Histoire

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Entrée, plat, dessert.

Il est 14h00 lorsque Jérémy et Alice arrivent au restaurant. Ils sont un peu en retard, mais comme ils ont réservé en avance, ils savent qu’ils auront une table. Jérémy et Alice ont rarement l’occasion de manger ensemble alors ils ont préféré être prudents. Mieux vaut prévenir que guérir.

Le serveur les accompagne jusqu’à leur table et leur donne des menus pendant qu’ils s’installent. Alice sait déjà ce qu’elle veut commander. C’est elle qui a choisi le restaurant et qui a réservé. Il s’agit d’un petit bistrot tout proche de l’endroit où elle travaille et elle connaît bien ce qu’il y a à la carte. Jérémy prend un peu plus de temps pour lire le menu, mais se décide finalement et ils passent leur commande.

En attendant que leurs plats arrivent, Alice attaque la conversation :

“- Est-ce que c’est la première fois que tu viens ici ?

- Oui. En fait, j'ai pas vraiment l’habitude d’aller au restaurant. Pour être honnête je crois que j’aime pas trop ça. Je me sens toujours un peu mal à l’aise d’avoir des gens autour de moi pour m’apporter ma nourriture et pour prendre mes couverts. Je sais jamais trop comment me comporter.

Et surtout je suis souvent un peu déçu par ce que je mange. J’ai l’habitude de tout cuisiner à la maison, et sans vouloir me vanter, je me débrouille pas trop mal ! J’apprécie vraiment ce que je prépare. Au début c’était catastrophique, je me retrouvais souvent à manger quelque chose de trop brûlé, trop cru, ou juste sans goût. C’était pas une réussite du premier coup. Mais petit à petit, c’est devenu un vrai plaisir. J’ai passé du temps à essayer des recettes, à vraiment me renseigner sur les ingrédients, sur les assaisonnements. Franchement c’est fascinant, et j’ai l’impression de ne pas me priver. En règle générale je mange mieux, pour moins cher.

C’est pour ça que la plupart du temps j’aime pas trop sortir pour manger. Même si bien sûr, ça me fait super plaisir qu’on déjeune ensemble !

- Aha, bien sûr, je comprends. Mais je fonctionne complètement différemment… Je pense que si je pouvais, je mangerais dehors tous les jours. Il y a toujours quelque chose qui me fait envie dans chaque restaurant où je vais.

Et ce que tu dis à propos du service ? Personnellement c’est un truc que j’adore. Ne pas avoir à me soucier des courses, du menu ou de la vaisselle, ça m’enlève vraiment un poids. Et d’habitude je trouve que je m’en sors plutôt bien au niveau du prix. Sauf quand je mange dans un endroit un peu plus chic bien sûr, mais c’est différent. Pour un restaurant gastronomique, par exemple, tu payes la nourriture de qualité, et aussi toute l’expérience qui va avec.

Et puis je suis loin d’être un cordon bleu comme toi, je ne serai jamais capable de cuisiner quelque chose d’aussi bon moi-même…

- C’est une question de pratique, ça s’apprend. Mais comme je t’ai dit, au début c’était pas incroyable. Maintenant j’aime bien pouvoir me faire plaisir et surtout en faire profiter les autres ! D’habitude, je préfère recevoir les gens chez moi. Ça me fait toujours plaisir de cuisiner pour quelqu’un d’autre et ça me met juste ce qu’il faut de pression pour être performant ! Tu pourras venir tester peut-être ? Ça sera peut-être pas une expérience de restau gastro mais je peux tenter quelque chose !

- Ben oui avec plaisir ! Comme si j’allais refuser une invitation pareille. Qu’est-ce qu’il y aura au menu ? Entrée, plat, dessert ?

- Hm. Entrée, plat, dessert… Ça dépend. Qu’est-ce que tu aimes ? Il y a des choses que tu n’aimes pas ? Ou est-ce que tu as des allergies ? Histoire que j’évite de t’empoisonner.

- Justement, il y a ça aussi. C’est toujours plus facile pour moi de sortir parce que je suis assez difficile. Je n’aime pas tout, et il y a certaines choses que je ne peux pas manger. Donc je ne suis pas toujours la meilleure des invitées !

