Le conditionnel en français

Le conditionnel en français

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Transcription de la vidéo :

Bonjour les amis, bienvenus dans cette nouvelle vidéo de Français Authentique. Merci de me rejoindre pour la vidéo d’aujourd’hui dans laquelle nous allons, encore une fois, traiter d’un sujet de conjugaison. Vous savez que ce n’est pas forcément le cœur de Français Authentique que de parler grammaire et conjugaison – je le dis souvent, ce n’est pas ma spécialité, ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai créé Français Authentique, mais vous êtes tellement nombreux à m’interroger sur ces sujets et à apprécier mes précédentes vidéos sur le sujet que je souhaite vous aider et continuer dans ce sens. Aujourd’hui, on va parler du conditionnel. Avant de commencer, une mise en garde – c’est ma mise en garde habituelle. Première chose : pas de stress. Si vous commencez à stresser sur l’utilisation du conditionnel, l’utilisation d’un certain temps, d’un certain mode, d’une certaine théorie mécanique de la langue, vous serez bloqué à l’oral ; vous n’arriverez pas à parler parce que vous serez trop focalisé, trop concentré sur la théorie.

Deuxième mise en garde : je vais simplifier un maximum ici. L’ici, ce n’est pas que vous deveniez des experts en conditionnel ou en grammaire française, mais que vous compreniez  les bases, donc, c’est pour ça que je vais vraiment résumer, simplifier pour que vous compreniez les bases afin d’être capable de comprendre beaucoup de français et de comprendre les phrases que je vais utiliser ou que les gens utilisent au conditionnel. L’idée, c’est que vous compreniez mieux et ensuite, par l’écoute répétée de contenus que vous aimez et qui vous intéressent, eh bien, le conditionnel n’aura plus de secret pour vous.

Comme je vous le disais dans ma vidéo sur Quelques bases de conjugaison française, le conditionnel, c’est un mode. Dans certains cas, c’est même temps et il y a un débat entre les experts pour savoir si le conditionnel doit être considéré comme un temps (des temps) ou comme un mode ; on leur laissera ce débat, ça ne nous intéresse pas du tout aujourd’hui. Toujours est-il qu’il est composé de deux temps, le conditionnel présent et le conditionnel passé. Chacun de ces temps sert à exprimer des choses différentes et c’est ce qu’on va voir tout de suite. Commençons par le conditionnel présent qui a quatre utilisations majeures.

La première utilisation, c’est de formuler une demande polie. Donc, si vous devez demander quelque chose de façon polie à quelqu’un, vous utilisez le conditionnel présent. Par exemple, vous dites : « Pourrais-tu me passer le sel, s’il te plaît ? » C’est une formule très polie et le « Je pourrais », c’est ici conjugué au conditionnel présent. On verra juste après comment conjuguer au conditionnel, vous verrez que c’est assez facile.

Une deuxième utilisation du conditionnel présent, c’est pour formuler un souhait. Par exemple, vous pourrez dire : « Je voudrais plus de vidéos de Français Authentique. » C’est un souhait et c’est beaucoup plus poli que la forme « je veux ». Si vous dites : « Je veux plus de vidéos de Français Authentique. », ça sonne un petit peu agressif, ce n’est pas très poli. Je sais que vous êtes nombreux à faire l’erreur et que ce n’est pas la mauvaise volonté de votre part, mais c’est pour ça que j’insiste sur ce point. Je le vois dans mes directs Facebook ou YouTube où on me dit : « Je veux ça, je veux ça ; Johan, je veux plus de podcasts, je veux que tu m’expliques ça. » Ce n’est pas offensant et moi, je ne le prends pas en mal du tout par contre, ce n’est pas très poli ; dire ça, c’est assez sec, c’est assez abrupt et il vaut mieux utiliser ici le conditionnel présent pour formuler ce genre de demande et dire : « Johan, je voudrais un podcast sur telle expression ; je voudrais plus de vidéos, etc. » C’est la deuxième utilisation du conditionnel présent, c’est pour formuler un souhait de façon polie.

