24 Juin Les deux freins à une vie heureuse
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Transcription de l’épisode :
Salut à tous, et merci de me rejoindre pour ce nouvel épisode de Marchez avec Johan, encore un épisode de développement personnel, et j’espère, par le biais de ce podcast, réussir à, d’une part, t’aider à améliorer ton français et, d’autre part, à t’aider à améliorer ta vie en partageant des pistes de réflexion, des choses que j’apprends, mes réussites, mes échecs, etc. Et aujourd’hui, je voudrais parler de la vie, de la vie heureuse, du bonheur et de deux freins qui, malheureusement, sont assez répandus, si ce n’est très, très, très répandus chez les êtres humains. Et l’idée, c’est de se dire comment on peut les reconnaître et comment on peut les lever, parce qu’on veut lever des freins pour vivre plus heureux.
J’ai vraiment l’impression que beaucoup de nos souffrances, elles viennent de mécanismes intérieurs qui sont vraiment très simples. Ce n’est pas vraiment les grands drames qui vont nous rendre malheureux, qui vont nous faire souffrir.
Bien sûr, que ça arrive, mais c’est ponctuel. Si je prends ma vie, par exemple, évidemment, le décès de mon père, ça a été une souffrance terrible liée à un drame, à un événement. Mais si je prends à l’échelle de ma vie, de mes 43 années, eh bien, la majorité de mes souffrances, ça n’a pas été des drames, la majorité de mes souffrances, ça a été des petites attitudes qui ont déformé mon rapport aux autres, mon rapport au monde.
Et en réfléchissant sur le sujet récemment, en lisant, j’ai lu un livre qui s’appelle « Lead like Jesus ».
Il n’y a pas vraiment de traduction. « Mène comme Jésus », mais « mène », ce n’est pas terrible. On a parlé récemment du fait que mener ou être un leader, ça voulait en fait dire servir.
Mais donc, dans ce livre, il parle pas mal de ces deux grandes choses qui sont des freins à notre bonheur et qui sont la fierté et la peur. Quand on entend fierté, on pense souvent à quelqu’un d’arrogant. Mais la vraie fierté, elle est souvent plus discrète.
C’est par exemple vouloir avoir raison à tout prix, vouloir tout contrôler, vouloir être admiré, vouloir protéger son image, vouloir toujours avoir le dernier mot.
Ça, c’est de la fierté. Et en fait, tu sais que moi, je ne me suis jamais considéré comme quelqu’un d’arrogant. Je pense avoir de l’humilité et, grâce à mon père et à ma mère qui m’ont éduqué en ce sens, je ne pense pas souffrir d’arrogance.
Par contre, tu vois, il m’arrive de vouloir montrer que j’ai raison, même si parfois j’ai tort et que je veux montrer que j’ai raison. Et toutes ces choses, la volonté de contrôler, d’être admiré, de protéger son image, tout ça, j’en souffre, comme tout le monde en fait.
Et la fierté, elle complique énormément nos vies, parce que déjà, quand on a une épreuve ou quand on a de la fierté, on va avoir tendance à vouloir juger les autres, à les critiquer aussi, parce que quand on juge, forcément, on critique très souvent, et cela nous vexe, ou nous nous vexons.
Si on veut avoir raison, qu’on s’aperçoit qu’on a tort, on va se vexer. Parfois, on va même se mettre en colère, on ne va pas écouter les autres.
Récemment, j’ai eu ça avec Céline : on avait un petit débat tout bête sur la position du soleil quand il se couche. Je ne vais pas te donner les détails, mais en fait, Céline pensait une chose et moi, je pensais autre chose. Et quand elle a voulu me convaincre, je ne l’écoutais pas vraiment : je passais mon temps à chercher des arguments pour lui prouver que j’avais raison, et elle, elle faisait pareil. Donc, du coup, on ne s’écoutait pas. Au final, on a vérifié : c’est elle qui avait raison. Donc, je lui dis : « Ok, tu as raison ».
Mais tout ça pour dire que notre comportement par défaut, c’est de ne pas vraiment écouter, de vouloir prouver qu’on a raison.
