15 Juin Comment arrêter de traduire dans ta tête
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Transcription de la vidéo :
Salut ! Tu connais ce moment délicat, tu veux dire une phrase en français, mais ton cerveau cherche désespérément la traduction du mot « stylo » depuis ta langue maternelle, pendant que ton interlocuteur attend. Ce mot, tu le connais dans ta langue maternelle, mais tu cherches à le traduire. Et aujourd’hui, nous allons voir ensemble comment mettre fin à ce problème.
Parce que traduire dans sa tête, même si c’est un réflexe normal, c’est un vrai problème. Ça détruit complètement la fluidité. En fait, quand on y pense, la traduction en temps réel, c’est un vrai métier. Il y a des gens qui font des années d’études pour être capables de traduire d’une langue à l’autre en simultané.
Et si tu essaies de traduire dans ta tête en parlant, tu vas forcément bloquer. Parfois, le mot qui existe dans ta langue maternelle n’existe pas en français. Parfois, il te faudra plusieurs mots en français pour dire la même chose. Donc, la traduction ne fonctionne pas. Et j’insiste beaucoup sur ce problème parce que c’est une des raisons majeures de ton blocage.
Et vous êtes vraiment très nombreux à me contacter en disant « Johan, je comprends le français, mais je bloque quand je dois parler ». Donc, vous êtes très nombreux à être concernés par ce problème qu’on peut résoudre ensemble.
Je voudrais te proposer trois exercices simples que tu vas pouvoir faire chez toi, tranquillement, pour entraîner ton cerveau à ne plus traduire depuis ta langue maternelle. Le premier exercice, ça va être l’association, sans passer par ta langue maternelle.
L’idée ici, c’est qu’elle va être d’interdire d’une façon consciente à ton cerveau de faire le lien entre un mot français et le même mot dans ta langue maternelle. Tu vas refuser de passer par ta langue maternelle. Si ta langue maternelle est l’anglais et que tu penses au mot « chien » en français, tu vas t’interdire d’avoir le mot « dog » en tête. Tu vas essayer d’oublier le mot « dog » pour un instant. Tu vas te focaliser sur le mot « chien ».
Il y a plusieurs façons de le faire. Il y a plusieurs façons de pratiquer cette technique de l’association. La première, c’est d’utiliser des images. C’est comme ça qu’apprennent les enfants. Quand on apprend notre langue maternelle, par définition, on n’a pas encore de langue maternelle, donc on ne peut pas traduire d’une langue à l’autre. Donc, qu’est-ce qu’on fait ?
Je l’ai vu avec mes trois enfants. On utilise des images et on dit : « tiens, ça, c’est un chien ». On ne va pas parler de dog, forcément.
Donc, on dit ça, c’est un chien. Donc, l’enfant, il voit l’image d’un chien, il se représente ce qu’est un chien et il pense dans sa tête au mot « chien ». Tu peux faire pareil dans ta pratique du français.
Il existe des méthodes toutes faites où tu as une carte avec le mot et l’image, c’est souvent des livres pour enfants d’ailleurs. Donc, tu peux te procurer un livre pour enfants si tu as envie d’améliorer ton vocabulaire dans un domaine particulier, ou tu peux te créer tes propres images avec internet aujourd’hui.
Tu vas sur Google Images, tu tapes le mot que tu as envie d’illustrer et tu vas avoir plein d’images, plein de photos. Donc, soit tu imprimes, soit tu télécharges cette image et, à côté de l’image, tu marques le mot en français. Comme ça, tu associes une image à un mot.
Cette technique, je l’ai découverte dans un livre qui s’appelle « Fluent Forever » de Gabriel Weiner, et il décrit exactement comment créer des cartes pour apprendre en utilisant cette méthode. Personnellement, je l’ai peu utilisée, un petit peu en allemand au début. Elle s’adresse surtout à ceux qui ont un niveau qui n’est pas encore très avancé, mais je t’invite à l’essayer si tu as envie d’aller un peu plus loin et d’arrêter de traduire dans ta langue maternelle.
Un autre moyen de pratiquer l’association sans passer par sa langue maternelle, c’est d’avoir un dictionnaire 100 % en français.
Ça, pour le coup, je l’ai utilisé quand j’étais à l’université. Ma prof d’anglais nous disait tout le temps : « N’utilisez pas, quand vous ne connaissez pas un mot, un dictionnaire français-anglais. Ayez un dictionnaire 100 % anglais. » Donc j’avais acheté un Collins, un gros dictionnaire Collins, dans lequel on m’expliquait tous les mots anglais que je souhaitais en anglais. Donc quand tu utilises ce type de dictionnaire en français, tu ne vas pas avoir écrit « chien = dog », tu vas avoir écrit « chien = animal à quatre pattes domestiqué par l’homme depuis des millénaires ». Donc c’est beaucoup plus de travail évidemment d’utiliser ce type de dictionnaire, mais c’est beaucoup plus riche et tu vas avoir une association directe entre le chien que tu vas voir dans ta tête à partir de la description du dictionnaire et le mot « chien » que tu retiendras pour toujours.
