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Louis XIV, Napoléon, De Gaulle : trois visions de la France (café avec Johan 14)

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Transcription de la vidéo :

Salut très chers amis, et bienvenue dans ce nouvel épisode de Café Avec Johan. Et aujourd’hui, ça va être un épisode un peu particulier, puisqu’il va mêler réflexion un petit peu sur le sens de la vie ou en tout cas sur le sens de ce qu’on fait aujourd’hui avec de l’histoire, parce qu’on va parler à la fois de Louis XIV, de Napoléon et de Charles de Gaulle.

En fait, ces derniers temps, je me suis pas mal demandé qu’est-ce qui dure vraiment. Parce qu’on est dans une civilisation ou on est dans une époque pendant laquelle tout va super vite. Les gens veulent tout, tout de suite, on a les informations en quelques heures, on est tous ultra connectés les uns aux autres, on est tous super dépendants de la technologie. Il y a qu’à voir, par exemple, récemment, il y a eu quelques pannes sur des systèmes AWS d’Amazon, un peu plus tard, Cloudflare. Et en fait, le monde panique, le monde s’arrête, parce qu’il y a juste des ralentissements. On n’est même pas coupés, mais il y a juste des ralentissements.

Et on voit que les tendances changent, les modes passent. On nous vend en permanence sur les réseaux la nouvelle méthode miracle, la méthode miracle pour lire plus, la méthode miracle pour apprendre une langue en trois semaines, la méthode miracle pour perdre du poids, la méthode miracle pour gagner plein de muscles. Et en fait, on est tout le temps en train de chercher le prochain secret.

Et moi, ça fait très longtemps déjà, mais je ne pense pas comme ça. Je pense long terme. Je pense… quand je mets des choses en place, quand je cherche des astuces, je cherche des choses pérennes, des choses que je vais pouvoir appliquer sur le long terme. Et aujourd’hui, c’est pour ça que je te dis que j’ai passé pas mal de temps à réfléchir récemment, je me demande « OK, comment faire durer Français Authentique sur la prochaine décennie ? » Français Authentique est né en 2011. L’Académie Français Authentique est née en 2016. On est en 2025 ou même fin 2025 au moment où j’enregistre. D’ailleurs, tu la verras probablement début 2026. Donc, on est vraiment dans cette vision, essayer de durer.

Et le meilleur moyen pour comprendre comment durer… Et là, je te parle de Français Authentique, mais ça peut être lié à ta vie, à ta santé, à ton apprentissage, à ton travail, si tu es salarié, à tes études, peu importe. L’idée, c’est vraiment de penser long terme. Et le meilleur moyen pour penser long terme, à mon sens, c’est de se tourner vers l’histoire, de regarder ce qui s’est passé.

Et ce que j’ai essayé de faire, c’est de regarder comment ces trois personnes, Louis XIV, Napoléon et Charles de Gaulle, avaient essayé de construire quelque chose de durable. C’est trois époques différentes, donc, ils avaient aussi trois visions différentes de ce que devait être la France sur le long terme, parce que c’était vraiment des visionnaires. Et j’aimerais regarder un peu avec toi ces trois visions, pas pour faire un cours d’histoire, parce que je suis pas historien, je suis pas un expert, pas pour étudier la vie de ces trois personnes en profondeur ni leur accomplissement, parce que j’ai déjà fait des modules de l’académie sur ces trois personnages. Il y a un module sur Louis XIV, un module sur Charles de Gaulle, un module sur Napoléon 1er ; en plus, on est à 125 modules aujourd’hui.

Donc, tout ça, je le fais dans l’académie. Et j’en profite pour te dire que les inscriptions à l’académie sont ouvertes pour quelques jours. Elles sont fermées 90 % de l’année, et si tu veux nous rejoindre, il te reste quelques jours. Va jeter un œil dans la description et tu découvriras tout ce que l’académie pourra faire pour toi en termes de contenu (historique, culturel, etc.), et de pratique, avec nos réunions Zoom et plein d’autres opportunités.

Donc, l’idée ici, c’est pas d’étudier ces trois personnages, mais de comprendre ce qu’ils ont voulu bâtir, ce qu’ils ont voulu construire, et ce que leur vision peut nous apprendre aujourd’hui. Et au passage, ça nous aidera à comprendre encore un petit peu mieux la France.