- Non, au contraire, ça représentera un défi culinaire, c’est parfait ! Et puis, tu sais, moi aussi j’ai un régime particulier, donc je suis habitué à réinventer les recettes et à m’adapter aux différentes restrictions. Qu’est-ce que tu ne manges pas ?

- Attention, c’est une longue histoire, accroche-toi. En fait, j’ai toujours eu un rapport un peu compliqué avec la nourriture. Quand on était petits, mes parents ont toujours été assez stricts avec la nourriture. C’était très important pour eux que leurs enfants mangent sainement et de façon équilibrée tous les jours. En même temps avec une mère diététicienne et un père pédiatre, pas étonnant… Mais, je m’en plains pas ! Enfin aujourd’hui… À l’époque on peut pas dire que j’étais ravie.

Mais je suis assez reconnaissante, ça m’a donné de bons réflexes et de bonnes habitudes alimentaires, et surtout ils étaient super créatifs alors on s’est toujours régalés. On passait du temps sur les marchés, à parler aux primeurs et aux maraîchers. On mangeait assez souvent bio. Mais ils étaient pas très ouverts en ce qui concerne l’alimentation transformée. Tous les sodas, les sucreries et surtout les fast-foods. C’était littéralement interdit chez nous ! Honnêtement je pense qu’ils ont bien fait de nous exposer le moins possible à tout ça, mais dans ma tête d’adolescente en colère contre le monde entier, tu imagines bien que je trouvais ça particulièrement injuste. Mais bon, c’était les règles de la maison et j’ai fait avec.

Le problème, c’est quand je suis allée à l’université… Je suis partie faire mes études dans une ville pas loin de chez mes parents, une heure ou deux, grosso modo. Donc je rentrais régulièrement chez eux mais mes parents m’aidaient quand même à louer un petit appartement pas loin de l’université, c’était plus confortable comme ça. Et c’était plus ou moins la première fois que je devais m’occuper de moi toute seule. Et donc…de faire la cuisine.

Très vite, je me suis rendu compte de deux choses. La première c’est que malgré des années à manger de bons plats maison préparés avec soin et amour, j’avais jamais pris le temps de vraiment regarder mes parents faire et d’apprendre. Donc j’étais incapable de me faire cuire un œuf. Et franchement j’exagère à peine, j’étais pas loin du niveau zéro.

Et la deuxième c’est que personne ne pouvait m’interdire de manger quoi que ce soit… Bon, j’étais jeune et sans supervision parentale, alors je te laisse imaginer. Au début c’était génial, mais petit à petit j’ai commencé à me sentir de plus en plus fatiguée. Je manquais d’énergie, j’avais pris pas mal de poids et surtout je m’étais lassée de ce mode alimentaire. Je pense que je m’en suis un peu dégoûté.

Aujourd’hui, je ne peux plus manger dans un fast-food, ça ne me plaît plus du tout, tu vois ? C’est presque post-traumatique ! Rien que l’odeur, ça me fait tourner de l’œil.

- Ouais, j’imagine. Après il faut sûrement pas diaboliser l’alimentation transformée ou les sodas dont tu parles, au quotidien c’est probablement pas le top mais de temps en temps, peut-être que si tu es modérée ça devrait aller.

- Oui c’est sûr. Mais va dire ça à l’adolescente que j’étais ! L’autre problème, c’est que c’est le moment où je me suis rendue compte que j’étais intolérante au lactose. Chez nous, mes parents utilisaient très peu de lait, alors on s’en était jamais rendus compte, ça n’avait jamais posé de problème. Et puis quand j’ai abusé des pizzas et des burgers, j’ai vite réalisé que ça me rendait plutôt malade. Donc le fromage, c’est terminé pour moi ! Même si je ne suis pas allergique, donc en théorie je peux toujours en consommer un peu, je préfère éviter le plus possible.

Et je sais que c’est pas toujours facile de cuisiner sans lait, ou sans crème surtout en France où c’est presque sacré ! Donc si tu te sens pas de cuisiner quelque chose de particulier, pas de problème !

- Ah mais c’est tout ? Quand t’as dit que t’étais difficile je m’attendais à pire que ça ! Tu sais, je crois que de plus en plus de gens sont intolérants au lactose, donc je ne suis pas vraiment surpris. Et de toute façon, je n’en utilise jamais quand je cuisine alors je n’aurai même pas besoin de m’adapter. Ça va être un jeu d’enfant de te préparer quelque chose.

