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À force de vouloir mieux vivre, on oublie de vivre

Ressource(s) évoquée(s) dans l’épisode :

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Transcription de l’épisode :

Salut à tous, et merci de me rejoindre pour ce nouvel épisode de Marchez avec Johan. Alors, attends, j’ai mal saisi mon micro.

Voilà, je suis un peu mieux maintenant. Merci de me rejoindre, c’est un plaisir et un honneur de t’avoir avec moi aujourd’hui pour cette marche. Et comme chaque mercredi, nous allons aborder ensemble un sujet de développement personnel. Et tu l’as vu dans le titre, je pense qu’il résume bien ce dont on va parler aujourd’hui. A force de vouloir mieux vivre, eh bien, on oublie de vivre. Et ça, je pense que c’est une chose dont beaucoup de monde souffre à un moment, surtout ceux qui sont comme moi, un peu toujours dans l’optimisation, la réflexion, la planification, l’amélioration continue. Et on va voir aujourd’hui que, comme toutes les bonnes choses, l’excès est mauvais. Et déjà, ce qu’il faut comprendre, c’est que l’amélioration de soi, quand on cherche à s’améliorer, à devenir meilleur, eh bien, ça peut devenir une forme de tension permanente. Et ça m’est arrivé, évidemment. Je partage beaucoup de mes erreurs dans ce podcast. Il y a beaucoup de choses que j’ai faites, et qui ont parfois été poussées à l’extrême.

Mais pendant longtemps, j’ai vu l’optimisation comme quelque chose de super positif, de parfait. Bien sûr, c’est souvent positif de s’améliorer. Tu vois, je me dis : « allez, je veux progresser, je veux mieux gérer mon temps, je veux mieux investir, je veux mieux travailler pour Français Authentique, pour mieux être utile, je veux mieux organiser ma vie, mieux prendre soin de ma santé, mieux apprendre, mieux décider ». Et tout ça, ça part bien sûr d’une bonne intention. On le fait toujours avec une bonne intention. Et le problème n’est clairement pas l’amélioration en soi. Le problème, c’est quand le moment, en fait, c’est le moment où cette logique, elle prend toute la place et elle finit par nous éloigner de la vie réelle. Et je pense que beaucoup de personnes sérieuses et consciencieuses ont vécu ça, beaucoup sont tombées dans le piège, peut-être sans s’en rendre compte, des personnes qui cherchaient juste à bien faire et à mieux faire, et qui, à force de vouloir bien faire partout, on finit par être tout le temps tendu, finalement, parce que si on réfléchit bien et qu’on regarde bien, il y a toujours quelque chose à ajuster, il y a toujours quelque chose à améliorer, il y a toujours quelque chose à sécuriser, il y a toujours quelque chose à corriger dans notre vie.

Et quand on fait ça, le cerveau ne se repose plus vraiment, on est toujours en mode optimisation. Et mon ami Alberto, dont je parle très souvent, d’Italiano Automatico, il me dit, puisqu’on parle en anglais ensemble, à chaque fois que je dis : « ah, tiens, ça, il faudrait le rendre meilleur, ça, l’améliorer », il me dit toujours : « yes, but it never ends », ça ne finit jamais. Et il a raison, parce que quand j’aurai optimisé ou amélioré la petite chose qui me tracasse aujourd’hui, et bien, il y aura 3, 4, 5 autres choses qui vont arriver derrière. Et ça, quand on est tout le temps en mode optimisation, c’est trompeur et c’est dangereux. Parce que ça ressemble à de la sagesse, ça ressemble à de la discipline, ça ressemble à de la responsabilité pure. Mais parfois, c’est, et je pense que c’est ce qui m’a posé problème pendant longtemps, et qui n’est pas résolu encore dans ma vie, c’est aussi une difficulté à habiter dans le présent. C’est une difficulté à finalement accepter qu’une vie humaine, elle sera toujours, toujours, toujours partiellement désordonnée, partiellement incomplète, partiellement imparfaite.