Donc, pour ces trois personnages, ce que je vais faire, j’ai préparé des petites descriptions en quatre parties : le contexte dans lequel ils vivaient, leur vision, leur action et leur postérité. Donc, on commence tout de suite avec Louis XIV.

Donc, Louis XIV, le Roi-Soleil, il est né en 1638 à Saint-Germain-en-Laye. Il est mort en 1715 à Versailles. Il a régné 72 ans. Donc, c’est le plus long règne de l’histoire européenne. Et je pense que sa postérité, ce qu’il a laissé, ce qu’on retient de lui encore aujourd’hui, c’est le symbole de la monarchie absolue et du rayonnement culturel français.

Donc, pour comprendre sa vision et ses actions, il faut déjà comprendre le contexte dans lequel il a vécu. Donc, déjà, il a… Et ça, on le voit en détail dans le module de l’académie, mais il a été marqué pendant son enfance par ce qu’on a appelé « la Fronde », qui était des révoltes contre le pouvoir royal, presque des guerres civiles, avec notamment, mais pas seulement, la noblesse, les nobles, les riches, qui se sont rebellés contre la royauté en place. Le royaume était complètement morcelé, c’est-à-dire qu’il y avait pas de vraie unité française ou du royaume français. Il y avait des différentes parties qui cherchaient à être indépendantes. Les autorités locales étaient puissantes. C’était pas centralisé. Le pouvoir n’était pas centralisé, comme il peut l’être aujourd’hui. Et il n’y avait pas vraiment d’unité nationale. En plus de tout ça, il y avait de grandes menaces extérieures, les Provinces-Unies, l’Espagne, etc. Donc, on sent que c’était une période plutôt instable dans l’histoire de France.

Et en 1651, juste pour te donner un exemple concret, le jeune roi doit fuir Paris pendant les émeutes. Et ce traumatisme… Donc, c’était pendant la Fronde hein. Ce traumatisme va le marquer toute sa vie et va marquer sa conception de l’État.

Donc, on comprend, avec tout ça, qu’une des grandes parties de sa vision, c’était de garantir l’ordre en France. Pour lui, l’ordre, c’était une garantie de paix dans le royaume – on va voir qu’il a fait la guerre – mais dans le royaume, il voulait la paix et donc il voulait de l’ordre. Il voulait centraliser le pouvoir. Ça vient de là, hein. Comme je le disais, avant, le pouvoir était réparti, les pouvoirs locaux étaient forts ; aujourd’hui, tout est centralisé à Paris, en 2026. Et lui a voulu commencer à centraliser le pouvoir.

Et pour lui, la monarchie, ça devait incarner la grandeur et la continuité. C’est pour ça qu’on l’a appelé « le Roi-Soleil », parce qu’il voulait être le centre de la vie politique comme le soleil est plus ou moins le centre ou en tout cas le centre de notre système solaire, le point autour duquel toutes les planètes tournent. Et il devait contrôler la noblesse pour éviter de nouvelles révoltes. Donc ça, c’était sa vision.

Et ses actions, ça a été quoi ? Ça a été de construire Versailles, déjà, pour… C’est un point symbolique et politique, puisqu’il voulait éloigner la noblesse de Paris et il voulait la canaliser pour inviter les nobles à Versailles. On disait, « tu quittes Paris, mais tu viens à moi ». Le pouvoir est un peu décentralisé. Il a créé une administration royale très puissante. Et bien sûr, ça on l’a vu en détail dans le module, mais il a promu les arts avec des gens très connus, Racine, Molière, etc. On pourrait tous les citer. Et il a cherché à unir la langue française, une unification linguistique et culturelle avec, par exemple, l’Académie française. Donc, tu vois que, par exemple, pendant 20 ans, les nobles, ils doivent résider une partie de l’année à Versailles. Donc, ils dépendent du roi, ils doivent venir à lui.

Et moi, je me souviens, quand j’ai visité Versailles la première fois, je ne sais pas si tu as eu la chance d’aller à Versailles, mais quand j’y suis allé pour la première fois, j’avais, je crois, 22 ans, avec ma femme Céline, et je me souviens m’être dit waouh, quelle énergie il a fallu pour construire tout ça, et même juste pour le maintenir aussi, parce que c’est immense, c’est super grand, les jardins sont splendides. Et je pense qu’une partie aussi du plan de Louis XIV, c’était d’impressionner les autres, et je pense qu’il a réussi. Donc, une des postérités de Louis XIV, c’est l’image d’une France forte, d’une France centralisée dans laquelle règne l’ordre, admirée à l’extérieur, parce que les arts français ont régné à cette époque.