- Ah bon ? Mais pourquoi tu ne te sers pas de produits laitiers ? Intolérance ou juste question de goût ?

- Ni l’un ni l’autre. Depuis quelques années maintenant, j’ai complètement changé ma façon de manger. Je pense que j’ai toujours mangé d’une façon assez classique, ni trop mal ni trop bien. Mais j’ai rencontré un gars au travail qui ne mangeait ni viande, ni produit laitier, ni rien qui provient de l’industrie animale. J’étais vraiment super intrigué et j’avais plein de questions pour lui. Il a été très sympa, très patient, il m’a parlé de tout son parcours vers le végétalisme, de ses motivations et surtout il a commencé à préparer toujours un peu plus de nourriture pour pouvoir me faire goûter. Et à chaque fois j’étais super impressionné. C’était délicieux, des saveurs que je ne connaissais pas du tout. Surtout qu’à ce moment-là je cuisinais vraiment pas, ou à peine, donc c’était une petite révolution pour moi. Petit à petit j’ai intégré cette façon de faire à ma vie de tous les jours et maintenant, c’est automatique, je n’y pense même plus.

- Tiens, j’y avais même pas pensé. Mais c’est vrai que quand on a commandé, tu as posé des questions sur les ingrédients et la préparation de tes plats. J’avais pas fait le lien. Tu dois faire ça à chaque fois que tu sors ? C’est pas problématique ?

- Non, pas vraiment. La plupart du temps tout le monde est très compréhensif, et il y a souvent des options dans le menu qui n’ont pas besoin de changement du tout. C’est un peu comme pour toi, j’imagine que pour le lactose tu dois demander des ajustements parfois.

Au début j’étais un peu gêné de devoir demander, et il y a quelques années, il n’y avait pas autant de choix que maintenant. Au travail, par exemple, on a une cafétéria. Et c’est super, ça nous permet de manger tous ensemble, c’est pratique et c’est convivial. Mais pendant longtemps il n’y avait rien du tout qui soit végétalien, ou même végétarien, donc je devais apporter mon propre déjeuner. Je pouvais quand même manger avec les autres, et puis c’est comme ça que j’ai commencé à apprécier de cuisiner. Mais c’était un peu stigmatisant. Et puis quand tu sors du rang, tu t’attires toujours les regards des curieux, et j’aime pas trop ça.

Enfin ça c’était avant ! Parce que maintenant, l’entreprise propose chaque jour au moins un plat complètement végétal, parfois deux. Donc c’est vraiment super pratique. Pour moi, et pour tous les autres collègues qui ont le même régime ou ceux qui sont juste curieux. Je suis assez reconnaissant, je pense que ça se passe pas comme ça dans toutes les boîtes. Ça me donne souvent des idées pour tester de nouvelles recettes, c’est une bonne façon de se renouveler.

- Donc ça a complètement transformé ta façon de manger ! C’est intéressant. C’est un type de cuisine que je ne connais pas du tout, personne dans mon entourage ne mange comme ça, enfin pas que je sache ! Alors je serais assez contente d’essayer. Tu peux me préparer tes meilleures spécialités végétales pour me faire goûter. Je suis gourmande, donc je suis un cobaye parfait.

- Ok, on fait comme ça ! Peut-être que tu peux passer à la maison ce week-end et on peut se faire un repas tous les deux ? Ou alors si tu veux passer plutôt samedi soir, j’organise un apéro dînatoire, donc il y aura plein de choses différentes à tester ! C’est comme tu veux.

- Wouah, tu prends ça très au sérieux. Alors pourquoi pas, on peut se retrouver vendredi ! Il faut que j’apporte quelque chose ?

- Non, t’embête pas, c’est un petit truc. Je m’occupe de tout. Toi, tu as juste à venir et tout sera prêt. Je dis pas non si tu veux apporter quelque chose à boire, par contre… ”

Le serveur les interrompt dans leur conversation en leur apportant leurs entrées. Cette conversation a donné à Alice l’eau à la bouche, et l’esprit de Jérémy bouillonne déjà d’idées à propos du menu de ce week-end. Qu’est-ce qu’il va bien pouvoir préparer

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Entrée, plat, dessert

Il est 14h00 lorsque Jérémy et Alice arrivent au restaurant. Ils sont un peu en retard, mais comme ils ont réservé en avance, ils savent qu’ils auront une table. Jérémy et Alice ont rarement l’occasion de manger ensemble alors ils ont préféré être prudents. Mieux vaut prévenir que guérir.

