Bayer aux corneilles

Bayer aux corneilles

Dans l’épisode d’aujourd’hui, je t’explique le sens de l’expression “Bayer aux corneilles”

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Ressource(s) évoquée(s) dans l’épisode :

 

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Transcription de l’épisode :

Salut ! Merci de me rejoindre encore une fois pour un nouvel épisode du podcast de Français Authentique. Aujourd’hui, nous allons étudier ensemble une expression idiomatique française, que je trouve amusante, j’aime beaucoup cette expression. Cette expression s’appelle « bayer aux corneilles ». Tu verras du coup que ça nous fera un bel exercice de prononciation, puisque le mot « corneille » peut poser certains soucis aux non francophones.

Avant de passer au contenu, comme d’habitude, laisse-moi te rappeler que tu as jusque ce soir, donc dimanche 11 juillet, ce soir, à 23h59 heure de Paris, pour te procurer un des cours de Français Authentique en promotion. Nous avons une semaine de promotion d’été. Donc, c’est maintenant ou jamais, si tu veux en profiter. Et si tu veux ajouter un des cours de Français Authentique à ta bibliothèque afin de progresser un petit peu cet été, tu peux notamment aller jeter un œil à « 30 jours pour booster ton français », qui est un cours qui rencontre un grand succès depuis sa sortie au mois de novembre dernier.

Tu as le lien dans la description de cet épisode pour en profiter au plus vite. Tu peux l’ouvrir dès maintenant, peut-être, ce lien et aller le voir à la fin ou aller étudier un petit peu cette page à la fin, une fois que tu auras écouté cet épisode jusqu’au bout.

Alors, qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire « bayer aux corneilles » et que veulent bien dire ces deux mots, « bayer » et « corneille » ? Le verbe “bayer”, tu le connais certainement, ça veut dire avoir la bouche ouverte en grand. Tu connais peut-être « bâiller » avec un accent circonflexe sur le « a », qui est une chose qu’on fait quand on est fatigué. Quand tu es très fatigué, tu fais « Ha…Haou….. » avec la bouche ouverte. Ça, c’est bâiller. L’orthographe est différente. Quand tu es fatigué, quand tu t’ennuies ou même quand tu as faim.

Mais « bayer », ici, dans le sens de cette expression, c’est avoir la bouche ouverte en grand. C’est un mot qu’on n’utilise plus vraiment en dehors de l’expression. On n’utilise pas le mot « bayer » dans ce sens-là en dehors de l’expression, mais ça veut dire avoir la bouche ouverte en grand, a, non pas en bâillant, « Ha…Haou….. » comme tu peux parfois le faire, je pense, mais en ayant la bouche ouverte et en étant immobile avec la bouche ouverte en grand.

Les « corneilles », ce sont des oiseaux. Une corneille, c’est un oiseau qui ressemble un peu au corbeau. Je crois qu’ils font partie de la même famille. C’est un peu plus petit que le grand corbeau. Ça a une queue arrondie et un plumage un peu terne. Mais au XVIe siècle, quand on parlait de corneille, on parlait d’objet insignifiant, qui n’avait aucune importance ou aucun intérêt. Aujourd’hui, le mot « corneille » est employé exclusivement pour parler des oiseaux qui ressemblent aux corbeaux, mais à l’époque, il y a j’allais dire quelques décennies mais plus que ça, il y a quelques centaines d’années, quelques siècles, quand on parlait de corneille, on parlait d’objet sans importance.

Du coup, cette origine, « bayer aux corneilles », elle a aussi 400 ans ou un peu plus de 400 ans, puisqu’au XVIe siècle, bayer aux corneilles, ça voulait dire rester la bouche ouverte à regarder en l’air, contempler des choses qui n’avaient aucun intérêt, puisque les corneilles, c’était des choses sans importance, sans intérêt.

Et aujourd’hui, quand on dit à quelqu’un qu’il baye aux corneilles, ça veut dire qu’il est en train de faire quelque chose qui n’a aucun intérêt ou alors qu’il ne fait rien et qu’il rêve, qu’il est à ne rien faire. Alors, il y a un petit peu l’idée quand même qu’il devrait faire quelque chose, qu’il devrait nous aider, mais au lieu de ça, il est en train de ne rien faire, de rêver pendant que les autres travaillent.

On va voir quelques exemples qui te permettront de bien comprendre comment s’emploie cette expression au quotidien.

Tu peux avoir des amis qui discutent et qui disent : « Tiens, on était en train d’aider un ami à déménager et il y a Jean qui bayait aux corneilles pendant que nous on travaillait ». En disant ça, on indique que Jean, il était à rien faire, il ne faisait rien, il rêvait, il regardait en l’air, il fixait des objets, pendant que ses amis travaillent. Souvent, quand on emploie « bayer aux corneilles », c’est utilisé de façon un peu négative pour dire quelqu’un ne fait rien, est en train de rêver, alors qu’il devrait soit aider les autres, soit être en activité.