Et bien sûr, je sais qu’il y aurait ces objections, mais il y a eu des zones d’ombre dans le règne de Louis XIV. On les a vues en détail dans le module de l’académie. La révocation de l’Édit de Nantes, par exemple, avec la persécution des protestants. L’Édit de Nantes donnait un droit aux protestants en France et la possibilité qu’ils puissent exercer leur culte. Lui, il met fin à cet Édit de Nantes, donc, les protestants ont été de nouveau persécutés. Les guerres ont été nombreuses, coûteuses financièrement et bien sûr en hommes, les famines, etc.

Mais c’est pas sur ça que je veux m’arrêter dans cette vidéo. Ce que je voulais, c’était vraiment te donner un petit peu sa vision, ses actions, sa postérité sur le long terme. Et quand on lit dans les journaux aujourd’hui certains politiques qui se plaignent du fait que la France est un peu trop centralisée, que tout le pouvoir est centralisé à Paris, eh bien, il faut se souvenir qu’auparavant c’était pas le cas et que ça a été voulu. Et Louis XIV a été un des premiers à vraiment vouloir centraliser l’État ou en tout cas le pouvoir en France.

Un siècle plus tard, un autre homme arrive avec une énergie complètement différente. Il s’agit de Napoléon Bonaparte. Napoléon Bonaparte, il est né en 1769 à Ajaccio, en Corse, et il est mort en 1821 sur l’île de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud. Il est vu comme l’homme qui a vraiment modernisé l’État français. Il a fondé des institutions que nous utilisons encore aujourd’hui. C’est pour ça qu’on parle là de long terme et de vision. Et bien sûr, il est arrivé, lui, dans un contexte complètement différent de celui qu’avait connu Louis XIV auparavant.

Est-ce que tu sais ce qui est arrivé entre Louis XIV et Napoléon Bonaparte ? Tout à fait. C’est la Révolution française. En 1789, la Révolution arrive et ça va créer un certain nombre d’instabilités. Il y a des coups d’État, de la violence, il y a eu la période de la Terreur. Donc, c’est pas une période, même si c’est une période qui est vue d’une manière positive aujourd’hui, parce qu’elle a mis fin à un système qui ne convenait pas à beaucoup de monde, elle a aussi créé beaucoup d’instabilités.

En parallèle de ça, l’économie française était très fragile. Il y avait énormément de tensions entre les monarchistes et les républicains. Donc, les monarchistes voulaient le retour de la monarchie, des rois, et les républicains disaient : « Pas question, la France doit rester une république ».

En plus de ça, il y avait pas mal de conflits d’hostilité des autres pays européens à l’égard de la France, parce que beaucoup de nos voisins, ou la majorité, étaient encore des monarchies. Et eux, ils ne voulaient pas qu’il arrive dans leur pays ce qui était arrivé en France. Donc, il y avait une menace des pays européens envers la France. Et d’ailleurs, tu vois, juste pour te donner un exemple de cette instabilité politique en France, entre 1789 et 1799, donc, en 10 ans, la France a changé six fois de régime politique. Donc, ce que voulait Napoléon Bonaparte au niveau de tout ça, c’est de réformer la France et de la structurer, pour la rendre stable en fait. Elle était instable, il voulait la rendre stable.

Donc, tu vois, c’est pas tout à fait comme Louis XIV qui, lui, a dit « je veux centraliser le pouvoir parce qu’il est trop dispersé dans le royaume ». Napoléon a dit « je veux structurer les choses, je veux de l’ordre, mais un ordre nouveau. Je veux que le mérite remplace les privilèges. Je veux que le pays soit efficace, organisé, rationnel ». J’essaie de penser à l’état de la France actuellement en me disant qu’on cherchait un pays organisé, rationnel et efficace. Et malheureusement, je me dis que Napoléon Bonaparte, s’il pouvait lire le Figaro aujourd’hui, serait très déçu.