Le serveur les accompagne jusqu’à leur table et leur donne des menus pendant qu’ils s’installent. Alice sait déjà ce qu’elle veut commander. C’est elle qui a choisi le restaurant et qui a réservé. Il s’agit d’un petit bistrot tout proche de l’endroit où elle travaille et elle connaît bien ce qu’il y a à la carte. Jérémy prend un peu plus de temps pour lire le menu, mais se décide finalement et ils passent leur commande.

En attendant que leurs plats arrivent, Alice attaque la conversation :

“- Est-ce que c’est la première fois que tu viens ici ?

- Oui. En fait, j'ai pas vraiment l’habitude d’aller au restaurant. Pour être honnête je crois que j’aime pas trop ça. Je me sens toujours un peu mal à l’aise d’avoir des gens autour de moi pour m’apporter ma nourriture et pour prendre mes couverts. Je sais jamais trop comment me comporter.

Et surtout je suis souvent un peu déçu par ce que je mange. J’ai l’habitude de tout cuisiner à la maison, et sans vouloir me vanter, je me débrouille pas trop mal ! J’apprécie vraiment ce que je prépare. Au début c’était catastrophique, je me retrouvais souvent à manger quelque chose de trop brûlé, trop cru, ou juste sans goût. C’était pas une réussite du premier coup. Mais petit à petit, c’est devenu un vrai plaisir. J’ai passé du temps à essayer des recettes, à vraiment me renseigner sur les ingrédients, sur les assaisonnements. Franchement c’est fascinant, et j’ai l’impression de ne pas me priver. En règle générale je mange mieux, pour moins cher.

C’est pour ça que la plupart du temps j’aime pas trop sortir pour manger. Même si bien sûr, ça me fait super plaisir qu’on déjeune ensemble !

- Aha, bien sûr, je comprends. Mais je fonctionne complètement différemment… Je pense que si je pouvais, je mangerais dehors tous les jours. Il y a toujours quelque chose qui me fait envie dans chaque restaurant où je vais.

Et ce que tu dis à propos du service ? Personnellement c’est un truc que j’adore. Ne pas avoir à me soucier des courses, du menu ou de la vaisselle, ça m’enlève vraiment un poids. Et d’habitude je trouve que je m’en sors plutôt bien au niveau du prix. Sauf quand je mange dans un endroit un peu plus chic bien sûr, mais c’est différent. Pour un restaurant gastronomique, par exemple, tu payes la nourriture de qualité, et aussi toute l’expérience qui va avec.

Et puis je suis loin d’être un cordon bleu comme toi, je ne serai jamais capable de cuisiner quelque chose d’aussi bon moi-même…

- C’est une question de pratique, ça s’apprend. Mais comme je t’ai dit, au début c’était pas incroyable. Maintenant j’aime bien pouvoir me faire plaisir et surtout en faire profiter les autres ! D’habitude, je préfère recevoir les gens chez moi. Ça me fait toujours plaisir de cuisiner pour quelqu’un d’autre et ça me met juste ce qu’il faut de pression pour être performant ! Tu pourras venir tester peut-être ? Ça sera peut-être pas une expérience de restau gastro mais je peux tenter quelque chose !

- Ben oui avec plaisir ! Comme si j’allais refuser une invitation pareille. Qu’est-ce qu’il y aura au menu ? Entrée, plat, dessert ?

- Hm. Entrée, plat, dessert… Ça dépend. Qu’est-ce que tu aimes ? Il y a des choses que tu n’aimes pas ? Ou est-ce que tu as des allergies ? Histoire que j’évite de t’empoisonner.

- Justement, il y a ça aussi. C’est toujours plus facile pour moi de sortir parce que je suis assez difficile. Je n’aime pas tout, et il y a certaines choses que je ne peux pas manger. Donc je ne suis pas toujours la meilleure des invitées !