On veut toujours améliorer, mais en réalité, parfois, on cherche juste à apaiser une inquiétude intérieure. Et moi, je le vois dans ma propre vie. J’ai cherché très longtemps à améliorer et optimiser mon travail, mon lieu de vie, mes investissements pour la liberté financière de ma famille, mes routines, mes apprentissages, ma santé. Parfois, cette recherche me coûtait plus qu’elle ne m’apportait en termes de paix d’esprit, d’énergie mentale, de présence pour ma famille.

Et quand on pousse ça à l’extrême, évidemment, c’est néfaste. Donc, la vraie question, au fond, c’est peut-être celle-ci, la question qu’on devrait se poser.

À partir de quel moment l’amélioration de soi, l’amélioration personnelle, cesse d’être une aide, mais ça devient une tension. C’est assez difficile de trouver l’idéal et la réponse parfaite à cette question, mais c’est vraiment une question qu’on devrait tous se poser à un moment donné et essayer d’y répondre régulièrement. Tu vois, je peux prendre quelques petits exemples concrets pour te montrer quand la recherche du mieux, ou quand la volonté d’optimisation, d’amélioration, commence à coûter trop cher.

Déjà, le premier point, ce serait ce que j’en ai parlé récemment, je pense que c’était dans mon épisode de la semaine dernière, je n’ai pas encore décidé à 100 % de mon lieu de vie à long terme, puisque je vis aux Émirats Arabes Unis et la situation, de février-mars ou mars-avril-mai 2026, c’est plutôt instable. Et du coup, pendant des semaines, j’ai analysé plein de destinations possibles, parce que, en fait, je me suis dit : « allez, Johan, tu vas voir ça comme une chance ». Si tu dois quitter les Émirats Arabes Unis, peut-être que c’est le signe que tu peux repartir d’une feuille blanche et tu peux rebâtir un truc super pour ta famille, avec la possibilité que les enfants se développent, apprennent des nouvelles langues, etc. J’ai donc commencé à réfléchir à plein de destinations possibles. J’ai la chance d’avoir beaucoup voyagé, notamment en Europe. J’ai commencé à considérer des villes que Céline et moi avons adorées. J’ai pensé à Prague, à Budapest.

J’ai adoré aussi passer du temps au Maroc. J’ai considéré le Maroc. J’ai commencé à me dire qu’il y aurait peut-être un plus petit pays dans lequel on parle plusieurs langues qui seraient intéressants.

Donc, j’ai pensé à la principauté d’Andorre, j’ai pensé à la Suisse, j’ai pensé à un retour en France. Tu vois, j’ai pensé à plein, plein, plein de choses. Et en soi, c’est OK.

Tu repars d’une feuille blanche, tu réfléchis, il n’y a pas de mal à ça. Sauf qu’à chaque fois, je pesais les avantages, les inconvénients, les coûts, la bureaucratie, les écoles, la stabilité, la qualité de vie, la proximité avec la France, la paix pour la famille, le potentiel pour Français Authentique ; et en fait, même si sur le papier la réflexion elle est légitime à un moment, rechercher le lieu optimal et parfait, ça commence à devenir un coup, en fait, un coup en disponibilité intérieure, un coup en présence pour ma femme et mes enfants, comme si rechercher le meilleur cadre de vie m’empêchait de vivre la vie que j’avais actuellement, en fait.

Tu vois, c’était pareil à un moment où j’ai voulu structurer les investissements de ma famille, pour que nous puissions vivre librement dans le futur. Puisque, en tant qu’entrepreneur, je ne cotise pas à la retraite, etc. Donc, je suis responsable de ma propre liberté financière lorsque je ne travaillerai plus ; et pareil là, j’ai construit des cadres très réfléchis, avec plein de concepts, des intermédiaires, une grande diversification des choses pour nous protéger, et là aussi, c’est sain, mais parfois je repoussais des décisions, je faisais une chose, je revenais dessus, parce que le perfectionnement du plan, qui me donnait l’impression de maîtriser, devenait juste trop, en fait.

