11 Mai 12 minutes pour comprendre le conditionnel
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Transcription de la vidéo :
Salut ! Imagine que tu es à Paris et que tu entres dans un café. Tu dis au serveur « Bonjour, je veux un café ». Et là, tu sens qu’il te regarde un peu bizarrement, mais tu ne sais pas pourquoi. Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? En fait, tu as dit « je veux » au lieu de « je voudrais ». Et en français, ça change beaucoup. Parce que si tu dis « je veux », c’est très direct, c’est limite impoli, c’est ce qu’un enfant dirait par exemple. Mon fils Raphaël, de 5 ans, a tendance à dire « je veux, je veux, je veux ».
Mais si on veut demander quelque chose d’une manière plus naturelle et polie, on dit « je voudrais ». Donc « je veux un café », c’est plutôt impoli. « Je voudrais un café », c’est parfait. Alors pourquoi cette différence ? Parce que je voudrais, c’est du conditionnel.
Et le conditionnel, c’est un peu le mode de la distance. Je n’impose pas quelque chose, mais je propose. Et j’espère qu’après avoir regardé cette vidéo en entier, le conditionnel n’aura plus aucun secret pour toi.
Commençons par voir les quatre grandes utilisations du conditionnel. La première utilisation, eh bien on vient de le voir, c’est la politesse. On utilise beaucoup le conditionnel en français pour faire des demandes polies.
Donc par exemple, on ne dit pas « je veux un café » mais « je voudrais un café ». On évitera de dire « peux-tu m’aider s’il te plaît ? » On dira plutôt « pourrais-tu m’aider s’il te plaît ? »
Encore une fois, très important, ce n’est pas faux de dire « tu peux m’aider » ou « je veux un café ». Ce n’est pas faux, c’est juste un peu moins poli. Le conditionnel adoucit la demande et on l’utilise toujours. J’aimerais prendre un rendez-vous avec le médecin. Pourriez-vous réserver une table pour demain soir ? Pourriez-vous me passer le sel s’il vous plaît ?
Il y a plein d’exemples. Deuxième utilisation du conditionnel, le souhait. Si on veut exprimer un désir ou un souhait, on va utiliser le conditionnel. Par exemple, je voudrais apprendre à jouer du piano. Ou encore, j’aimerais voyager au Japon. Tu vois, ce sont des désirs, des souhaits, des choses que j’aimerais réaliser.
Et pour les introduire, on utilise le conditionnel. Là encore, le fait d’utiliser le conditionnel, ça apporte un peu plus de douceur. On pourrait dire « je veux aller au Japon », mais c’est assez direct. Si par contre on dit « je voudrais aller au Japon », c’est un peu plus doux. On sent que c’est un rêve, un désir, un souhait, quelque chose qu’on espère. Et en utilisant le conditionnel, on reconnaît aussi qu’on n’est pas sûr d’atteindre ce souhait ou ce désir.
Avant de passer aux deux autres utilisations, je t’invite à suivre le premier lien dans la description pour télécharger ta fiche PDF qui accompagne cette leçon et que tu pourras revoir. Parce que ce n’est pas en regardant cette vidéo une fois que tu vas tout retenir, mais si tu télécharges cette fiche PDF, tu l’obtiendras tout de suite et tu pourras revoir les grandes utilisations du conditionnel, comment on le forme, les exemples, etc. Suis le lien dans la description.
Troisième utilisation du conditionnel exprimer une hypothèse.
Le conditionnel est très utilisé pour marquer l’incertitude. On va donc l’utiliser pour parler d’une hypothèse, pour décrire quelque chose dont on n’est pas sûr. Par exemple, il pourrait pleuvoir demain. Je ne suis pas sûr qu’il va pleuvoir demain. Peut-être que demain il y aura du soleil.