- Non, au contraire, ça représentera un défi culinaire, c’est parfait ! Et puis, tu sais, moi aussi j’ai un régime particulier, donc je suis habitué à réinventer les recettes et à m’adapter aux différentes restrictions. Qu’est-ce que tu ne manges pas ?

- Attention, c’est une longue histoire, accroche-toi. En fait, j’ai toujours eu un rapport un peu compliqué avec la nourriture. Quand on était petits, mes parents ont toujours été assez stricts avec la nourriture. C’était très important pour eux que leurs enfants mangent sainement et de façon équilibrée tous les jours. En même temps avec une mère diététicienne et un père pédiatre, pas étonnant… Mais, je m’en plains pas ! Enfin aujourd’hui… À l’époque on peut pas dire que j’étais ravie.

Mais je suis assez reconnaissante, ça m’a donné de bons réflexes et de bonnes habitudes alimentaires, et surtout ils étaient super créatifs alors on s’est toujours régalés. On passait du temps sur les marchés, à parler aux primeurs et aux maraîchers. On mangeait assez souvent bio. Mais ils étaient pas très ouverts en ce qui concerne l’alimentation transformée. Tous les sodas, les sucreries et surtout les fast-foods. C’était littéralement interdit chez nous ! Honnêtement je pense qu’ils ont bien fait de nous exposer le moins possible à tout ça, mais dans ma tête d’adolescente en colère contre le monde entier, tu imagines bien que je trouvais ça particulièrement injuste. Mais bon, c’était les règles de la maison et j’ai fait avec.

Le problème, c’est quand je suis allée à l’université… Je suis partie faire mes études dans une ville pas loin de chez mes parents, une heure ou deux, grosso modo. Donc je rentrais régulièrement chez eux mais mes parents m’aidaient quand même à louer un petit appartement pas loin de l’université, c’était plus confortable comme ça. Et c’était plus ou moins la première fois que je devais m’occuper de moi toute seule. Et donc…de faire la cuisine.

Très vite, je me suis rendu compte de deux choses. La première c’est que malgré des années à manger de bons plats maison préparés avec soin et amour, j’avais jamais pris le temps de vraiment regarder mes parents faire et d’apprendre. Donc j’étais incapable de me faire cuire un œuf. Et franchement j’exagère à peine, j’étais pas loin du niveau zéro.

Et la deuxième c’est que personne ne pouvait m’interdire de manger quoi que ce soit… Bon, j’étais jeune et sans supervision parentale, alors je te laisse imaginer. Au début c’était génial, mais petit à petit j’ai commencé à me sentir de plus en plus fatiguée. Je manquais d’énergie, j’avais pris pas mal de poids et surtout je m’étais lassée de ce mode alimentaire. Je pense que je m’en suis un peu dégoûté.

Aujourd’hui, je ne peux plus manger dans un fast-food, ça ne me plaît plus du tout, tu vois ? C’est presque post-traumatique ! Rien que l’odeur, ça me fait tourner de l’œil.

- Ouais, j’imagine. Après il faut sûrement pas diaboliser l’alimentation transformée ou les sodas dont tu parles, au quotidien c’est probablement pas le top mais de temps en temps, peut-être que si tu es modérée ça devrait aller.

- Oui c’est sûr. Mais va dire ça à l’adolescente que j’étais ! L’autre problème, c’est que c’est le moment où je me suis rendue compte que j’étais intolérante au lactose. Chez nous, mes parents utilisaient très peu de lait, alors on s’en était jamais rendus compte, ça n’avait jamais posé de problème. Et puis quand j’ai abusé des pizzas et des burgers, j’ai vite réalisé que ça me rendait plutôt malade. Donc le fromage, c’est terminé pour moi ! Même si je ne suis pas allergique, donc en théorie je peux toujours en consommer un peu, je préfère éviter le plus possible.

Et je sais que c’est pas toujours facile de cuisiner sans lait, ou sans crème surtout en France où c’est presque sacré ! Donc si tu te sens pas de cuisiner quelque chose de particulier, pas de problème !

- Ah mais c’est tout ? Quand t’as dit que t’étais difficile je m’attendais à pire que ça ! Tu sais, je crois que de plus en plus de gens sont intolérants au lactose, donc je ne suis pas vraiment surpris. Et de toute façon, je n’en utilise jamais quand je cuisine alors je n’aurai même pas besoin de m’adapter. Ça va être un jeu d’enfant de te préparer quelque chose.