Troisième utilisation, c’est pour formuler une hypothèse, pour dire quelque chose quand on n’en est pas tout à fait sûr. Par exemple : « Il se pourrait qu’il pleuve demain. » On n’est pas tout à fait sûr ici ; peut-être qu’il va pleuvoir demain, peut-être pas, mais on pense que oui, donc, on émet l’hypothèse qu’il va pleuvoir sans en être sûr et on dit donc : « Il se pourrait. » C’est du conditionnel présent. Quand on dit : « Qu’il pleuve demain. », c’est du subjonctif et là, je vous renvoie à ma vidéo que j’ai faite sur le subjonctif.

Quatrième utilisation du conditionnel – et là, vous allez mieux comprendre pourquoi on appelle ça le conditionnel : c’est parce qu’on s’en sert pour exprimer une condition, pour dire que quelque chose se passera ou se passerait si une condition était remplie. Par exemple : « Si j’avais moins de travail, je lirais plus. » Donc, ici, la condition, c’est « si j’avais moins de travail » ; on sait que ce n’est pas vrai, si on dit : « Si j’avais moins de travail. », c’est qu’on a beaucoup de travail, donc, si cette condition était remplie, alors je lirais plus. Donc, c’est souvent comme ça qu’on utilise le conditionnel, c’est pour dire qu’une chose se passerait si jamais une autre condition était remplie. On verra d’autres exemples par la suite qui vous aideront à mieux comprendre ça.

Pour ce qui est de la construction du conditionnel, il n’y a pas de difficulté majeure ici. Vous utilisez le radical du futur et vous utilisez la terminaison de l’imparfait – on va ensuite prendre deux exemples. [C’est] le radical du futur auquel on ajoute la terminaison de l’imparfait. Donc, c’est ais, ais, ait, ions, iez, aient. Par exemple, le verbe aimer, le radical du futur, c’est tout simplement l’infinitif, donc, pour conjuguer aimer au conditionnel présent, on dit :

J’aimerais

Tu aimerais

Il aimerait

Nous aimerions

Vous aimeriez

Ils aimeraient.

Pour le verbe « finir », c’est pareil : le radical conjugué au futur, c’est « finir » – c’est souvent le verbe à l’infinitif – et on rajoute les terminaisons à l’imparfait :

Je finirais

Tu finirais

Il finirait

Nous finirions

Vous finiriez

Ils finiraient

Donc, il n’y a pas de difficultés pour conjuguer au conditionnel. Ce qui est le plus complexe ou le moins intuitif pour quelqu’un dont le français n’est pas langue maternelle, c’est de savoir quand utiliser le conditionnel, mais une fois que vous avez bien compris les quatre cas que j’ai cités avant, c’est très facile à utiliser et à conjuguer. Passons maintenant au conditionnel passé qui, lui, a vraiment deux utilisations majeures.

La première, c’est pour exprimer une action du passé qui n’a pas eu lieu, ce qui nous cause un regret ou ce qui nous pousse à reprocher quelque chose à quelqu’un. Par exemple : « Si j’avais su que tu étais libre, je serais venu te voir. » Ici, le « serais venu », il est au conditionnel passé ; et vous voyez qu’ici, il y a un regret. On dit : « Si j’avais su que tu étais libre, je serais venu te voir. » Il  y a un regret parce qu’on se dit : « C’est quand même dommage ! », il y a cette idée ici de « c’est dommage, ça aurait été bien que je te vois ; j’avais envie de te voir. Tu avais certainement envie de me voir, mais ça ne s’est pas fait. » C’est une action du passé qui n’a pas eu lieu et on le regrette. Un autre exemple, ce serait : « J’aurais aimé que tu me téléphones. » « J’aurais aimé » ici est conjugué au conditionnel passé – on verra comment conjuguer au conditionnel passé juste après, c’est assez simple également. « J’aurais aimé », on le conjugue au conditionnel passé et ça représente quelque chose qui n’a pas eu lieu – « j’aurais aimé que tu me téléphones », ça veut dire que tu ne m’as pas téléphoné, donc, c’est une action du passé qui n’a pas eu lieu (tu ne m’as pas téléphoné). Et le fait de dire « j’aurais aimé », eh bien, ça éprouve un regret. « Tu ne m’as pas téléphoné, mais j’aurais bien aimé que [l’aies fait] tu le fasses. »

Pour ce qui est du reproche, par exemple, vous pouvez dire : « Tu aurais pu faire attention. » « Aurais pu » ici, c’est conjugué au conditionnel passé et il y a ici une idée de reproche : « Tu aurais pu faire attention. » Encore une fois, l’idée globale, c’est que c’est une action du passé qui n’a pas eu lieu (tu n’as pas fait attention) – c’est clair, c’est donc quelque chose qui n’a pas eu lieu et il y a une idée ici de reproche : tu aurais pu faire attention.