Mais je fais une hypothèse, peut-être parce que j’ai vu la météo. Je dis donc, il pourrait pleuvoir demain. j’utilise le conditionnel. Une façon plus soutenue de dire ça encore, ce serait de dire « il se pourrait qu’il pleuve demain ». C’est juste plus soutenu, mais encore une fois, on veut faire une hypothèse et on utilise le conditionnel. Ce type de formule est très utilisé dans les journaux ou dans les médias. Tu peux lire, par exemple, « le ministre démissionnerait demain ». Encore une fois, ici, on n’est pas sûr, on fait une hypothèse, on utilise le conditionnel. En fait, le conditionnel ici, il crée une distance avec l’information. On dit « c’est possible, mais je ne l’affirme pas ».
Quatrième utilisation du conditionnel, la condition avec « si ». Et tu reconnais ici, on parle de la condition, on parle du conditionnel, donc c’est probablement l’utilisation du conditionnel la plus répandue et la plus importante. La structure classique, c’est « si » avec la condition à l’imparfait et juste derrière, le résultat au conditionnel.
Par exemple, si j’avais plus de temps, je lirais plus. Le si ici, ça introduit la condition. J’avais plus de temps, c’est l’hypothèse, c’est la condition.
Donc on la met à l’imparfait. Si j’avais plus de temps, je lirais plus. C’est le résultat et le résultat, on le conjugue au conditionnel.
Et pourquoi ici on utilise le conditionnel ? Eh bien parce que la condition n’est pas remplie. Quand on dit « si j’avais plus de temps, je lirais plus », eh bien en fait, je n’ai pas plus de temps et donc je ne lis pas plus. On sent bien que cette condition n’est pas remplie. C’est un peu l’idée de l’imaginaire, de l’irréel. On imagine une situation qui n’existe pas et on donne le résultat qu’il y aurait si ça existait. Si j’avais plus de temps, je lirais plus.
Et attention ici, l’erreur classique, c’est de mettre le conditionnel après si. On dit bien « si j’avais plus de temps, je lirais plus. » Donc on met bien l’imparfait juste après si. On ne dit pas si j’aurais plus de temps, je lirais plus. Non, non, non, c’est toujours l’imparfait après le « si » et le résultat au conditionnel. Un autre exemple, ce serait « si j’étais riche, j’achèterais un château ».
Encore une fois, « si j’étais riche », c’est la condition, elle n’est pas remplie et elle est à l’imparfait. « J’achèterais un château », c’est au conditionnel, c’est ce qui pourrait se produire si jamais la condition avait été réunie. Alors voyons maintenant comment former le conditionnel.
Tu vas voir, c’est simple. Pour le conditionnel présent, on va prendre le radical du futur et ajouter les terminaisons de l’imparfait. Je rappelle les terminaisons de l’imparfait. avec je c’est A-I-S, avec tu c’est A-I-S, avec il ou elle c’est A-I-T, avec nous c’est I-O-N-S, avec vous c’est I-E-Z et avec il ou elle au pluriel c’est A-I-E-N-T. Et donc on prend le radical qui existe au futur et on rajoute la terminaison de l’imparfait. Par exemple avec vouloir c’est « je voudrais », « pouvoir », « je pourrais », « être », « je serais », « avoir », « j’aurais », « faire », « je ferais », « aller », « j’irais », etc. Et ici, il y a une petite nuance sonore. Par exemple, si tu dis « je serais » au conditionnel, tu entends que c’est « serais ». C’est vraiment comme le « e » accent grave.
Alors que si tu le dis au futur, c’est « je serai » puisque c’est « ai » et le « ai » se prononce comme un « e » accent aigu. Donc parfois, à l’oreille, on peut entendre, si on parle au futur, « je serai » ou au conditionnel, « je serai ».
Parlons brièvement du conditionnel passé. Là encore, tu vas voir, ce n’est pas compliqué. Le conditionnel présent, c’est pour parler de maintenant ou du futur imaginaire. Le conditionnel passé, c’est pour parler du passé imaginaire, ce qui aurait pu se passer mais qui n’est pas arrivé. Voyons comment le former. Là aussi, ce n’est pas compliqué. On prend l’auxiliaire être ou avoir qu’on conjugue au conditionnel présent et on ajoute un participe passé.