Mais donc, il a mis en place, Napoléon Bonaparte, plein d’actions pour ce faire, dont le code civil. Le code civil, il a été créé en 1804, et c’est encore aujourd’hui la base du droit français. Donc, c’est énorme. Tu te dis « plus de 200 ans après, on utilise encore le code civil de Napoléon Bonaparte ». Il a aussi créé les préfectures, donc, des départements gérés par l’État. Il a réorganisé les finances publiques, il a créé la Banque de France, il a créé les lycées et un système scolaire structuré parce qu’il avait compris qu’on ne peut pas avoir un pays efficace si on n’a pas une éducation efficace. Il a réformé les militaires, tout ce qui touchait l’armée. Il a réformé les territoires, on l’a vu avec les départements. Et par exemple, avant Napoléon, chaque région avait tendance à appliquer son propre droit, mais après lui, avec le code civil, eh bien, tout était unifié. Le pays était unifié juridiquement, et il y avait les mêmes lois dans le nord que dans le sud. C’est un peu ce qu’on disait tout à l’heure avec Louis XIV, sauf qu’ici, c’est pas seulement en termes de pouvoir qu’on a tout centralisé, c’est en termes juridiques, en termes de lois. Et encore aujourd’hui, ça fait 220 ans, le code civil régit toujours le droit français.

Et tu vois, je te parlais de Français Authentique tout à l’heure, je me dis « allez, ce serait cool si Français Authentique existait encore dans 220 ans ». Évidemment, c’est pas super réaliste, mais pour ça en fait, il faut de vraies fondations. C’est pour ça que je te dis qu’il y a un lien entre l’histoire et nos décisions du quotidien, parce que tu prends pas les mêmes décisions si tu veux durer 220 ans que si tu veux durer 5 ans. Tu peux pas te permettre d’improviser si tu veux durer 220 ans. Tu ne peux pas te permettre de suivre des modes et des tendances. Tu dois bâtir sur des fondations solides, sur des grands principes intemporels. Et moi, en ce qui me concerne, c’est la méthode d’apprentissage naturelle, c’est l’authenticité, c’est le fait d’apprendre une langue tout en s’intéressant à sa culture et en essayant de se développer personnellement, d’adorer lire pour apprendre des choses. Et tout ça, en fait, ce sera encore vrai dans 220 ans. Donc, c’est comme ça un peu que j’essaie de m’inspirer de Napoléon.

Donc, Napoléon, lui, il va laisser… Alors, attends, parce que j’ai mes notes qui sont un peu dans le désordre. Napoléon va, du coup, laisser une France qui est complètement réorganisée et modernisée avec, on l’a vu, des institutions qui seront durables. Pour lui aussi, on peut dire ce qu’on a dit pour Louis XIV, son bilan reste contrasté, c’est le moins qu’on puisse dire. Il a rétabli l’esclavage, par exemple, en 1802. Il a fait des guerres ou il a en tout cas mené des guerres qui ont fait des millions de morts en Europe. Il a censuré. C’était quelqu’un d’autoritaire, Napoléon Bonaparte. Mais ici, vraiment, je voulais m’intéresser aux institutions qu’il a créées et à sa postérité.

Encore plus tard, cette fois on est au XXe siècle, un troisième homme arrive. Il y en a eu d’autres entre les deux, évidemment, mais je voudrais parler d’une dernière vision, celle ici de la continuité et de la souveraineté. La souveraineté, pour un pays, c’est vraiment d’être maître de son destin, de prendre ses décisions soi-même. Bien sûr, je l’ai dit en introduction, mais quand on parle de souveraineté, on pense tout de suite à Charles de Gaulle.

Charles de Gaulle, le général de Gaulle, il est né en 1890 à Lille et il est mort en 1970 à Colombey les deux Églises. Ça se trouve dans la Haute-Marne. On peut dire que c’est clairement le père de la Cinquième République. C’est celui qui a crié haut et fort à la résistance française au moment de la Seconde Guerre mondiale. Je suis en train de lire ses mémoires de guerre, je trouve ça passionnant. Et c’est le symbole de la France souveraine.

Donc, en général, quand on parle du général de Gaulle, on s’intéresse surtout à ce qui s’est passé à partir de 1940, même si, et ça je l’ai bien développé dans le module de l’Académie Français Authentique, avant ça, il avait déjà dit des choses intéressantes et on voyait que c’était un visionnaire. En gros, il avait prévu ce qui allait arriver en 1940, à savoir la grande défaite française, militaire hein, face à l’Allemagne, le fait que la France doive demander l’armistice, mettre en place un gouvernement à Vichy qui collabore avec l’Allemagne nazie, avec une France qui est à la fois divisée, humiliée, occupée. Et en juin 1940, la majorité de la classe politique accepte la défaite. Lui non, mais la majorité l’accepte.