Et parfois, on va jusqu’à se mettre en colère. Et du coup, ça nous enferme. À chaque fois que je me suis un peu trop centré sur mon ego ou sur mon image, ça m’a tendu. Je sens que je suis moins ouvert, moins paisible, évidemment, moins patient.
Alors que quand j’accepte l’imperfection, j’accepte de ne pas tout contrôler, les relations deviennent beaucoup plus simples. Si je reprends cet exemple très récent que j’ai eu avec Céline, dès que j’ai vu que j’avais tort, pourtant j’étais persuadé d’avoir raison, mais dès que j’ai vu que j’avais eu tort, je l’ai reconnu. D’accord, désolé, tu avais raison ; et quand j’ai fait ça, j’étais paisible.
Je sais que si j’avais eu ce genre de discussion avec mon papa, par exemple, qui était quelqu’un avec un caractère très fort, qui était très intelligent et qui aimait avoir raison, eh bien, je sais que peut-être qu’au final, personne n’aurait vraiment reconnu que l’autre avait raison, parce qu’il y avait cette sorte de compétition inutile et stupide, mais qui malheureusement existait à cause de la fierté. Donc, ça, c’est très important de prendre garde et de limiter sa fierté.
J’ai beaucoup parlé du livre de Ryan Holiday qui s’appelle « Ego is the Enemy », dans lequel il montre à quel point la majorité des problèmes du monde sont liés à l’ego des dirigeants. Et le monde actuel, tel qu’on le voit, avec les conflits qu’il y a partout, les guerres, eh bien, il est clairement lié à des problèmes d’ego. Il n’y a qu’à regarder les personnes qui prennent toutes ces décisions. Je pense que je n’ai pas besoin de citer de nom, vous avez tous compris de qui je parle : ils sont plusieurs.
Le deuxième grand frein à notre bonheur, c’est la peur.
Il y a la fierté d’un côté et le deuxième, c’est la peur.
Et la peur, elle est partout ; on a tous plus ou moins peur. On va avoir peur de l’avenir, peur de nos finances, peur de l’échec, peur de ce que les autres pensent de nous, peur de manquer de quelque chose, peur de nous tromper. Et bien sûr, ces mécanismes de peur, ils sont dans nos gènes, dans notre caractère, parce qu’ils sont utiles à notre survie ; notre espèce a survécu grâce à ses peurs.
Si on avait peur de rien, tous les hommes seraient morts et les humains n’existeraient plus. Donc, bien sûr, que la peur peut nous aider à prendre des décisions sages, mais elle nous pousse souvent, quand elle est mal utilisée, à vivre contre nous-mêmes, parce qu’on va du coup se comparer constamment aux autres.
On va être là, oui, mais moi, j’ai ça et lui, il a ça, il a de la chance. Donc, on va vouloir ce que les autres ont. On va vouloir suivre les foules. On va se dire : mais attends, ils sont cinq à penser ça, donc c’est eux qui ont raison, c’est moi qui ai tort.
On ne va pas se faire confiance. On va constamment chercher la validation chez les autres, on va perdre notre calme, on va vouloir des choses qu’on ne veut pas. J’en ai beaucoup parlé, mais on va se dire « Vu que j’ai peur, je vais prendre des décisions et, au final, ces décisions vont me pousser à faire des choses que je n’avais pas envie de faire ».
Elle nous pousse, la peur, à vouloir tout maîtriser, alors qu’une immense partie de notre vie échappe déjà à notre contrôle.
On contrôle finalement bien moins de choses qu’on ne le pense. Donc, il est primordial pour arrêter avec cette peur de lâcher prise, d’accepter ce qu’on ne peut pas contrôler, de penser davantage à long terme, parce que finalement, ce que ton voisin pense de toi, tu vas t’en moquer sur le long terme, à l’échelle d’une vie.
Ce n’est pas grave. Il faut qu’on arrête de vivre dans l’urgence permanente, et on verra que les choses iront bien mieux, parce que beaucoup de nos angoisses viennent du fait qu’on veut résoudre immédiatement des choses qui demandent tout simplement du temps.