- Ah bon ? Mais pourquoi tu ne te sers pas de produits laitiers ? Intolérance ou juste question de goût ?

- Ni l’un ni l’autre. Depuis quelques années maintenant, j’ai complètement changé ma façon de manger. Je pense que j’ai toujours mangé d’une façon assez classique, ni trop mal ni trop bien. Mais j’ai rencontré un gars au travail qui ne mangeait ni viande, ni produit laitier, ni rien qui provient de l’industrie animale. J’étais vraiment super intrigué et j’avais plein de questions pour lui. Il a été très sympa, très patient, il m’a parlé de tout son parcours vers le végétalisme, de ses motivations et surtout il a commencé à préparer toujours un peu plus de nourriture pour pouvoir me faire goûter. Et à chaque fois j’étais super impressionné. C’était délicieux, des saveurs que je ne connaissais pas du tout. Surtout qu’à ce moment-là je cuisinais vraiment pas, ou à peine, donc c’était une petite révolution pour moi. Petit à petit j’ai intégré cette façon de faire à ma vie de tous les jours et maintenant, c’est automatique, je n’y pense même plus.

- Tiens, j’y avais même pas pensé. Mais c’est vrai que quand on a commandé, tu as posé des questions sur les ingrédients et la préparation de tes plats. J’avais pas fait le lien. Tu dois faire ça à chaque fois que tu sors ? C’est pas problématique ?

- Non, pas vraiment. La plupart du temps tout le monde est très compréhensif, et il y a souvent des options dans le menu qui n’ont pas besoin de changement du tout. C’est un peu comme pour toi, j’imagine que pour le lactose tu dois demander des ajustements parfois.

Au début j’étais un peu gêné de devoir demander, et il y a quelques années, il n’y avait pas autant de choix que maintenant. Au travail, par exemple, on a une cafétéria. Et c’est super, ça nous permet de manger tous ensemble, c’est pratique et c’est convivial. Mais pendant longtemps il n’y avait rien du tout qui soit végétalien, ou même végétarien, donc je devais apporter mon propre déjeuner. Je pouvais quand même manger avec les autres, et puis c’est comme ça que j’ai commencé à apprécier de cuisiner. Mais c’était un peu stigmatisant. Et puis quand tu sors du rang, tu t’attires toujours les regards des curieux, et j’aime pas trop ça.

Enfin ça c’était avant ! Parce que maintenant, l’entreprise propose chaque jour au moins un plat complètement végétal, parfois deux. Donc c’est vraiment super pratique. Pour moi, et pour tous les autres collègues qui ont le même régime ou ceux qui sont juste curieux. Je suis assez reconnaissant, je pense que ça se passe pas comme ça dans toutes les boîtes. Ça me donne souvent des idées pour tester de nouvelles recettes, c’est une bonne façon de se renouveler.

- Donc ça a complètement transformé ta façon de manger ! C’est intéressant. C’est un type de cuisine que je ne connais pas du tout, personne dans mon entourage ne mange comme ça, enfin pas que je sache ! Alors je serais assez contente d’essayer. Tu peux me préparer tes meilleures spécialités végétales pour me faire goûter. Je suis gourmande, donc je suis un cobaye parfait.

- Ok, on fait comme ça ! Peut-être que tu peux passer à la maison ce week-end et on peut se faire un repas tous les deux ? Ou alors si tu veux passer plutôt samedi soir, j’organise un apéro dînatoire, donc il y aura plein de choses différentes à tester ! C’est comme tu veux.

- Wouah, tu prends ça très au sérieux. Alors pourquoi pas, on peut se retrouver vendredi ! Il faut que j’apporte quelque chose ?

- Non, t’embête pas, c’est un petit truc. Je m’occupe de tout. Toi, tu as juste à venir et tout sera prêt. Je dis pas non si tu veux apporter quelque chose à boire, par contre… ”

Le serveur les interrompt dans leur conversation en leur apportant leurs entrées. Cette conversation a donné à Alice l’eau à la bouche, et l’esprit de Jérémy bouillonne déjà d’idées à propos du menu de ce week-end. Qu’est-ce qu’il va bien pouvoir préparer

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