de-stress. Voilà grosso modo ce que je faisais au niveau de mon job, mon travail salarié. On me demande souvent pourquoi j’ai décidé d’arrêter. Eh bien, tout simplement parce qu’on ne peut pas tout faire ! Là, ça fait quatre ans que je développe Français Authentique en même temps que mon emploi ; ça fait quatre ans quasiment que j’enregistre des podcasts de ma voiture, que je n’ai pas le temps de développer Français Authentique comme je le veux, que je n’ai pas le temps de mettre en place des partenariats, que j’ai des difficultés à répondre à tous les mails ; enfin, c’est énormément de boulot ; tout ça avec une famille, c’est trop. Donc, si je fais dix heures de travail chez NEMAK, que je m’occupe de ma famille, que je retravaille une à deux heures chaque jour sur Français Authentique, c’est trop et donc, je devais prendre une décision : c’était, soit j’arrête Français Authentique, soit j’arrête mon job de chef de projet dans l’industrie. Je me suis posé la question – pas longtemps parce que c’est des choses que l’on sent en nous-mêmes. Je me suis dit : « Soit, j’arrête Français Authentique et je laisse tomber des milliers de personnes, soit je laisse NEMAK et je laisse tomber quelques personnes. » Et j’ai réfléchi : « Qu’est-ce qui, pour moi, est le plus enrichissant, le plus gratifiant ? » Et c’est définitivement de vous aider (j’aide des milliers de personnes à apprendre à parler le Français, des personnes qui, parfois, sont désespérées, des personnes qui ont absolument besoin du Français pour décrocher un nouveau job, pour garder leur job… Il y a plein plein de raisons différentes mais j’aide ces gens ; c’est beaucoup plus gratifiant pour moi d’aider ces gens, de vous aider que d’aider ma société à gagner de l’argent ou de faire en sorte que mon chef ait des meilleurs résultats parce que les projets sont bien gérés ou Daimler soit heureux parce que le projet roule bien, parce que je m’en occupe correctement. Donc, le sens de ma vie était plus dans le sens « je vais aider les gens par le biais de Français Authentique, par le biais de Pas-de-stress » et je ne regrette absolument pas ce choix – ça me passionne – je fais ça maintenant, ça fait un mois où je suis vraiment à la maison à 100% à travailler là-dessus (pas à 100% puisque c’est seulement les mercredis au vendredi mais je passe beaucoup de temps dessus, j’adore ça.), j’ai plein d’idées et maintenant j’ai du temps pour les mettre en place. Je travaille sur l’Académie Français Authentique et tout ça, ça me passionne et je ne regrette pas une seconde d’avoir démissionné même si, comme je vous le disais avant, c’est un job intéressant aussi mais on ne peut pas tout faire.

Donc, je pense avoir pris la bonne décision (j’espère avoir pris la bonne décision) et en tout cas, ça me laisse beaucoup de temps pour travailler. Si vous me suivez sur Pas-de-stress – je ne veux pas dans cet épisode entrer dans les aspects personnels et privés parce que ce n’est pas votre but ; vous écoutez ça  pour entendre du Français mais pas forcément pour entendre ma vie. Donc, si vous voulez en savoir plus, aller sur Pas-de-stress parce que je vais un peu plus dans le détail sur Pas-de-stress ; je vous explique pourquoi j’ai vraiment quitté mon job, je vous explique que c’est un emploi très très bien payé, que la majorité des gens ne comprennent pas pourquoi je laisse tomber un emploi payé autant – je gagnais très très bien ma vie – et j’ai eu la discussion avec pas mal de personnes, les membres de ma famille et d’autres, des amis, qui ne comprennent pas que je laisse tomber un emploi qui me rapporte autant d’argent. Du coup, je vais perdre à peu près 2/3 de mes revenus, donc, c’est énorme. On va continuer à bien vivre avec ma famille mais c’est quand même une grosse perte, surtout que ma femme Céline ne travaille pas encore – elle travaillera l’an prochain. Donc, c’est beaucoup de questions.

Aller sur Pas de Stress parce que je traite de ces questions plus en détails ; je vous explique pourquoi je suis très content d’avoir pris cette décision et je ne la regrette pas du tout. En attendant, je pense que c’est à peu près tout ; je vais continuer mes podcasts, je vais continuer à travailler sur l’Académie Français Authentique qui devrait être disponible début 2016. Là, on est fin septembre, je commence à enregistrer le contenu, tout du moins, à travailler sur le format et je vous en parlerai très bientôt. Je vois bientôt Jean-Baptiste – c’est la personne qui a créé mon site www.francaisauthentique.com et je vais le reprendre pour m’aider à créer l’espace membre sur l’académie et ça va être super, donc, je suis très très content. D’ici-là, vous pouvez bien sûr toujours vous procurer mes cours qui rencontrent de plus en plus de succès – les packs 1, 2 et 3 – et c’est aussi ce qui me fait vivre maintenant, c’est ce qui permet à ma famille de vivre, donc, c’est très important. Merci à tous ceux qui achètent ces cours. Si vous voulez vraiment passer de l’état de compréhension – je comprends le Français – à l’état d’expression – je parle en Français, eh bien, ces cours ont été faits pour ça. Donc, si vous aimez mes podcasts, si vous adorez mes cours, allez sur mon site francaisauthentique.com, il y a une pages « cours » où vous pouvez avoir les différents cours ; vous aurez des descriptions et il y même une vidéo (parce qu’on me demande souvent quels cours acheter) dans laquelle je vous explique tout ça et je vous dis que financièrement, c’est même beaucoup plus intéressant d’acheter les packs 1, 2, 3 ensemble, mais je vous laisse regarder tout ça.

Je vais continuer à travailler sur Français Authentique. N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire sur la page Facebook suite à cet épisode du podcast et je vais essayer de continuer régulièrement – pas toutes les semaines, bien sûr, mais assez souvent de vous faire des épisodes comme cela, donc, de varier un peu ; faire des épisodes dans lesquels j’explique des expressions ; des épisodes dans lesquels je parle comme ça de différents sujets ; des épisodes « interview » (j’ai interviewé Benjamin – je pense que c’est déjà en ligne – de French Together) ; j’ai l’intention d’inviter mon ami Alberto de Italiano Automatico pour l’interviewer pour le podcast, enfin, essayer de varier les contenus. Continuez, vous, à me donner des idées sur la page Facebook. Je le dis souvent mais sur la page Facebook de Français Authentique (où nous sommes 215.000 personnes, donc, c’est hallucinant). J’ai plein de suggestions ; je les note, j’ai un dossier dans Evernote que j’utilise et je note tout ça et voilà…Comme ça, je n’ai pas besoin… Là, tout de suite, j’avais une heure pour enregistrer des podcasts et je n’ai pas eu à réfléchir trois heures qu’est-ce que je vais enregistrer : j’ai ouvert mon fichier Evernote et j’ai une liste et j’ai vu que Tomacz m’avait demandé de parler de mon job dans l’industrie et voilà, c’est simple pour moi et ça répond exactement du coup, à votre besoin.

Donc, allez sur la page Facebook, aimez la page et donnez-moi des idées, des suggestions, je vous en serai très très reconnaissant. Je vous dis à très bientôt les amis ; merci d’être si nombreux à me suivre et à très très bientôt.