Et il y a aussi un autre exemple qui me revient : c’est la tension entre l’amélioration continue et le repos. Je parle beaucoup du Kaizen dans le cadre de Français Authentique, qui est de dire, en fait, tu dois, en français, dans les langues et dans tout autre apprentissage ou compétence, eh bien, il est important de s’améliorer un tout petit peu régulièrement, donc un tout petit peu tous les jours, plutôt qu’une fois de temps en temps.

Il vaut mieux écouter 20 minutes de français tous les jours que 4 heures le samedi, par exemple. Et j’aime beaucoup cette idée du Kaizen, l’idée des petits pas, des petites progressions.

Ça m’a beaucoup aidé et ça m’aide encore aujourd’hui. Mais il peut y avoir des dérives. Quand un hobby comme les échecs devient presque compulsif, comme j’en ai parlé récemment, ou quand une routine matinale devient une liste à cocher. Ça m’est arrivé à une époque, j’avais vraiment ma liste à cocher tous les matins. Je me levais tôt, je voulais faire du sport, du yoga, de la méditation, de la respiration, apprendre l’italien. Donc j’avais une longue liste de choses à cocher. Et en fait, ce n’était plus vraiment nourrissant comme ça l’est aujourd’hui. J’ai une routine matinale simple, je ne coche aucune case. Et je fais des choses qui me stabilisent.

Donc tu vois, parfois il y a un équilibre à trouver entre optimisation et simplicité. Et j’ai plein d’autres exemples, tu vois, je pourrais te parler de français authentique, où j’ai parfois complexifié les choses. Pareil dans mes apprentissages aussi, mes apprentissages eux-mêmes, où des fois j’en faisais un petit peu trop, au lieu de me dire : « Bon, à quel moment l’accumulation de connaissances sert-elle l’action ? » À quel moment, ça devient inutile de continuer d’empiler des choses, d’empiler des lectures, alors que je ne les utilise pas, tu vois.

C’est bien d’être curieux, d’avoir de la culture générale, mais parfois, c’est un peu une sorte d’anxiété déguisée, et on se dit : « Je vais apprendre, apprendre, apprendre », sans agir et sans appliquer. Donc tu vois, parfois, et j’essaie de l’appliquer, et je suis loin d’être parfait, comme tu l’as pu le comprendre sur ce sujet, il faut parfois cesser d’optimiser pour recommencer à vivre, tout simplement.

Tout ne doit pas être optimisé. Ou plutôt, tout ne doit pas être optimisé en permanence.

Une vie bonne, ce n’est pas une vie où chaque paramètre est géré au plus fin.

Chaque paramètre est parfaitement équilibré. C’est plutôt une vie dans laquelle les choses essentielles sont à leur place et on accepte qu’une partie du reste soit imparfait, sinon on est dans une lutte sans fin contre le réel, en fait, et tu vois, dans tout ça, il y a une petite ironie : c’est que ce que j’enseigne beaucoup dans le cadre de Français Authentique, c’est ce que je devrais moi-même me rappeler, parce que je dis souvent : il ne faut pas stresser, il faut faire confiance au processus, à l’acquisition naturelle du français, il ne faut pas chercher à tout maîtriser, il ne faut pas exiger des résultats immédiats. Je dis souvent que la progression, elle vient souvent de la régularité, de la patience, du plaisir et de la confiance. Et au fond, c’est vrai pour la vie, en fait.

Donc, je connais le remède. La vraie question est : est-ce que j’arrive à me l’appliquer suffisamment ? Parce qu’à un certain stade, on n’est pas là pour chercher tout le temps à ajouter sans cesse des nouvelles optimisations. Parfois, on peut se contenter de ce qu’on a. On peut se dire que c’est suffisamment bon. Assez, c’est assez. Et on n’est pas toujours obligé d’être un peu accro, tel un junkie à l’optimisation. Je m’en suis aperçu à différents moments. Quand je faisais mes marches, et en fait, je me suis dit : « Non, mais attends, chaque fois que tu marches, tu penses à des choses à améliorer. » Oublie ça pour l’instant. Regarde, tu as un beau ciel bleu, t’as des oiseaux qui chantent, t’as des beaux arbres, de la belle nature.