La deuxième utilisation majeure du conditionnel passé, c’est celle qu’on rencontre dans les journaux, que ce soit à l’écrit ou à l’oral pour essayer de faire passer une hypothèse ou pour dire quelque chose qui n’est pas encore vérifiée. Par exemple, imaginez qu’il y a eu un grave accident de voiture et que dans le journal, il marque : « Le conducteur de la voiture se serait endormi au volant. » « Il se serait endormi », c’est du conditionnel passé, mais on dit ça parce qu’on n’est pas sûr, en fait. C’est ce qu’on pense aujourd’hui, c’est une hypothèse, mais elle n’est pas encore vérifiée. Il se serait endormi au volant : on croit qu’il s’est endormi au volant, mais on n’est pas sûr à 100 %, c’est une hypothèse qu’on rapporte, qu’on relate et du coup, on utilise le conditionnel passé. Encore une fois, tout ce qui est lié aux hypothèses comme ça, c’est souvent utilisé dans les journaux.

Pour construire le conditionnel passé, c’est relativement simple également. On utilise les auxiliaires « être » et « avoir » que l’on conjugue au conditionnel présent et on ajoute le participe passé. Donc, au conditionnel présent, si je conjugue par exemple l’auxiliaire « être » :

Je serais

Tu serais

Il/Elle serait

Nous serions

Vous seriez

Ils/Elles seraient

Et si je conjugue l’auxiliaire « avoir » au conditionnel présent, j’obtiens :

J’aurais

Tu aurais

Il/Elle aurait

Nous aurions

Vous auriez

Ils/Elles auraient

Et à ces auxiliaires (« être/avoir ») qu’on a conjugués au conditionnel présent, on ajoute un participe passé : pu, vu, du, lu, le participe passé du verbe qu’on souhaite ici utiliser.

Juste pour être complet, il existe une autre forme de conditionnel passé – ce qu’on appelle le conditionnel passé deuxième forme. On l’utilise très peu ; c’est surtout utilisé dans la littérature, donc, on va faire l’impasse dessus, [mais] sachez tout du moins que ça existe.

Voilà, les amis, j’espère que cette vidéo vous aura aidés. Merci de m’avoir regardé. Encore une fois, pas de stress, ce n’est pas ce qu’on vient de dire-là qui va vous faire parler le français, ça, c’est clair et net. Et je comprends, je suis dans votre cas, j’ai appris deux langues étrangères que je maîtrise – et j’en apprends une troisième : j’ai envie de parler de la façon la plus correcte possible, j’ai envie de maîtriser la conjugaison et la grammaire. Ça, c’est légitime et je salue le fait que vous preniez le temps d’essayer de vous améliorer, mais le danger ici, encore une fois, c’est de stresser, de trop vous focaliser sur le conditionnel, être vraiment focalisé à fond sur la théorie et du coup être freiné, être empêché de parler à l’oral. Donc, pas de stress, prenez votre temps, écoutez beaucoup, essayez avec l’esprit Kaizen au quotidien de plus comprendre, de mieux maîtriser, mais ça ne doit pas vous freiner dans votre expression orale.

Avant de nous quitter, je vous rappelle que si vous souhaitez aller plus vite et plus loin dans votre apprentissage du français, vous pouvez vous procurer un des cours de Français Authentique, un de mes packs de leçons. On n’y parle pas grammaire, on n’y parle pas conjugaison, mais c’est du contenu en français authentique que j’ai créé avec un objectif – j’ai un seul objectif avec mes produits : c’est de vous faire passer de l’état de compréhension à l’état d’expression, faire en sorte que vous qui me regardez et qui comprenez ce que je dis arriviez au  bout d’un certain temps d’étude à parler le français. Je veux que vous passiez de cet état de compréhension à l’état d’expression et mes trois cours, ils ont été faits avec cet objectif et les près de 9.000 personnes qui se sont procurées ces cours tendent à confirmer que ça fonctionne. Le tout en prenant du plaisir et en faisant partie de la communauté Français Authentique.