Je suis dans cette phase aujourd’hui, puisque je réfléchis beaucoup. Est-ce que je quitte les Émirats Arabes Unis avec ma famille pour revenir en France ? Et tant que la décision ne sera pas prise, j’aurai toujours cette tension en moi ; mais il faut que j’accepte que la décision prendra du temps, que le changement prendra du temps, et il faut que je sois OK avec ça, parce que c’est angoissant de se dire qu’il faut que j’arrive à résoudre tous les problèmes qui sont dans ma tête.
Non, il faut que je réfléchisse d’une manière rationnelle, et que j’avance petit à petit.
J’ai aussi remarqué quelque chose d’assez intéressant, c’est que la fierté et la peur, souvent, ils travaillent ensemble. Parce que la peur, elle va nous pousser à protéger notre image et la fierté, elle va refuser de montrer notre fragilité. Donc, parfois, on vit derrière une sorte d’armure. Et non seulement la fierté seule est mauvaise pour nous, non seulement la peur seule est mauvaise pour nous, mais alors la fierté plus la peur vont littéralement baisser notre niveau de bonheur et de joie.
Donc, ce qui aide, c’est, comme d’habitude, c’est d’être indulgent avec soi-même, c’est d’écouter, c’est de simplifier les choses. Arrêter de toujours compliquer les choses, rendre les choses simples, arrêter de vouloir gagner chaque débat, arrêter de chercher l’accord des autres ou l’approbation des autres, arrêter de toujours vouloir plus, dites-vous : « Voilà, là, j’ai assez, je n’ai plus besoin d’optimiser ». Ça a été un des sujets d’un podcast précédent.
Il y a un moment où il faut arrêter d’optimiser et de chercher à tout améliorer. Il y a deux choses qui changent profondément les relations humaines et qui sont liées justement à la fierté et à la peur, c’est d’accepter les autres tels qu’ils sont. On est tous imparfaits, on est tous imparfaits et pendant longtemps, j’ai voulu changer certains traits de caractère de ma femme, Céline.
Aujourd’hui, je l’ai acceptée parce qu’elle, elle n’a jamais essayé de me changer et j’ai plein de mauvais côtés, et pourtant, elle les accepte. Quand on prend quelqu’un, on l’accepte avec ses qualités et avec ses défauts. On ne peut pas choisir : « Tiens, non, je ne vais prendre que tes qualités », ça ne fonctionne pas.
Et j’accepte aussi les défauts de mes enfants, et j’essaie de ne pas trop les renforcer, j’essaie de les aider à s’améliorer en permanence, mais je suis conscient du fait que je suis bourré de défauts et qu’eux aussi ont le droit d’avoir les leurs. Tu vois, finalement, les relations sont quand même plus belles quand la fierté est mise de côté et quand la peur est mise de côté, et le fait de le comprendre, de l’appliquer au quotidien, eh bien, ça rend les choses beaucoup plus simples, et on est beaucoup plus heureux.
Donc, tu vois, une vie heureuse, elle ne repose pas forcément sur les grandes réussites extérieures, mais elle repose vraiment sur la qualité de nos relations et la qualité de notre cœur, le fait de ne pas être une personne fière et de ne pas avoir peur. Donc, à nous de travailler là-dessus. On aura toujours une part de fierté et de peur en nous. Malheureusement, tout le monde est touché, et encore une fois, il y a des raisons. Je dis malheureusement, mais en fait, il y a des raisons à ça, il y a des raisons utiles. La fierté et la peur nous aident dans un certain nombre de situations, mais il ne faut pas les rendre extrêmes.
Donc, je t’invite vraiment à réfléchir sur le sujet, j’espère que ça t’a intéressé, et avant de nous quitter, un petit rappel pour ceux qui veulent aller plus loin dans leur apprentissage. Je vous invite à suivre le premier lien dans la description, il s’agit de la page de présentation de l’Académie Française Authentique. Les inscriptions sont fermées 90 % de l’année, mais on prépare les prochaines inscriptions qui ouvrent le dimanche 5 juillet.
Donc, rejoins la liste d’attente. Prends peut-être le temps, dès maintenant, quand les inscriptions sont fermées, de regarder la page, de voir en quoi l’Académie pourra t’aider ; ce serait un plaisir d’y faire ta connaissance en personne.
Merci d’avoir passé ce moment avec moi aujourd’hui, et je te dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Marchez avec Johan. Salut !