Quand je suis au bord de la mer, il y a la mer, le bruit des vagues. Donc, voilà, profite de tout ça. Au lieu de te dire : « Ah, ouais, mais il y a vraiment ce tout petit truc qui ne fonctionne pas », c’est comme si t’as une belle voiture qui te plaît, elle roule bien, tu la trouves jolie, elle est confortable, elle ne consomme pas beaucoup d’essence, mais il y a un tout petit bruit quand tu fermes la portière, tu vois, quand tu fermes la portière, t’entends un petit grincement. Et bien, tu peux soit te dire : « Bon, bah, voilà, c’est ce petit grincement de rien du tout, on a essayé de le régler, on n’y arrive pas, c’est pas grave », ou alors tu peux te dire : « Ça peut te rendre fou » et tu peux arrêter de profiter de ta voiture qui te plaît et te focaliser juste sur ce grincement, tu vois. Et c’est pareil pour tout, pour le lieu de vie dont je te parlais tout à l’heure, pour l’apprentissage, pour la qualité de vie, pour notre environnement de vie, ce ne sera jamais, en fait, parfait, il n’y aura jamais quelque chose où tout sera optimisé, on n’aura plus besoin de rien améliorer.

Et si notre paix dépend de la perfection, et bien, on va toujours la repousser, en fait. Donc, la vraie liberté, à mon sens, elle commence là. C’est quand on continue à progresser, mais sans se laisser posséder par la volonté ou par la logique d’optimisation.

Quand on est sérieux, mais pas tendu. Quand on fait sa part, quand on fait de son mieux, mais qu’on accepte de ne pas tout maîtriser. Quand on cesse de vouloir améliorer la vie, au point d’oublier de vivre.

Et ça, vraiment, je me dis, Johan, il faut vraiment changer ça. À force de vouloir rendre ta vie toujours plus optimale, tu risques de la rendre moins habitée.

Mais on sait que la vie est courte, donc il y a un moment, ça, c’est une chose qui m’avait marqué aussi, je l’avais lu dans un livre, je ne sais plus lequel, mais en fait, l’auteur disait : « quand tu mourras, ta liste de tâches ne sera pas vide ». Et ça, ça m’avait marqué, parce que tu sais, moi, j’étais toujours là à me dire : « ouais, ma liste de tâches, il faut que, quand je me couche, ma boîte mail soit vide, que j’aie fait toutes mes tâches, etc. »

Mais en fait, non, la vie est un éternel recommencement, la vie est bourrée d’imperfections et d’imprévus. Donc, le jour où je vais mourir, il y aura plein de choses qui ne seront pas gérées.

Je l’ai vu au moment où mon papa est décédé, au moment où mon grand-père est décédé. Bien qu’ils étaient tous les deux malades, qu’ils savaient qu’ils allaient probablement pas vivre très longtemps, il y avait plein de choses qui n’étaient pas réglées et gérées.

Et ce sera exactement la même chose pour moi, et je pense que c’est important de le garder en tête. Donc, voilà pour aujourd’hui, j’espère que ça t’a plu, que ça t’a inspiré. Si tu t’intéresses au développement personnel, je t’offre mon livre « 4 pilules pour une vie riche et sans stress » au format pdf. Il te suffit de suivre le lien qu’il y a dans la description, ou d’aller directement sur francaisauthentique.com/4p, comme « 4 pilules », et tu peux télécharger ce livre que tu pourras lire tranquillement, afin d’améliorer ton français, tout en améliorant ta vie.

Merci d’avoir été avec moi aujourd’hui, et je te dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Marchez avec Johan. Salut !