Tu peux entendre une personne qui dit : « Je m’inquiète pour elle parce qu’elle ne prend pas ses études au sérieux. Elle a bayé aux corneilles toute l’année ». Donc, encore une fois, ici, tu entends une personne s’inquiète pour une autre parce qu’elle n’a rien fait de l’année à l’école, elle n’a pas travaillé, elle n’a pas été sérieuse à l’école, elle n’a pas étudié, mais elle bayait aux corneilles, c’est-à-dire elle ne faisait rien, elle rêvait. Pendant que le professeur expliquait les notions importantes au tableau, elle regardait par la fenêtre, parfois elle avait la bouche ouverte à penser à son week-end. Elle ne faisait rien, elle bayait aux corneilles.

Tu comprends bien le sens hein. Tu vois qu’on peut aussi utiliser « bayer aux corneilles » quand on dit qu’on se repose, mais on se repose et qu’on ne fait rien du tout. Par exemple, quelqu’un peut te dire : « Écoute, j’ai passé un week-end très tranquille, j’ai juste bayé aux corneilles ». Ça veut dire je n’ai pas eu d’activités, je n’ai pas rencontré de gens, je n’ai pas eu de travail, je ne suis pas allé faire les courses, je suis resté chez moi à ne rien faire et à rêver. On dit que j’ai bayé aux corneilles tout simplement.

Donc, voilà un peu pour le sens de cette expression. Je pense que c’est tout à fait clair pour toi maintenant. Ce que je te propose de faire, avant que tu ailles voir la page de promotion sur les cours de Français Authentique, c’est que tu pratiques un peu ta prononciation avec moi, et on va voir un petit peu aussi à la négation, on va travailler la négation et on va aussi travailler à ce qu’on appelle l’élison, c’est-à-dire on va couper un peu les mots comme les Français aiment beaucoup le faire. Donc, je vais prononcer les phrases et je vais te laisser copier ma prononciation, mon intonation, et je vais te laisser répéter exactement comme moi.

Je baye aux corneilles.

Je ne baye pas_aux corneilles.

Tu as vu que j’ai fait la liaison ici entre « pas » et « aux », j’ai dit « je ne baye pas_aux corneilles ». Et pour la négation, on peut aussi dire :

Je n’baye pas aux corneilles.

Je n’baye pas aux corneilles.

Ici, je n’ai pas fait la liaison. La liaison, ici, entre « pas » et « aux », elle n’est pas obligatoire. Donc, on l’a fait souvent dans un registre un peu plus soutenu. Si je coupe, si je dis « je n’baye pas aux corneilles » au lieu de dire « je ne baye pas aux corneilles », eh bien en coupant en fait, je ne parle plus de façon soutenue et du coup, la liaison ne se fait plus. Donc, tu peux dire : « Je ne baye pas_aux corneilles », c’est un peu plus soutenu que « je n’baye pas aux corneilles ».

On passe à la suite.

Tu bayes aux corneilles.

Tu ne bayes pas_aux corneilles.

Tu n’bayes pas aux corneilles.

Il baye aux corneilles.

Il ne baye pas_aux corneilles.

Il baye pas aux corneilles.

Elle baye aux corneilles.

Elle ne baye pas_aux corneilles.

Elle baye pas aux corneilles.

Tu vois, dans la façon un peu familière, on peut dire… alors, on dirait « il ne baye pas », parfois on peut dire « il n’baye pas », c’est-à-dire le « n » on le prononce à peine, ce serait un « n’ », ou on peut dire « il baye pas ». Donc le « ne », il peut soit être prononcé complètement, « ne », soit on prononce qu’une partie, le « n’ », soit on ne le prononce pas.

Il baye pas aux corneilles, auquel cas c’est vraiment du parler oral et plutôt familier.

On fait la suite.

Nous bayons_aux corneilles.

Nous ne bayons pas_aux corneilles.

Nous bayons pas aux corneilles.

Vous bayez_aux corneilles.

Vous ne bayez pas_aux corneilles.

Vous bayez pas aux corneilles.

Ils bayent_aux corneilles.

Ils ne bayent pas_aux corneilles.

Ils bayent pas aux corneilles.

Elles bayent_aux corneilles.

Elles ne bayent pas_aux corneilles.

Elles bayent pas aux corneilles.

Super. Alors, j’espère que tout ça, ça t’a plu, ça t’a aidé. N’oublie pas d’aller jeter un petit coup d’œil au lien qui se trouve dans la description pour découvrir tous les cours de Français Authentique en promotion. Il te reste quelques heures, donc c’est maintenant ou jamais.

Merci de suivre le podcast et à très bientôt. Salut !