Donc avec manger, par exemple, tu dirais « j’aurais mangé », « tu aurais mangé », « il aurait mangé », « Nous aurions mangé », « Vous auriez mangé », « Elles auraient mangé ».
Avec venir, « Je serais venu », « Tu serais venu », « Elles seraient venues », « Nous serions venus », « Vous seriez venus », « Ils seraient venus ». Donc auxiliaire, être ou avoir au conditionnel présent, suivi du participe passé. Le conditionnel passé, on l’utilise essentiellement pour deux choses.
Déjà, c’est pour exprimer un regret ou un reproche. Et ça, on l’a vu déjà dans des vidéos précédentes sur la chaîne. Je te remettrai le « i » comme info si tu veux les voir. Mais ça, c’est une grande utilisation du conditionnel passé. C’est exprimer un reproche ou un regret. Par exemple, j’aurais aimé venir à ta fête. On comprend ici que je ne suis pas venu, mais vraiment, j’aurais aimé. Je regrette de ne pas être venu. J’aurais dû t’écouter. On comprend ici « je ne t’ai pas écouté et je le regrette ». « Tu aurais pu faire attention ». Ici, c’est un reproche, j’auto-reproche de ne pas avoir fait attention.
Et tu vois que dans tous ces cas, on a bien l’auxiliaire « être ou avoir » conjugué au conditionnel présent et juste après le participe passé.
La deuxième utilisation, c’est pour donner une information non confirmée au passé. Par exemple, « le ministre aurait démissionné hier soir ». Donc là, c’est une information qui n’est pas confirmée. On ne dit pas « le ministre a démissionné hier soir », là on serait sûr, on dit « le ministre aurait démissionné hier soir ».
Le journaliste, tu vois, il indique ici qu’on n’est pas sûr. On lui a dit, peut-être qu’il l’a lu, mais ce n’est pas encore confirmé. C’est pour ça qu’il utilise le conditionnel. Retiens bien que le conditionnel, il crée toujours une distance. Je te parlais tout à l’heure de politesse, c’est un peu ça, il crée une petite distance. Et ici, il crée une distance parce qu’on n’est pas sûr de l’information qui est transmise.
Donc voilà, je pense maintenant que le conditionnel n’a plus aucun secret pour toi. On va faire un petit récapitulatif de ses utilisations. Et bien sûr, tu peux retrouver tout ça dans une fiche PDF gratuite.
C’est le premier lien dans la description. Je t’invite vraiment à la télécharger. On utilise le conditionnel présent déjà pour la politesse.
Tu diras « je voudrais un café, s’il vous plaît ». On l’utilise aussi pour exprimer un souhait, j’aimerais voyager au Japon. On l’utilise aussi pour parler d’une hypothèse, il pourrait pleuvoir.
Ou enfin pour exprimer la condition avec si, si j’avais plus de temps, je lirais plus. On l’utilise le conditionnel passé pour exprimer un regret, j’aurais aimé venir, ou un reproche, tu aurais pu m’aider. On l’utilise également pour apporter une information non confirmée au passé.
Le suspect aurait fui. Et dans 90 ou 95% des cas, c’est vraiment ces 6 choses qui reviendront si tu utilises le conditionnel. Merci d’avoir passé ce moment avec moi.
Si tu as aimé la vidéo, fais-le savoir. Un petit j’aime, ça aide et ça fait toujours plaisir. Partage-la avec tes amis. Dis-moi en commentaire peut-être une petite phrase ou écris une petite phrase dans laquelle tu utilises le conditionnel – on lit tous les commentaires – et bien sûr n’oublie pas de t’abonner à la chaîne youtube de français authentique en activant les notifications merci du fond du coeur d’avoir passé ce moment avec moi et je te dis à très bientôt pour du nouveau contenu en français authentique salut !