Un autre moyen super puissant de pratiquer l’association, bien sûr ça ne fonctionne pas avec tous les mots, mais quand ça marche, quand c’est possible, c’est archi-puissant. C’est d’utiliser les émotions. Donc par exemple, je prends un exemple un peu bête juste pour te faire comprendre, imagine que tu souhaites apprendre le mot « glacial », donc « glacial », ça veut dire très, très froid, comme de la glace, eh bien tu peux très bien prendre des glaçons dans ta main et fermer les yeux et te dire : « oh là là, c’est glacial ». Les émotions, on a tendance à les sous-estimer, mais c’est un moyen d’apprentissage énorme.
C’est pour ça qu’on se souvient souvent de choses qu’on a pu sentir quand on était enfant. Il y a certaines odeurs qui nous rappellent notre enfance.
Les émotions peuvent être liées à des sons aussi. C’est pour ça que je te recommande d’apprendre le français avec la musique. Je suis en train, justement, de travailler sur un module de l’Académie Française Authentique sur les dix chansons françaises les plus probablement connues. Mais la musique, ça te permet aussi d’avoir des émotions. Donc, si tu arrives à lier un mot particulier ou une expression à une émotion, tu vas la retenir très facilement sans passer par ta langue maternelle. Donc, n’oublie pas d’essayer cet exercice d’association via les différents moyens que je t’ai proposés.
Avant de passer au deuxième exercice, je te propose de tester ton français. Il y a un lien dans la description, tu peux déjà l’ouvrir dans un nouvel onglet, et ce lien t’amène vers un quiz de 10 questions qui t’aidera à évaluer ton niveau de français. Donc, tu peux faire ce quiz une fois, deux fois, dix fois, comme tu veux. On a des étudiants qui le réalisent chaque semaine pour voir leur progrès. Il est 100 % gratuit, il est sur notre site ; suis le premier lien dans la description.
Le deuxième type d’exercice pour faire en sorte de ne plus traduire dans ta tête, c’est la narration interne. C’est tout simplement le fait de se raconter des histoires à soi-même. C’est super facile à faire, surtout si tu le fais dans ta tête, en interne. Bien sûr, tu te racontes ces histoires en français. Et tu peux, par exemple, quand tu es dans la voiture et que tu rentres du travail, tu peux te raconter ta journée dans ta tête, en français.
Donc, tu n’auras pas de stress, tu ne seras pas gêné par ton accent, mais ça va te donner ce réflexe de penser directement en français.
Donc, zéro traduction, juste de la pensée en français en te racontant ta journée. Tu peux aussi te dire : ok, je vais raconter ce que je vais faire demain, ou alors je vais parler de mon humeur, comment je me sens. Tu peux aussi organiser des petits débats avec toi-même. Par exemple, tu prends un sujet, je ne sais pas, les éoliennes pour ou contre. Et dans un premier temps, tu dis pourquoi tu es pour ; dans un autre temps, tu dis pourquoi tu es contre, et tu fais une synthèse.
Donc, toutes ces choses, tu les fais dans ta tête et ça te pousse, ça t’aide à pratiquer sans passer par ta langue maternelle. Si tu veux aller encore plus loin, tu peux le faire à haute voix, c’est encore mieux.
Plutôt que de te parler dans ta tête, tu fais toutes les choses qu’on vient de voir à haute voix. Le bon endroit pour faire ça, je te le recommande, c’est la douche. Parce que tu peux être sous la douche avec le bruit de l’eau, personne ne va t’entendre, personne ne va dire : « mais il est fou de parler tout seul » ; et je trouve que la douche c’est un bon endroit pour pratiquer à haute voix. Quand j’apprenais l’italien il y a quelques années, je me racontais ma journée en prenant ma douche ; j’étais sous la douche, je me parlais en italien. Et donc c’est plus de la narration interne, c’est de la narration externe ; on le fait à haute voix, mais c’est un outil super puissant que je t’invite à tester dès aujourd’hui. Très important, s’il te manque un mot, si tu veux raconter ta journée et qu’il te manque un mot, ne bloque pas, ne panique pas, n’essaye pas de traduire depuis ta langue maternelle ; mais fais comme s’il y avait quelqu’un en face de toi et que tu devais absolument lui faire comprendre cette chose : tu l’expliquerais différemment, tu choisirais d’autres mots de vocabulaire. Fais pareil ; et justement, en t’entraînant à le faire seul, ça t’aidera à être prêt le jour où tu seras face à un interlocuteur.