C’est facile de penser aujourd’hui, on est quoi, 85 ans après ? 80 ans après. C’est facile de penser que les Français étaient tous des résistants, etc. La réalité, c’est que la majorité de la classe politique, tout du moins, voulait la paix et voulait finalement collaborer avec l’Allemagne nazie. Et pour de Gaulle, c’était inacceptable. Sa vision à lui, c’était que la France, c’est plus qu’un territoire. C’est pas seulement des frontières, c’est une idée, la France.

D’ailleurs, il démarre ses mémoires en disant : «  J’ai toujours pensé ou j’ai toujours eu une certaine idée de la France », c’est-à-dire, vraiment, pour lui, la France, c’était une idée, c’était quelque chose de… presque… j’allais dire une religion, ce serait exagéré, mais en tout cas, quelque chose d’intangible et pas… c’est pas une carte, en fait. C’est quelque chose de plus profond.

Donc, lui, il refuse d’identifier la France à la défaite. Il a toujours voulu que la France soit souveraine, on va y revenir, et il veut que la nation soit portée au-dessus des passions et au-dessus des partis. On va y revenir aussi. Mais il y a ce fameux appel du 18 juin 1940, alors qu’il est inconnu du grand public, il ose s’affirmer et dire : « La France doit continuer la guerre. La France a perdu une bataille, mais elle n’a pas perdu la guerre. Moi, je me suis exilé pour organiser la résistance. Nous allons combattre l’ennemi ensemble, même sans armée ou même avec seulement une armée externe, l’armée de la France libre, que je vais rebâtir ».

Il dit que la France, c’est plus qu’un territoire, c’est une idée. Il le dit lui-même. Et cette phrase, moi, je l’ai vraiment comprise en fait quand mon premier enfant est né. Parce qu’avant, j’étais… Donc, mon premier enfant, c’est Emma. Avant, j’étais Johan, responsable de moi-même. Après, j’étais papa. Et papa, avant d’être papa, avant d’être père, tu vois, c’est un mot un peu abstrait. Mais quand t’y es, tu vois que c’est pas seulement un rôle, c’est en fait une identité. Et dès que ma fille est née, j’ai compris que c’était une responsabilité qui me dépassait complètement, parce que cette identité, je l’ai toujours. Je peux être fatigué, je peux être malade, je peux avoir des problèmes avec mon entreprise, des problèmes techniques, peu importe les problèmes, je suis papa. Cette identité, elle continue, elle est là et elle doit être ma priorité.

Et De Gaulle disait la même chose de la France en 1940. Oui, le territoire est occupé, le territoire physique, les frontières sont occupées. Oui, le gouvernement a capitulé. Donc, ceux qui sont à la tête, qui dirigent la France, ont capitulé, mais l’idée de la France continue. Et tant que l’idée existe, la France existe.

Et on peut même étendre ce concept. Quand on traverse des moments difficiles dans la vie, c’est important de se raccrocher à ce qu’on est vraiment, à son identité, à ses priorités, à ses principes et pas aux circonstances du moment. On n’est pas défini par un échec actuel ou un échec ponctuel. On n’est pas défini par les difficultés présentes. On est défini par son identité profonde, par qui on est réellement, par ce qu’on représente, par ses valeurs. Et ça, personne ne peut nous l’enlever. Donc, tu vois… Et tout ça, De Gaulle l’exprimait pour la France.

Alors du coup, quand on comprend ça, on comprend mieux ses actions. Il a structuré la France libre depuis Londres, puis Alger. Il a fondé la Cinquième République en 1958, parce que les institutions étaient instables, les partis cherchaient leur propre intérêt, lui il a mis fin à tout ça. Il voulait avoir une indépendance militaire et nucléaire pour la France, une indépendance diplomatique et militaire. Il avait une politique étrangère autonome. Il a quitté l’OTAN, il a préconisé que le Québec devienne libre par rapport au Canada. Il a refusé… Bien que la France a toujours fait partie du bloc occidental avec le reste de l’Europe, les États-Unis, contre l’URSS, contre le bloc de l’Est, il a refusé de couper complètement. Il voulait être une nation tampon entre les États-Unis et l’URSS. Un des grands exemples concrets, c’est qu’il a refusé que la France soit dans le commandement intégré de l’OTAN en 1966, parce qu’il voulait avoir une autorité stratégique. Et ça, c’était important pour lui.