Un autre super outil, c’est de chanter en français. Moi, je l’ai beaucoup fait avec l’anglais, par exemple ; je chantais en anglais, j’ai appris l’anglais grâce au groupe Oasis que j’écoutais tout le temps quand j’étais jeune. Et ici, ça te permet d’ajouter la dimension émotionnelle dont j’ai parlé tout à l’heure et qui ancre les choses. Il y a plein de mots que j’ai appris dans les chansons d’Oasis ; donc, typiquement, je prenais les paroles de la chanson, je regardais grâce à un dictionnaire en anglais le sens des mots que je ne connaissais pas ; et, au moment de chanter, je me visualisais un petit peu, je visualisais les choses. Malheureusement, Oasis, ce n’est pas forcément le meilleur des groupes pour apprendre du vocabulaire avancé ; mais il y a plein de super musiques en français qui pourraient t’aider à apprendre du vocabulaire et à le pratiquer sans traduire dans ta tête.
Le troisième exercice pour apprendre le français sans traduire, c’est l’exposition authentique. J’en parle depuis 2011 ; c’est à la base de mon système d’apprentissage naturel, c’est à la base des 7 règles de Français Authentique ; donc, rien d’étonnant, je le répète depuis des années ; mais c’est clairement la chose qui fonctionne, c’est la chose qui fait qu’on arrive à parler sans traduire.
En fait, avec cet exercice, tu vas avoir 3 niveaux d’écoute. Le premier, c’est l’écoute passive. Tu vas écouter pendant tes temps morts, quand tu fais du sport, quand tu es dans les transports en commun, quand tu promènes le chien, tu vas écouter du français d’une manière un peu passive. Ça, ça va t’aider à te familiariser avec le français.
Ensuite, tu vas avoir l’écoute active. Donc, là, tu vas essayer d’écouter en lisant, par exemple, la transcription. Tu vas souligner les mots que tu ne comprends pas, et tu vas chercher leur sens avec un dictionnaire en français directement. Donc, cette phase d’étude ou d’écoute active, elle va te permettre de comprendre 80-90 % du contenu.
Et le niveau 3, ça va être l’écoute répétée. Donc, tu vas écouter 5, 7, 10 fois le contenu que tu as travaillé d’une manière active. Donc, l’idée, c’est de choisir un contenu qui te passionne.
Il y a des contenus, notamment en italien, quand je suivais les vidéos de mon ami Alberto d’Italiano Automatico, il y a des contenus que j’ai écoutés 30 fois. D’autres, en anglais, de Jim Rohn, que j’ai écoutés 50 fois, peut-être.
L’idée, c’est de sélectionner quelques contenus qu’on aime. Tu commences par écouter d’une manière un peu passive, ensuite d’une manière active pour tout comprendre, et ensuite tu réécoutes, réécoutes, réécoutes pour avoir une vraie exposition authentique et tu verras que si tu fais ça, tu ne traduiras plus dans ta langue maternelle. Tu seras focalisé directement dans le contenu en français.
Encore une fois, c’est vraiment ce troisième exercice, le cœur de la méthode française authentique qui a aidé plus de 5 millions de personnes depuis 2011. Donc voilà, je t’invite à vraiment choisir un exercice qui t’inspire ici.
Ça peut être l’association, ça peut être la narration interne ou externe, de raconter des histoires dans ta tête ou à haute voix, ou ça peut être l’exposition authentique. Une des trois où tu peux en combiner plusieurs ; plus tu suivras ces trois exercices, plus tu arriveras à t’exprimer sans traduire dans ta langue maternelle. Bien sûr, tout ce que j’ai dit aujourd’hui s’applique plutôt à des gens qui ont déjà un bon niveau, qui ont un niveau intermédiaire, avancé, qui comprennent ce que je dis.
Pour quelqu’un qui est plus débutant, ou si toi, tu veux apprendre une autre langue, au début, c’est difficile de ne pas passer par sa langue maternelle. Donc, tout ce que je t’ai dit aujourd’hui, ça s’adresse aux gens qui comprennent déjà bien et qui veulent passer à l’expression. Celui qui débute et qui veut se familiariser avec la langue a besoin, au tout début, en tant que débutant, de traduire depuis ou dans sa langue maternelle, c’est évident.
Donc, voilà pour aujourd’hui ; fais vraiment ces exercices, j’insiste : dis-moi en commentaire lequel t’inspire le plus, premier exercice, deuxième exercice, troisième exercice. Ça te permet de pratiquer un peu le français et fais-le vraiment ; si tu le fais pour 30 jours, je te garantis que tu auras des résultats, c’est clair et net, comme je te le disais tout à l’heure. Tu as la possibilité de suivre un quiz, c’est le premier lien dans la description, et ça t’aidera à évaluer ton niveau de français.
Donc, suis le premier lien dans la description ; si tu as aimé cette vidéo, fais-le savoir en laissant un petit « j’aime ». Tu peux aussi la partager avec tes amis qui apprennent le français. Rejoins-nous, rejoins la grande famille de Français Authentique en t’abonnant à la chaîne YouTube et en activant les notifications. Merci d’avoir passé ce petit moment avec moi, et je te dis à très bientôt pour du nouveau contenu en français authentique. Salut !