Donc, De Gaulle, il va laisser, en plus de cette idée de la France et de cette vision que la France doit être souveraine, ce qui, entre parenthèses, n’est plus vrai aujourd’hui, puisque l’Europe, l’Union Européenne a beaucoup de bons côtés, mais elle enlève complètement la souveraineté. La majorité des lois actuellement françaises sont votées en Europe, et ça, jamais le général de Gaulle aurait accepté. Mais il a laissé au moins une constitution et une architecture institutionnelle très solides. Donc, ça, c’est important puisque même si tout ça, ça a été mis à mal depuis 2024 en France, la Cinquième République, elle tient.

J’ai fait une vidéo récemment, que tu peux retrouver, « Que penserait De Gaulle de la France actuelle », où je fais ce parallèle entre les institutions de la Cinquième République et l’actualité politique en France. Donc, tu peux retrouver cette vidéo. Mais voilà ce qu’on pouvait dire sur le général de Gaulle, qui, lui aussi, comme Louis XIV, comme Napoléon et comme tous ceux qui ont régné, est controversé. Sa position un peu, parfois, ambiguë pendant la guerre d’Algérie, pendant mai 68, sa vision de l’autorité, tout ça, c’est souvent critiqué. Moi, je suis pas là pour juger, mais pour parler vraiment de sa vision.

Donc, on va reprendre très brièvement, synthétiser tout ça, avant de te faire un petit pont et une petite conclusion qui, j’espère, t’intéressera. On avait Louis XIV pour l’ordre, la centralisation, la mise en scène du pouvoir. On avait Napoléon avec la modernisation, les réformes, le mouvement. On a eu De Gaulle avec la continuité, la souveraineté, la dignité.

Et quand on regarde ces trois façons de vivre, ces trois visions, quand on les regarde ensemble, eh bien, on voit trois façons de penser un pays et trois façons de penser notre propre vie aussi. Parfois, on a besoin de remettre de l’ordre. Parfois, on a besoin de réformer et d’avancer. Parfois, on a besoin de revenir à ce qui compte vraiment, revenir à notre identité. Et peut-être que l’histoire nous aide à mieux comprendre ça, et c’est ce que j’essaie de faire personnellement en ce qui concerne ma vie personnelle en tant que papa, mari, ami, frère, fils, leader de Français Authentique. J’essaie un petit peu de reprendre tous ces principes dans ma vie. Et on peut vraiment se dire que l’histoire n’est jamais seulement passé. L’histoire n’est jamais vraiment passé. C’est pas seulement ce qu’il y a derrière. Elle éclaire le présent. Et j’aime voir l’histoire comme ça, comme une sorte de lumière qui nous permet d’éclairer, de mieux voir le présent.

Donc, si tu t’intéresses à ces sujets, vraiment, si tu aimes ce mélange entre apprentissage du français, culture française, histoire, développement personnel, t’améliorer dans ta vie, si tu as envie d’avoir accès à des centaines d’heures de contenu, à des fiches SOS, des dictées, des réunions Zoom avec nos tuteurs en petits groupes, des groupes privés, etc., eh bien, rejoins l’Académie Français Authentique. Les inscriptions ferment dans quelques jours. C’est important que tu regardes le premier lien qu’il y a dans la description dès maintenant, parce que ça te permettra de voir tout ce qu’il y a dans l’académie.

Donc, par exemple, parmi les 125 modules, on a un module sur Louis XIV, sur Napoléon Bonaparte, sur De Gaulle et sur plein d’autres sujets. On a des modules qui sont des dialogues, des modules avec moi et ma famille, des modules de développement personnel, des modules sur la culture, sur l’histoire. On traite vraiment tous les sujets. Donc, l’académie est fermée 90 % de l’année. Ce serait dommage que tu manques les prochaines inscriptions. Donc, suis le lien dans la description.

Dis-moi en commentaire ce que tu penses de ces trois personnages. Est-ce qu’il y a un des trois personnages qui t’inspire ou un des trois personnages qui, justement, ne t’inspire pas ? On lit tous les commentaires, donc, n’hésite vraiment pas à nous dire ce que tu en penses. Laisse un petit « j’aime » si tu as apprécié cet épisode, si tu as aimé passer ce moment en ma compagnie. Tu peux partager aussi cette vidéo avec tes amis qui apprennent le français et tu peux t’abonner à la chaîne YouTube de Français Authentique en activant les notifications.

Merci d’avoir passé ce moment avec moi aujourd’hui et je te dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Café Avec Johan. Salut !